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  Le choix de Kat pour des actualités toniques, positives, colorées, décalées, légères, pleines d'espoir, d'humour et d'amour de la vie. Clic sur le titre pour ouvrir l'article sur le média original.

Vous aimez la lecture ? Vous allez adorer ces huit villages en Europe | National Geographic
Thu 16 Apr - 13:09

Dans le village gallois de Hay-on-Wye, où les moutons sont plus nombreux que les humains, où les livres s’empilent dans les rues, une révolution silencieuse a commencé. En 1961, Richard Booth, antiquaire et académicien, a, sans le vouloir, lancé un mouvement international en commençant à remplir de livres d’occasion les bâtiments vides de son village.
Par Ashley Packard le 16 avril 2026

Cette initiative impromptue a transformé sa ville natale en un lieu saint, unissant les villages, bibliophiles et rêveurs sous l’égide de la littérature.

Des personnes venant de tout le Royaume-Uni ont convergé vers ce petit village et les libraires d’autres pays ont rapidement rempli les étagères des magasins voisins, les métamorphosant en librairies animées.

Hay-on-Wye abrite des bâtiments, auparavant vides et maintenant remplis de livres de seconde mainHay-on-Wye abrite des bâtiments, auparavant vides et maintenant remplis de livres de seconde main.

Hay-on-Wye est devenu le premier « village du livre », accueillant une foule de curieux qui arrivait en masse. Richard Booth, qui s’est autoproclamé « roi de Hay », a inspiré d’autres à se servir de la littérature pour donner un nouveau souffle à leur ville ou à leur village. Alors que la rumeur de ses prouesses se répandait, de plus en plus de villes à travers le monde ont embrassé le concept pour faire vivre leur communauté. Très vite, l’organisation internationale des villages du livre a été formée, en avril 2001, ce, même si elle existait sans désignation officielle depuis des décennies.

L’organisation vise à sensibiliser les foules à la littérature, par le biais d’informations publiées en ligne et d’un festival international biannuel des villages du livre. Elle cherche à soutenir les économies rurales en facilitant l’échange de connaissance entre les libraires et les commerces, en encourageant l’utilisation de la technologie et en aidant à préserver et promouvoir les héritages culturels des régions et des nations, à l’échelle internationale.

Par définition, un village du livre est « une petite ville ou un petit village de campagne, dans lequel on retrouve beaucoup de librairies d’occasions et d’antiquaires [rendant leurs produits] accessibles à tous ». Aujourd’hui, en Europe, il existe des dizaines de villages connus sous ce nom, de Panzin en Croatie à Torup au Danemark. Ces lieux triés sur le volet sont fiers de leur histoire, de leur beauté tout droit tirée d’un conte de fée et de leur contribution au monde littéraire.

Petit village niché dans la campagne vallonnée Belgique, Redu célèbre cette année son quarante-et-unième anniversaire depuis qu’il est devenu le deuxième village du livre en 1984. Dans ce village idyllique « flotte l’odeur familière des vieux livres » selon les descriptions qu’on en fait. Chaque année y est organisé un immense festival du livre. Les quelque trente librairies attirent des centaines de visiteurs qui viennent profiter de sa culture, de son histoire, de son architecture et de sa nature. Redu et deux autres de ses cousins, Lesse et Séchery, ont récemment figuré sur la liste des « plus beaux villages de Wallonie », en juillet 2024.

Situé sur une falaise qui domine la mer le long d’une côte déchirée, entouré de bois et de forêts, Wigtown célèbre son vingtième anniversaire en tant que « village du livre d’Écosse ». Avec son choix de plus d’un quart de million de livres, neufs ou d’occasion, Wigtown fait partie des villages du livre qui ont participé au premier festival international des villages de livre, organisé en août 1998 par l’organisation internationale des villages du livre. Début mai, seize de ses librairies, dont beaucoup proposent des livres d’occasion, participent au Week-end du printemps qui a lieu tous les ans. Au mois de juillet, un festival communautaire a également lieu et tous les samedis, du mois d’avril au mois de septembre, un marché est organisé. Vient ensuite le festival annuel du livre de Wingtown, qui s’étale sur dix jours de fin septembre à début octobre. Cette tradition date de 1999 et, aujourd’hui, ce sont plus de 200 événements qui animent la ville, comme des spectacles de musique, de théâtre, des animations culinaires et d’arts visuels.

