
Chez Geneanet, notre mission a toujours été de repousser les frontières de la généalogie pour permettre à chacun de retrouver ses racines, d’où qu’elles viennent. Aujourd’hui, nous franchissons une étape inédite dans l’histoire de la recherche mémorielle. Après des mois de développement technique et une concertation étroite avec des experts linguistiques, nous sommes fiers d’annoncer que Geneanet est désormais entièrement disponible en klingon (tlhIngan Hol).
Cette décision n’est pas le fruit du hasard. Depuis plusieurs années, notre service assistance recevait des requêtes de plus en plus pressantes émanant de la communauté internationale et au-delà. Pour le peuple Klingon, la lignée n’est pas qu’une simple suite de noms sur un parchemin ; c’est le socle même de l’honneur et du statut social.
Logo klingon du 1er avril
Dans la culture de l’Empire, l’adage est clair : « On ne meurt jamais vraiment tant que l’on se souvient de votre nom. » Il devenait donc impératif que nos outils de saisie d’arbres généalogiques et nos index de recherche puissent refléter la complexité des maisons seigneuriales (manorial qachmey) et des rituels de succession. Nos équipes ont donc été mobilisées pour permettre aux Klingons d’utiliser Geneanet comme tout un chacun. Cela aura pris huit mois de travail en sus des tâches habituelles, et nous tenons à remercier vivement pour leur aide l’amicale franco-klingonne P’waH’ Sson dAvr’ Hil situé à Praxis. Rappelons tout de même que cela concerne au bas mot 220 millions de Klingons.
Le klingon (tlhIngan Hol) est la langue officielle de l’Empire, parlée sur Qo’noS et ses colonies. Structurée pour refléter la rigueur de la caste guerrière, elle privilégie l’action avec une syntaxe directe (Objet-Verbe-Sujet). Reconnue par les instances diplomatiques intergalactiques, elle demeure le vecteur indispensable pour quiconque souhaite honorer sa lignée sans commettre d’affront protocolaire. En voici un exemple :
Texte klingon du 1er avril
DaH mojaq-mey-vam DI-vuS-nIS-be’ ‘e’ vI-Har
maintenant suffixe-PL-DEM 1PL.A.3PL.P-limiter-besoin-NEG que 1SG.A.3SG.P-croire
« Je crois que nous n’avons pas besoin de limiter ces suffixes-ci maintenant. »
NB : la précision syntaxique est vitale
sur Geneanet, la rigueur historique est la règle, mais en klingon, elle est une question de survie. La structure grammaticale Objet-Verbe-Sujet de la langue reflète la priorité donnée à l’action et à la cible avant l’individu. Une confusion entre un suffixe de possession et un marqueur honorifique dans votre arbre généalogique ne constitue pas une simple coquille : elle peut être perçue comme une insulte directe à la mémoire d’un ancêtre. Dans la culture impériale, une telle erreur peut légitimement conduire à un duel judiciaire (bat’leth à l’appui) pour restaurer l’honneur de la lignée. Nous recommandons donc une relecture attentive de vos fiches avant toute publication publique sur votre arbre.
Le peuple Klingon possède une tradition orale millénaire, mais la numérisation de leurs archives restait un défi de taille. De la victoire de Kahless l’Inoubliable sur le tyran Molor jusqu’aux traités modernes, chaque guerrier doit pouvoir justifier de son ascendance sur sept générations pour siéger au Conseil de l’Empire.
En proposant une interface en tlhIngan Hol, Geneanet permet enfin :
La transcription exacte des patronymes en caractères pIqaD.
La gestion des liens de sang spécifiques aux structures claniques.
L’archivage des faits d’armes, car une généalogie sans mention des batailles remportées est, pour un Klingon, une généalogie incomplète.
Geneanet en klingon, la page d’accueil
Au-delà de l’aspect technique, cette mise à jour symbolise notre engagement pour la diversité culturelle. Le klingon est une langue de précision, d’action et de respect des ancêtres. Adapter notre infrastructure aux nuances de cette grammaire complexe a nécessité une refonte de nos algorithmes de recherche pour inclure des concepts de parenté qui n’existent pas dans les langues indo-européennes.
Désormais, que vous soyez un chercheur passionné par l’histoire du Premier Empire ou un descendant d’une lignée de guerriers exilés, vous trouverez sur Geneanet les outils adaptés à votre quête de vérité.