Torup se trouve à 60 kilomètres de Copenhague, la capitale du Danemark, prise entre la mer et un fjord et où vit un total de 374 personnes. Là-bas, les locaux donnent avec plaisir leurs livres de seconde main, de la meilleure qualité, aux dix librairies qui bordent la rue, afin qu’ils soient vendus. Ces librairies, si on peut les appeler ainsi, sont en réalité un garage, l’atelier d’un ouvrier, une écurie abandonnée, une étagère à l’entrée d’une ferme et même une gare récemment rénovée. Certains de ces espaces misent sur la bienveillance et l’honnêteté des clients, en ne laissant qu’une urne dans laquelle ils laissent ce qu’ils doivent pour un livre. L’association du village du livre de Torup organise chaque année un festival du livre nordique, auquel sont invités des auteurs qui lisent des extraits de leurs livres. Des courts-métrages sont également projetés et divers événements culturels ont lieu à cette occasion.

Le village de St-Pierre-de-Clages, avec ses étals de livres et ses festivals littéraires, est le seul village du livre de Suisse. Il abrite un grand marché de livres d’occasion, où viennent des auteurs, où ont lieu des expositions à thèmes, des activités pour enfant ainsi qu’un festival du livre de renom, qui a lieu chaque dernier week-end d’août depuis 1993. L’association des amis de Saint-Pierre a été fondée en 1990 et s’est réunie pour la première fois en 1991. Aujourd’hui, le festival dure trois jours et attire des visiteurs provenant de toute la Suisse francophone et des pays voisins. Elle offre des perspectives uniques sur les professions du livre, comme la calligraphie et les anciennes techniques d’impression, un espace accueillant pour que les écrivains et les maisons d’édition puissent se rencontrer et pour que les artistes puissent exposer leurs travaux.

L’ancienne ville de garnison Wünsdorf est connue sous le nom de « ville des livres et des bunkers ». Ce surnom s'explique par ses sites historiques, ses bâtiments, ses librairies, ses cafés et salons de thé, mais aussi par sa vie culturelle animée. À 20 kilomètres au sud de Berlin, le village organise des événements tout au long de l’année, des lectures, des expositions, des expositions de véhicules militaires et, actuellement, cinq visites guidées des bunkers. Wünsdorf est devenu un membre officiel de l’organisation internationale des villages du livre en 1998, grâce à ses trois grands antiquaires qui proposent un large choix de trésors littéraires sur des sujets tels que la poésie, la philosophie, la littérature classique et bien plus encore.

Livres
https://www.nationalgeographic.fr/voyage/culture-loisirs-librairie-bibliotheque-vous-aimez-la-lecture-vous-allez-adorer-ces-huit-villages-en-europe
Pourquoi n'existe-t-il pas de position parfaitement confortable pour lire des livres? | Slate.fr
Wed 15 Apr - 11:21

Pour la dixième année consécutive, ma bonne résolution du Nouvel An a été de lire davantage. Idéalement, me dis-je invariablement au cours de ces premières semaines protéiformes du mois de janvier, cette année qui s'annonce se distinguera par ses langoureuses soirées affalées sur le canapé à écumer la longue liste de romans qui alourdissent les modestes rayonnages de la bibliothèque de mon salon, avec peut-être un verre de scotch posé sur un guéridon. par Luke Winkie

Je me délecte de ce fantasme: je rêve de pouvoir enfin ouvrir La Conjuration des imbéciles, m'envoyer les deux derniers tomes de la trilogie Les Livres de la terre fracturée, prendre le temps de lire les mémoires de Patti Smith achetées il y a plus de dix ans… Quand je suis vraiment parti, je me vois viser encore plus haut. Et pourquoi pas Léon Tolstoï? Ou Thomas Pynchon? Et il y a aussi cet exemplaire du Roi pâle, de David Foster Wallace, qui jaunit sur ma table basse depuis un bon bout de temps.

Et pourtant, je sais déjà comment cette saga va finir. L'année va se terminer et ma liste Goodreads n'aura été rallongée que d'un nombre dérisoire de titres, sans commune mesure avec la taille de mes ambitions bibliophiles. Demandez-moi pourquoi je ne lis pas autant que je le voudrais et je pourrais désigner les fléaux bien connus de la modernité: le temps d'écran qui prend de plus en plus de place, les algorithmes addictifs, l'attention qui se morcelle.
Mais un de mes problèmes les plus fondamentaux en matière de littérature est bien plus prosaïque. Je pense d'ailleurs qu'il est bien plus courant que n'osent l'avouer la plupart des lecteurs. Comment se fait-il que, quelle que soit la manière dont je m'y prends, je n'arrive jamais à trouver une position confortable pour lire?

Allongé, assis, mal installé...

Ne faites pas semblant de ne pas savoir de quoi je parle. Cette affliction est répandue dans toute l'espèce humaine. Il est communément admis que le tout premier roman publié de l'histoire est Le Dit du Genji, un drame de cour écrit au début du XIe siècle par Murasaki Shikibu, une aristocrate japonaise. Mille ans après son incroyable invention qui ouvrit les fenêtres de l'esprit, l'humanité n'a toujours pas trouvé de moyen ergonomique pour absorber le mot écrit.

J'ai essayé, comme vous, de lire allongé sur le dos en tenant mon roman au-dessus de ma tête jusqu'à ce que mes bras me fassent mal et se mettent à trembler, incapables de garder le livre en équilibre. J'ai aussi tenté assis dans un fauteuil, le livre ouvert sur les genoux, jusqu'à ce que mon cou à angle droit se raidisse et viennent confirmer l'épouvantable vérité: le mobilier n'a jamais été conçu pour pourvoir à la nécessité littéraire de regarder vers le bas.
Évidemment, il y a toujours la possibilité de vous allonger sur le ventre, les coudes enfoncés dans un matelas, un tapis ou les coussins d'un canapé. Ça fonctionne un moment jusqu'à ce qu'il devienne évident que vous êtes en train de faire la planche sans que les bénéfices n'en compensent l'inconfort pendant que, sous vos yeux, Raskolnikov trucide tout le monde à la hache.

D'autres ont développé un genre de syndrome de Stockholm et interprètent la douleur comme un signal de vertu.

J'alterne toutes ces positions en boucle, dans l'espoir fou de finir par trouver la panacée qui me permettra de déverrouiller le zen sublime du roman, les légendaires joies de la lecture. Lorsque j'en ai parlé à mes amis et à mes collègues pour savoir s'ils partageaient mon triste sort, je n'ai pas tardé à comprendre que nous étions tous dans le même bateau. Bryan Lowder, rédacteur en chef adjoint de Slate.com, se souvient qu'alors qu'il feuilletait un volume particulièrement peu maniable contenant la série des romans du Cycle de Terremer, il a été forcé d'empiler trois oreillers contre sa tête de lit et d'en placer un autre sur son ventre pour rester sain de corps en suivant les aventures de l'Épervier.
Mon amie costumière Laura Grasso, qui vient de terminer Les Frères Karamazov, a mis au point un dispositif anthropométrique sophistiqué par lequel elle cale tout son corps contre l'inclinaison rembourrée d'un bras de fauteuil, le livre maintenu en délicat équilibre dans son champ de vision «Je tente la totale diagonale, m'a-t-elle raconté. C'est de loin l'approche la plus optimale.»
D'autres ont développé un genre de syndrome de Stockholm et interprètent la douleur comme un signal de vertu. Tony Ho Tran, rédacteur en chef de Slate.com, affirme avoir besoin «d'être un petit peu mal installé» pour bien se concentrer sur ce qu'il lit. «Donnez-moi une chaise de cuisine en bois biscornue, proclame-t-il. Donnez-moi un siège en plastique dans le train qui me conduit au travail.»