Nous prévoyons également pour bientôt une chronologie historique consacrée à l’histoire klingonne.
« Qapla’ ! L’honneur de votre maison commence par la connaissance de vos ancêtres. »
Aller plus loin :
la langue klingonne : https://fr.wikipedia.org/wiki/Klingon_(langue)
histoire du peuple klingon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Klingon
FAQ : Utilisation de l’interface en Klingon
Suite à l’annonce de l’intégration du tlhIngan Hol sur notre plateforme, vous avez été nombreux à nous interroger sur les modalités pratiques de ce déploiement. Voici les réponses aux questions les plus fréquentes.
Le processus reste identique à celui de nos autres langues européennes. Pour basculer vers le klingon, il vous suffit de :
Descendre tout en bas de n’importe quelle page du site, en pied de page.
Repérer le menu déroulant des langues situé tout à fait à droite.
Sélectionner « tlhIngan » dans la liste.
L’intégralité des menus, boutons et formulaires de saisie sera instantanément mise à jour.
Les noms de mes ancêtres français seront-ils traduits ?
Non. La traduction concerne l’interface de navigation (les outils, les boutons, l’aide en ligne). Les données historiques contenues dans vos arbres (noms, prénoms, lieux) restent inchangées afin de préserver l’intégrité de vos sources archivistiques. En revanche, les types d’événements (naissance, mariage, décès) seront affichés sous les termes bog (naissance), Tlhogh (union) et Hegh (mort). La réincarnation subliminique propre au peuple klingon sera proposée prochainement.
Pourquoi certains caractères ne s’affichent-ils pas correctement ?
L’affichage des caractères pIqaD (l’alphabet traditionnel klingon) nécessite une police de caractères compatible installée sur votre système. Si vous ne disposez pas de cette police, le site utilisera par défaut la transcription latine standardisée par le Klingon Language Institute.
Le support utilisateur est-il disponible en klingon ?
Pour l’instant, notre assistance vous répond selon la langue du pays sélectionné. Toutefois, pour toute question relative à l’honneur d’une lignée ou à un litige de succession entre maisons seigneuriales, une cellule de médiation spécifique est en cours de formation pour le klingon.
Cette option est-elle payante ?
Absolument pas. Fidèle à l’esprit de partage de Geneanet, l’accès à la langue klingonne est ouvert à tous les membres, qu’ils soient en accès gratuit ou abonnés Premium. Car comme on dit sur Qo’noS : “L’information appartient à ceux qui ont le courage de la chercher.”
Après le Vénézuéla, Donald Trump a réitéré en kidnappant un pingouin après un assaut militaire sur le Groenland. Récit.

Dans la nuit du 5 au 6 janvier 2026, les Etats-Unis ont lancé une vaste opération militaire en plein cœur de Nuuk, capitale du Groenland, afin de capturer Youbi, un pingouin Torda de 13 ans. En parallèle d’un déploiement impressionnant de plus de 300 F-16 Fighting Falcon, un assaut de nuit mené par la “Delta Force” a permis d’arrêter le volatile in-extremis alors que ce dernier cherchait à fuir le centre-ville en glissant sur un tas de neige. “Nous avons rendu un fier service au Groenland et à ses habitants” a commenté Donald Trump lors d’une conférence de presse en dévoilant la photo d’un phoque visiblement heureux. “Youbi était à la tête d’un gigantesque cartel de cailloux polis, de harengs et de petits crustacés. Je crois qu’il était grand temps que quelqu’un se charge de cette crapule” a-t-il poursuivi sous les applaudissements enthousiastes de ses partisans.
Dans la journée, le président Donald Trump a également partagé sur son réseau social une première photo du pingouin après sa capture. Youbi, vêtu d’un ventre blanc cassé, d’une tête et d’un dos noir et d’un cou jaune clair, apparait les deux nageoires menottées à bord de l’USS Iwo Jima. Une bouteille d’eau posée entre ses pattes et un casque sur les “oreilles”, ses yeux semblent quant à eux occultés par des épaisses lunettes noires. Enfin, ses effets personnels composés d’un caillou poli de type galet, de 3 crevettes grises et d’une douzaine de mues de plumes apparaissent derrière lui sur une table gardée par 3 soldats armés de fusils d’assaut Barrett M82.
À peine atterri sur le sol américain, le pingouin a été immédiatement transféré dans une cellule du Metropolitan Detention Center de Brooklyn et enfermé à triple tour avec Koko, sa femme, une pingouin femelle de 14 ans. Une nouvelle victoire pour le président américain qui a annoncé réfléchir à lancer rapidement une nouvelle expédition visant à capturer plusieurs icebergs soupçonnés d’avoir aidé Youbi à “arriver là où il est”.
Le mot de Kat - Maui n'est pas français parce que Monsieur de La Pérouse à prétendu vouloir ce jour de mai 1786 respecter le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Baie de La Pérouse à Maui
Bien que James Cook soit le premier Européen connu à avoir atteint Hawaï (alors appelé les îles Sandwich), il n'a pas débarqué sur toutes les îles. Par exemple, il est passé près de Maui, mais n'a pas pu y débarquer car les vagues étaient trop hautes et il n'a pas trouvé de port approprié. Le premier Européen à y mettre les pieds fut finalement Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse, qui débarqua dans la baie qui porte aujourd'hui son nom le 18 mai 1786.
Au nom de la couronne française, La Pérouse entreprit une expédition dans le Pacifique à des fins scientifiques et commerciales. Grand admirateur de Cook, La Pérouse souhaitait compléter ses découvertes dans la région. À son arrivée à Hawaï, il eut beaucoup plus de chance que le malheureux Cook, qui fut assassiné ici. La Pérouse put échanger des morceaux de fer contre de la nourriture et obtint également une pirogue à balancier et de petits meubles indigènes. Cependant, il fut déçu par le manque d'eau dans la baie de La Pérouse. Fait remarquable, il refusa de revendiquer les îles pour la France, écrivant que les indigènes devaient avoir le droit de disposer de leurs propres terres.
Le mémorial de La Pérouse dressé au bord de la baie en 1994
Après avoir quitté les îles, La Pérouse connut une fin tragique lorsqu'il disparut et fit vraisemblablement naufrage dans les îles Salomon. Aujourd'hui, on se souvient de lui pour ses idéaux humanistes et ses efforts pour mieux comprendre le Pacifique. Un monument lui rendant hommage, érigé par un groupe de Français en 1994, se dresse à La Pérouse Bay. Une plaque à proximité donne des explications plus détaillées sur La Pérouse et son expédition.
Ajouté par cdanesh qui a pris aussi ces photos
En France, les fermetures de gares ou de lignes ferroviaires sont légion dans les espaces ruraux. Pourtant, ces dernières années, certaines petites gares retrouvent une nouvelle vie en se transformant en épicerie, en pôle santé ou encore en bureau. Pour quel bilan ?
L'ancienne gare d'Aumont-Aubrac est maintenant une épicerie
Le 31 août 2025, la fermeture de la ligne ferroviaire Guéret–Busseau–Felletin a suscité de vives émotions. Ce cas est loin d’être isolé. En février 2025, ce sont 200 personnes qui se sont ainsi réunies en gare d’Ussel (Corrèze) afin de manifester pour la réouverture de la ligne ferroviaire à l’appel de la CGT-Cheminots de Tulle-Ussel.
Bien que les années s’écoulent depuis les fermetures, les territoires gardent un attachement fort au train et continuent de se mobiliser pour son retour. L’une des raisons tient à la rareté des transports en commun. Huit actifs sur dix habitant les espaces peu denses déclarent ne pas disposer d’alternatives à la voiture. Cet attachement a permis la naissance de plusieurs projets de valorisation de petites gares, comme celles d’Aumont-Aubrac, Sèvremoine ou encore Hennebont.
Des projets de recherches sont aujourd’hui menés pour penser à l’avenir des petites lignes ferroviaires. C’est le cas du projet du train léger innovant (TELLi), qui vise à développer un matériel roulant adapté à ces lignes. Le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), partenaire de ce projet, mène des recherches en sciences sociales afin de déterminer les conditions de réussite des systèmes ferroviaires légers.
Ma thèse s’intéresse aux petites gares rurales, point d’entrée du réseau ferroviaire. L’une des hypothèses défendues : les expérimentations locales d’aménagement participent au renforcement du lien entre le territoire et le train.