«Nous ne sommes pas faits pour rester longtemps dans la même position»

Mais ne devrait-on pas pouvoir faire autrement? L'évolution n'aurait-elle pas dû fournir à notre espèce une sorte de soutien lombaire naturel –ou, à défaut, des sortes de callosités de secours– pour nous aider à nous livrer à la tradition remontant du fond des âges qui consiste à lire des mots imprimés sur du papier? Est-ce que Moïse, en redescendant du mont Sinaï avec ses tablettes en pierre consacrées par Dieu en personne, a eu des douleurs cervicales après avoir déchiffré les Dix Commandements? Eh bien, selon Ryan Steiner, kinésithérapeute à la clinique de Cleveland (Ohio), oui.
Il se trouve que la lecture oblige le corps à adopter une posture parfaitement contre-nature. Et personne n'y peut rien. «En toute honnêteté, nous ne sommes pas faits pour rester longtemps dans la même position, aussi confortable soit-elle, précise Ryan Steiner. Quand on lit, il faut en changer souvent. Je préconise de se lever et de bouger un peu de temps en temps.»

«C'est facile de tenir quelque chose de relativement léger en ayant le bras le long du corps pendant plusieurs heures. Mais devant le visage? Vous pourriez avoir du mal à le faire ne serait-ce qu'une minute.» Ryan Steiner, kinésithérapeute à la clinique de Cleveland (Ohio)

Ryan Steiner m'a gentiment expliqué le côté scientifique de la chose. Notre système nerveux est tissé de capteurs électriques microscopiques appelés mécanorécepteurs. Ces neurones sensoriels informent notre corps de la manière dont nous nous étirons, dont nous nous recroquevillons ou mettons en tension nos tissus mous. C'est valable lorsque l'on fait de la musculation, mais également quand on tient un livre devant son visage.
«Au bout d'un certain temps, ces récepteurs envoient un message au cerveau du genre: “Hé, il se passe un truc de pas naturel par ici, il faut faire quelque chose”», décrit Ryan Steiner. C'est à ce moment-là que nous ajustons notre posture pour trouver une position plus confortable. Ce schéma se répète sans cesse pendant tout le temps de la lecture. Il peut vous sembler étrange qu'un roman exerce sur notre corps une pression comparable à celle d'un sac de béton, par exemple, mais Ryan Steiner s'est empressé de me rappeler qu'il y a toujours un moment où n'importe quel objet peut devenir une source d'inconfort.

«Une petite force peut faire une grande différence, poursuit le kinésithérapeute de la clinique de Cleveland. C'est facile de tenir quelque chose de relativement léger, un poids d'un kilo et demi par exemple, en ayant le bras le long du corps pendant plusieurs heures. Mais en tenant cette chose devant le visage? Vous pourriez avoir du mal à le faire ne serait-ce qu'une minute.»

Une liseuse à la rescousse, presque sans les mains

Cela dit, le pouvoir de la technologie a été convoqué pour résoudre ce problème de lecture. Nous avons tous entendu parler de ces pupitres qui peuvent être installés dans un lit ou sur une baignoire pour permettre de s'occuper les mains avec un verre de pinot noir frais tout en parcourant un roman d'amour bien sirupeux.
Mais celles et ceux qui préfèrent lire sur tablette sont allés encore plus loin. J'ai contacté Chelsea Stone, qui travaille pour CNN et a testé un appareil réellement révolutionnaire permettant de fixer sa liseuse à une monture en silicone modulable. Elle oriente le bras articulé au-dessus de son matelas de sorte que la tablette flotte gracieusement devant ses yeux lorsqu'elle est allongée sur le dos dans son lit. Pour tourner les pages, elle utilise une télécommande connectée par Bluetooth. Ses mains n'ont jamais besoin de sortir de la couette.
Ce cocon étanche de félicité littéraire rappelle les fauteuils volants utilisés par les réfugiés sédentaires du film d'animation Wall-E. Chelsea Stone a réussi une fois pour toutes à rendre obsolètes les limites humaines en neutralisant ces satanés mécanorécepteurs. «Je ne peux pas vous dire le nombre de fois où je me suis assoupie avec un livre entre les mains, avant d'être réveillée en sursaut en me le prenant sur le front, confie-t-elle. Avec ce dispositif, je suis libre de lire dans n'importe quelle position.»

Et pourtant, Chelsea Stone, véritable rat de bibliothèque, avoue qu'elle aime encore lire des livres à l'ancienne. Je peux la comprendre. Si une liseuse est physiquement une idée prudente, spirituellement c'est une expérience qui manque d'intensité. Au bout du compte, si j'aime la lecture, c'est aussi pour tous les éléments accessoires de la littérature; la manière dont ce rituel peut illuminer une journée ordinaire. Pensez au bonheur de la découverte fortuite du coin de lecture idéal –un café, un parc, une plage– qui semble attendre précisément le roman que vous trimballez dans votre sac à dos. Le temps s'arrête et votre imaginaire commence à se fissurer.
Les muscles de ma hanche protestent avec véhémence tandis que, allongé sur le côté, j'apaise mon esprit. Cela fait mille ans que nous lisons des livres. Le jeu en vaut forcément la chandelle.

Livres
https://www.slate.fr/culture/pourquoi-existe-pas-position-parfaitement-confortable-lire-livres-posture-lecture-allonge-assis-corps-douleur
"Un lieu de résistance": cinquante ans après, l'histoire des Kiosques de Toulon perdure - Var-Matin
Wed 7 Feb - 12:17

Par Dorian Vidal le 7 février 2024

Voilà bien un commerce qui traverse les âges. Avec ses bâches bleues, ses devantures anciennes et ses stocks colossaux, Les Kiosques de Toulon s’inscrit, depuis plusieurs décennies, comme l’une des enseignes les plus emblématiques du centre historique. Et si elle a toujours su s’adapter, l’entreprise familiale ne s’est jamais détachée de son aspect authentique.

Les kiosques

C’est en partie ce qui plaît à Christian, fidèle client: "En général, à chaque fois que je viens, j’achète un ou deux livres. Ce n’est pas très cher et il y a beaucoup de choix. Et puis, c’est un espace un peu en décalage. Ce qui ne me dérange pas, bien au contraire." Même chose pour Frédérique: "J’aime bien, c’est différent des magasins. En fouinant un peu, on trouve toutes sortes de choses. En plus, ça permet de ne pas jeter les livres."

Au sud du boulevard de Strasbourg, rue Prosper-Ferrero, les bouquins, vinyles, CD, DVD et cartes postales d’époque sont encore exposés de part et d’autre de l’artère. Le tout avec un semblant de désordre. "C’est pour le look", sourit David, 70 ans.

Deux kiosques "en suspens" depuis bientôt un an

Que ce soit dans le petit kiosque faisant face au cinéma Le Royal, ou en haut de l’étroit escalier en bois de la deuxième boutique, on dégotte autant de classiques que de petites pépites.

"Nous sommes un complément des librairies, poursuit le bouquiniste. On travaille essentiellement avec des livres épuisés. Par exemple, tenez, cette édition de Sois belle, sois fort (Nancy Huston), eh bien vous ne la trouverez pas en librairie!"