Cela fait plusieurs années que ces petites lignes ferroviaires sont sur la sellette, menacées par des limitations drastiques de vitesse ou par l’arrêt total des circulations. Mais comment ce réseau ferroviaire secondaire, qui maille finement le territoire, a peu à peu été délaissé ?
Cette situation s’explique par la forte concurrence de l’automobile qui a réduit de façon significative la fréquentation de certaines lignes. Faute d’alternatives crédibles, 80 % des déplacements dans ces territoires s’effectuent aujourd’hui en voiture. L’entretien de ce réseau ferroviaire secondaire étant devenu trop coûteux, la politique de l’opérateur SNCF a privilégié les investissements sur le réseau dit structurant, ainsi que sur les lignes à grandes vitesses.
Les petites lignes ferroviaires représentent 7 600 kilomètres du réseau ferroviaire national. Le rapport élaboré par le préfet François Philizot estime que 40 % de ce réseau de proximité est menacé faute d’entretien. Ce même rapport estime les investissements nécessaires au maintien de ces lignes ferroviaires à 7,6 milliards d’euros d’ici à 2028.
Le vieillissement de ces lignes, faute d’investissements, entraîne une dégradation du service plus ou moins importante. Dans les territoires ruraux, 70 % des petites lignes ferroviaires accueillent moins de 20 circulations par jour. Or comme le rappelle le maire de Felletin, dont la ligne a été fermée cette année en raison de la vétusté de l’infrastructure, « c’est le service qui fait la fréquentation, et non l’inverse ».
Les territoires refusent de voir disparaître leurs gares ; ils se les réapproprient et les transforment en réponse aux besoins locaux.
Depuis 2023, la gare d’Aumont-Aubrac en Lozère a été transformée en épicerie, nommée Le Re’peyre. Le bâtiment de la gare, fermé aux voyageurs depuis 2015, a retrouvé un second souffle. Des produits artisanaux et locaux y sont en vente, contribuant à un commerce éthique porté par les initiateurs du projet.
Cette transformation de la gare en épicerie est permise par le programme Place de la gare de SNCF Gares & Connexions (filiale de SNCF Réseau). Celui-ci favorise l’implantation de nouvelles activités et services par de la location au sein de plusieurs gares. L’objectif principal est de permettre l’occupation de locaux vides en gare, en leur donnant une nouvelle fonction et ainsi éviter leur dégradation.
D’autres projets ont vu le jour. La gare de La Roche-en-Brenil (Côte-d’Or) a été transformée en un pôle santé, ou celle de la ville de Briouze (Orne) en tiers-lieu.
Ces projets favorisent le développement d’activités économiques dans des lieux bénéficiant naturellement de visibilité. Ils participent à la redynamisation à l’échelle des quartiers de gare, en attirant une clientèle diversifiée au-delà des seuls voyageurs. La gare se retrouve davantage intégrée dans la vie communautaire grâce aux échanges et aux interactions qui se créent entre voyageurs et autres usagers.
Au-delà de la simple réaffectation des bâtiments, certains projets menés dans des gares rurales choisissent de donner une dimension participative en associant usagers du train et citoyens dans le processus.
Communication de la commune de Sèvremoine (Maine-et-Loire) pour l’appel à projet visant à occuper la gare. Wikimedia, CC BY-SA
C’est le cas de la gare de Sèvremoine (Maine-et-Loire), propriété de la commune qui a décidé de la moderniser en repensant les espaces publics environnants. Pour le bâtiment de gare, il a été souhaité d’y créer de nouveaux équipements favorisant l’animation sociale entre habitants et associations.
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Quatre concertations citoyennes ont permis le recueil des besoins des habitants avant le lancement d’un appel d’offres. Le projet Open Gare proposé par deux habitantes de la commune a été retenu. Ce tiers-lieu, axé sur la transition écologique et sociale, propose plusieurs services, tels qu’un service de restauration, un espace de travail partagé et une boutique d’artisans locaux.
Tout au long du projet, des réunions ont été organisées pour informer et recueillir les retours des citoyens. Gouverné par une coopérative d’intérêt collectif et l’association Open Gare, ce lieu co-construit ouvrira ses portes dès 2027, après une période de travaux.
Certaines initiatives vont encore plus loin en intégrant l’ensemble du quartier.