Au total, près de 100.000 ouvrages seraient référencés au sein des kiosques. À eux quatre, ils représentent donc une petite caverne d’Ali Baba pour les amateurs de lecture, de musique et de cinéma.

Ils sont aussi, un peu, la deuxième maison de David, qui les occupe depuis plus de quarante ans. "Ici, ça a toujours été une bouquinerie. L’affaire était détenue par ma mère depuis plusieurs années quand j’ai pris la suite, à la fin des années 1970", rembobine-t-il, posté derrière sa caisse.

Et d’ajouter: "Ensuite, j’ai récupéré un deuxième kiosque en bas de la rue. Puis un troisième à côté. Et enfin, une dernière boutique en face de la première, il y a environ quinze ans. Avec ma compagne de l’époque, nous avons recréé tout ça."

"Je ne me suis jamais ennuyé"

Aujourd’hui, deux kiosques sur quatre sont néanmoins "en suspens" et servent de réserves. L’ancienne conjointe de David, Brigitte, est décédée au mois de février 2023, laissant derrière elle un grand vide. "Il faut la remplacer… C’est difficile depuis, car on est un peu surbookés."

Il faut dire que, malgré l’aide précieuse de Marina, seule autre vendeuse, "David des kiosques" abat toujours un travail de titan. Chaque matin, dès 6h, le Toulonnais est bon pour deux heures et demie de mise en place et de manutention.

Puis, après la journée de travail, vers 19h, il lui faut une heure et demie pour tout remballer. "C’est un peu comme un cirque. On monte l’échafaudage, le chapiteau… Heureusement, je suis encore relativement en forme."

Du mardi au samedi, plusieurs étagères débordent donc encore et toujours sur les trottoirs. "J’ai quand même attrapé pas mal de voleurs dans ma vie", souffle d’ailleurs David, sourire en coin.

Le bouquiniste historique de Toulon espère en tout cas continuer de "faire perdurer ce lieu : Par rapport au téléchargement numérique, je dirais qu’on est un lieu de résistance, assène-t-il. Il y a encore une grosse clientèle de passionnés, de collectionneurs, de gens qui cherchent autre chose que ce qu’on trouve un peu partout ailleurs. Et il y a ce contact avec les clients… J’apprends des choses tous les jours, donc je ne m’ennuie pas. En 43 ans dans ce boulot, je ne me suis d’ailleurs jamais ennuyé". Pourvu que ça dure...

La "nécessité" d’ouvrir un site web

S’il est friand de l’esprit rétro, le patron des kiosques de Toulon a compris que la création d’un site web relevait d’une "nécessité économique". Régulièrement, plusieurs cartons sont donc apportés à La Poste avant de partir vers d’autres horizons.

"Je ne suis pas pour le modernisme, mais on a lancé le site il y a une dizaine d’années. Ça marche bien, même si c’est beaucoup de travail en plus avec les commandes", assure David.
Site web Les kiosques de Toulon

La clientèle du service militaire, une autre époque

Plus de 40.000 ouvrages y sont en effet référencés, dont certains plutôt rares. "Je crois qu’il n’y a pas un pays au monde où l’on n’a pas envoyé de colis, plaisante le bouquiniste. On en a beaucoup envoyé à l’étranger, notamment aux États-Unis."

Aujourd’hui, à l’heure d’Internet, le bouquiniste évoque toutefois les clients du passé avec une espèce de nostalgie: "C’était fabuleux. À l’époque du service militaire, les gens arrivaient de leur Bretagne et de leurs campagnes dans une ville qu’ils ne connaissaient pas, loin de leur famille. Et ils achetaient beaucoup de bouquins. Ils faisaient des échanges, des collections… C’était le côté populaire, sympa et intéressant, car ils venaient d’autres horizons."

Livres Toulon
https://www.varmatin.com/culture/les-kiosques-de-toulon-un-lieu-de-resistance--901775
La vente de livres itinérante, un moyen de sauver les librairies? | Slate.fr
Sat 5 Aug - 16:26

Nous sommes un lundi après-midi. Il fait froid et gris sur Milan et ses Navigli, les canaux artificiels de la ville italienne sur lesquels a bossé, entre autres, Léonard de Vinci. «Pas une grande journée», admet Luca Ambrogio Santini en soufflant sur ses doigts gelés, un cache-cou au ras du nez. Le sexagénaire a sauté dans ses chaussures de rando pour sortir de chez lui et montrer, non sans fierté, son «bébé».

La librairie itinérante de Luca à Milan | Irene CaputoLa librairie itinérante de Luca à Milan | Irene Caputo

Il s'agit d'un vélo cargo qu'il déplie la plupart du temps à quelque 300 mètres de son domicile. Plus précisément sur la place Gustav-Mahler, devant l'auditorium de Milan, siège de l'orchestre symphonique Giuseppe Verdi. «Je m'installe là, car mes clients d'avant me connaissent. Ma librairie était ici, c'est symbolique», explique-t-il en regardant vers sa gauche et le commerce qui a pris sa place: un pressing. Un peu triste...

Cent kilos de livres et un vélo cargo

Luca Ambrogio Santini a été contraint de mettre la clé sous la porte le 9 novembre 2013. Le Milanais a tout tenté pour sauver sa librairie, qu'il a tenue dans les mêmes murs pendant douze ans. Malheureusement, la crise de 2008 et le nombre de lecteurs en baisse –«surtout, chez les jeunes», a-t-il remarqué– ont fait chuter son chiffre d'affaires.

Et cela, c'était sans compter l'arrivée du commerce en ligne. Amazon en prime. D'où son surnom: «On m'appelle Don Quichotte, car je me bats contre des choses énormes. Les petits commerces sont importants pour faire vivre le quartier. Les grandes chaînes appauvrissent les centres.»

Luca Ambrogio Santini range ses livres devant son ancienne librairie, remplacée par un pressing. | Irene CaputoLuca Ambrogio Santini range ses livres devant son ancienne librairie, remplacée par un pressing. | Irene Caputo

Loin d'être aigri, Luca Ambrogio Santini a réfléchi. Pas longtemps. Le choix de l'itinérance de LibriSottoCasa s'est imposé de lui-même. «J'aimais le vélo.» C'est aussi bête que ça.

En 2015, il s'est donc lancé en tant que libraire ambulant dans les rues de Milan, ne se déplaçant qu'à la force des mollets. Enfin, presque. «J'ai fait quelques mois sans aide électrique. Mais là, j'ai changé d'avis parce qu'à certains moments, je n'arrivais plus à bouger. Il y a cent kilos de livres...», souffle-t-il en dépliant sa carriole rouge pétant.

Aujourd'hui, différents livres trônent sur les étagères. Les thématiques? Les librairies itinérantes (l'ouvrage de Jamila Hassoune et sa caravane du livre dans le Haut-Atlas, le roman Parnassus on Wheels de Christopher Morley), de la littérature jeunesse (Trois amis, de Helme Heine, Pietro Pizza, de William Steig), des ouvrages sur la ville de Milan (Le Vie Della Bonifica – Il Naviglio Grande, Calciorama – I colori della passione), ou encore sur le cyclisme. Mais pas que. Luca adapte les volumes qu'il propose aux lieux où il se pose: les marchés, les bibliothèques, les foires aux livres, les écoles...

Un libraire (presque) plus rapide qu'Amazon

Surtout, le Lombard baroude un peu partout dans le sud de Milan pour livrer ses clients. Il suffit d'un message sur Facebook ou WhatsApp pour réserver son bouquin, et Luca débarque gratuitement avec son sac à dos. «Je pense que mes clients préfèrent acheter mes livres plutôt que ceux d'Amazon... Quand j'arrive, ils peuvent discuter avec moi. Quand j'emmène les livres chez les gens, ils me donnent régulièrement à boire et à manger.» Ce qui ne l'empêcherait pas d'être, parfois, plus rapide que les mastodontes du e-commerce. «Pas en ce moment... Mais durant les périodes pleines, comme pendant les fêtes de Noël, si on m'écrit à 9h, j'ai l'ouvrage à 10h.»