C’est ce que montre l’exemple de l’association Départ imminent pour l’Hôtel de la Gare à Hennebont (Morbihan), qui a réhabilité le bâtiment de l’Hôtel de la Gare, situé à quelques pas de la gare elle-même. L’objectif : revitaliser de la gare et de son quartier.
Cette association occupe également le bâtiment voyageur grâce au programme programme Place de la gare. Désormais, il est possible de retrouver divers services tels que des bureaux, des logements en location, un café et un atelier. L’association, désormais devenue la société coopérative d’intérêt collectif Tavarn Ty Gar assure l’accueil et les services aux voyageurs au rez-de-chaussée de la gare. Une expérimentation de plus qui souligne le dynamisme de ces territoires et de ses habitants.
Au matin du 27 avril 1986, des chars de l’armée soviétique entrent dans la petite ville de Prypiat, en Ukraine. Ils sont suivis par 1.225 autocars. Les habitants doivent être évacués en urgence. Il est déjà trop tard: cela fait près de trente heures que le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl a explosé. Prypiat, qui se trouve à trois kilomètres au nord de Tchernobyl, abrite des milliers de travailleurs de la centrale nucléaire. La veille, leurs enfants sont allés à l’école comme si de rien n’était. Tous ont reçu, sans douleur ni conscience, des doses de radiation qui dépassent l’entendement. La population, tenue au courant grâce à la radio locale, se voit donner l’ordre de prendre le strict minimum et de quitter les lieux au plus vite. Les autorités promettent qu’ils pourront revenir d’ici deux ou trois jours. Ils ne reviendront jamais.
Prypiat fait aujourd’hui partie de «la Zone». Sur une trentaine de kilomètres, des villages fantômes peuplent ainsi la zone d’exclusion de Tchernobyl. De la plus grande catastrophe environnementale jamais connue à ce jour, il ne reste plus aucune activité humaine. L’Homo sapiens a disparu. Des pygargues à queue blanche, des cerfs, des chevaux sauvages et des loups gris se promènent désormais dans les rues et les forêts du coin. La Zone d’exclusion de Tchernobyl fait partie aujourd’hui de la liste des parcs involontaires.
Le terme de «parc involontaire» aurait été inventé par l’auteur écologiste et rétrofuturiste Bruce Sterling. Dans ses notes consignées sur le site viridiandesign.com (le viridien est un vert bleuté), Sterling explique que «les parcs involontaires sont très viridiens. Ils ne représentent pas la nature vierge mais la nature vengeresse et l’ensemble de ses procédés, qui réaffirment leur présence dans des lieux de perdition politique et technologique».
23 mars 1953. Staline est mort voilà quinze jours. Sur la route du village de Panmunjeom, le général nord-coréen Nam II, le maréchal chinois Peng Dehuai et le lieutenant-général William K. Harrison des Nations unies se retrouvent pour signer l’armistice entre les deux Corées. Une zone démilitarisée de 246 kilomètres de long et 4 kilomètres de large est établie au milieu de la péninsule. Appelée communément DMZ, elle sert de zone tampon entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, et marque la frontière entre les deux pays. Aucun humain, qu’il soit coréen ou touriste, n’est habilité à y pénétrer.
Des grues du Japon, classées dans la liste des espèces en voie de disparition, tout comme des grues à cou blanc, sont aperçues volant au-dessus de la zone. Rapidement –dès les années 1950– des biologistes sont appelés pour observer les animaux se promenant le long du 38e parallèle. Ils découvrent que l’endroit abrite également des tigres de Sibérie, qui font partie des 100 espèces les plus menacées au monde selon l’UICN, ou encore des gorals à longue queue et des ours noirs.
L’histoire se répète à Chypre, sur la ligne verte scindant le territoire contrôlé par la Turquie d’une part, et la République de Chypre d’autre part. Les îles Monte Bello, au nord est du continent australien, seraient semble-t-il un autre exemple de parc involontaire suite aux essais nucléaires opérés dans la région entre 1953 et 1957.
Gaël Barreau, écologue et naturaliste à l’association Terre & Océan, précise: «On parlera de renaturation spontanée. Sans aller aussi loin dans les exemples que Tchernobyl ou la DMZ, on trouve dans nos villes des exemples de ces parcs involontaires, dont sont d’ailleurs friands les fans d’Urbex (les carrières, les casernes militaires abandonnées etc.). Sur la Garonne, par exemple, il y a une ancienne île de l’Inra qui est devenue méconnaissable moins de dix ans après l’abandon de l’activité agricole. L’institut de recherche, pas manchot à l’heure de faire des vergers tirés au cordeau, a laissé place à d’épaisses frondaisons de frênes et de saules, et des loutres s’y baladent tranquillement au milieu des colonies de hérons et de cormorans. […]
Une simple route dans une forêt, dès lors qu’elle ne sera plus empruntée, disparaîtra au bout de quelques années (dans l’entre deux mers le village de Citon, abandonné dans les années 1970, n’a plus de route d’accès goudronnée reconnaissable car elle a été recouverte par la végétation en taillis). Les images que l’on peut voir dans les films hollywoodiens post-apocalyptiques ne sont pas loin du compte. L’histoire prouve que la nature peut engloutir des villes entières (les cités Aztèques ou encore Angkhor par exemple), mais un simple lotissement abandonné pendant quarante ans finit par disparaître de la même manière.»
Une question reste en suspens. Comment les animaux pressentent leur destination? Comment savent-ils où aller? Si aucune étude n’a été trouvée, il semblerait que cela dépende d’un ensemble de facteurs, différents selon les espèces, à la manière des flux migratoires. Quant à l’aspect technique, il faut lorgner du côté des corridors biologiques qui peuvent permettre l’existence des parcs involontaires.
Ce serait une erreur, toutefois, de regarder les parcs involontaires avec des yeux candides. La qualification à elle seule soulève quelques problématiques. Car involontaire pour qui, sinon pour l’homme?
L’écologue bordelais Gaël Barreau admet que «[Le phénomène des parcs involontaires] dit également la fascination de l’homme, aujourd’hui essentiellement urbain, de ce retour spontané à la nature. Mais cela fascine parce que l’on n’est pas là pour le subir. On s’émerveille de voir ces loups dans une zone contaminée, mais on s’émeut d’un sanglier dans les rues de Toulouse, parce qu’il n’y est pas à sa place. La relation de l’homme à la nature est à ce prix: elle est belle quand on ne la subit pas malgré soi, d’où notre aversion pour les espèces liminaires, celles qui ont su profiter de nos largesses à l’image des pigeons, araignées des maisons ou des rats, complètement adaptées à vivre auprès de nous mais toujours farouchement sauvages.» Un point de vue partagé par Philippe Reigné, agrégé de droit, qui écrivait en décembre 2016 une tribune à ce sujet dans le journal Libération.
De la même façon, ces zones vertes ne sont peut-être pas non plus des «paradis pour animaux» comme elles sont parfois décrites. Les mines qui peuplent la DMZ, tout comme les radiations encore contenues dans les sols de la zone de Tchernobyl, ont potentiellement des incidences sur le bien-être et la reproduction des animaux. En 2008, plusieurs chercheurs ont dénoncé les croyances entourant la faune et la flore de Tchernobyl et ce alors même qu’aucune étude ni statistique n’avaient été dûment réalisées.
Nul doute que les parcs involontaires, aussi réels qu’ils soient, nourrissent notre désir de magie. Quoi de plus merveilleux que la nature sauvage, la beauté infinie des plaines et la liberté au grand air? En réalité, comme l’explique Gaël Barreau:
«Dès que [l’homme] relâche son emprise, les êtres vivants recolonisent rapidement le milieu. Le cas de ces zones sanctuarisées obéissent à un même phénomène: des espaces d'occupation jadis humaine laissés à la nature, et donc occupée de nouveau par les êtres vivants.»
«Abandonnez la tondeuse de temps en temps, et malgré les plaintes des voisins, c’est la garantie de voir apparaître au bout de quelques années des orchidées sauvages. Et un abandon définitif sonnera l’arrivée à terme d’une forêt. Les enjeux écologiques d’aujourd’hui sont certes sur des grands ensembles à conserver, comme les forêts tropicales et autres zones de toundra, mais la reconquête par les petites surfaces contigües, en plus de demander peu d’efforts, est un facteur qui peut amener cette notion de parcs involontaires au cœur de chaque jardin.»
Alors, voilà le plus merveilleux de l’histoire des parcs involontaires: d’une certaine manière, il ne s’agit pas d’un miracle qui nous dépasserait. Nous pouvons nous-mêmes insuffler cette magie dans notre quotidien.