Lors des périodes de rush, Luca Ambrogio Santini se rend tous les matins chez les distributeurs qui l'approvisionnent. Mais si la distance le séparant de ses clients est trop grande, le libraire leur conseille de se tourner vers le réseau créé il y a dix ans dans le pays: Bookdealer, une plateforme destinée à soutenir les librairies indépendantes, qui sont près de 700 à l'avoir rejointe. «On s'est mis en commun car on était confrontés aux mêmes difficultés», se souvient le cycliste littéraire.

Entre 2012 et 2017, 2.332 librairies et papeteries auraient fermé dans le pays, et la saignée ne semble pas près de s'arrêter. «En un an, on a perdu six librairies du réseau», assure Luca Ambrogio Santini. L'homme voit tout de même le verre à moitié plein: «Une nouvelle ouvre samedi.» Et lui-même s'y retrouve financièrement parlant, selon ses dires: «Je gagne un quart de ce que je gagnais avant, mais j'ai moins de frais. Je m'en sors bien.»

Aujourd'hui, Luca Ambrogio Santini espère susciter des vocations. Quelques projets semblables au sien semblent actuellement germer un peu partout. En France, Fernando Sanchez, par exemple, a fait pareil dans la région lilloise, tout comme Robin Ranjore à Redon (Ille-et-Vilaine), Adeline Barnault dans l'Essonne, David Blouët à Bourbon-L'Archambault (Allier), ou encore Marion Bonilli à Nantes pendant un temps.

À Milan, deux Françaises (Aurélie Bazex et Caroline Zanon) s'y sont elles aussi mises pendant la pandémie de Covid-19 en ouvrant, en novembre 2021, la Librairie William Crocodile, une bouquinerie itinérante de littérature jeunesse française, notamment installée à la sortie du lycée français milanais.

«C'était compliqué pendant le Covid de se faire livrer des livres en français: les frais de port ont augmenté, les livraisons étaient plus longues. Donc on a lancé ce projet. On ne connaissait pas celui de Luca avant», assure Aurélie Bazex qui l'a quand même contacté. «On a échangé avec lui et il nous a prodigué quelques conseils. On doit maintenant se rencontrer. Avec Luca, c'est une suite de rendez-vous manqués», plaisante celle qui a travaillé dans le e-commerce, notamment pour Amazon, dans les années 2000.

Luca Ambrogio Santini , de son côté, était employé par une banque avant de bifurquer. Plus précisément, il a passé un temps au milieu des dollars, des lires, des pesetas et des deutschemarks, dans un bureau de change. «L'euro est arrivé. J'ai bougé temporairement dans une autre entreprise, mais je n'avais plus envie d'exercer ce métier. Je me suis fiancé et je suis devenu libraire», raconte-t-il.

«Je pense que mes clients préfèrent acheter mes livres plutôt que ceux d'Amazon... Quand j'arrive, ils peuvent discuter avec moi. Quand j'emmène les livres chez les gens, ils me donnent régulièrement à boire et à manger.»

Si vous souhaitez faire la même chose, ce féru de Georges Perec, d'Italo Calvino «et de beaucoup d'autres» a un conseil: «La chose que j'ai apprise en premier, c'est de nettoyer les livres tous les jours. Car en les nettoyant, tu comprends ce qui a été vendu le jour d'avant et les goûts de tes lecteurs. Au début, je me suis un peu trompé, j'ai acheté des choses qui ne plaisaient pas... Il faut se spécialiser.»

Pour l'anecdote, sachez enfin qu'une Rochelaise a quasiment fait le chemin inverse du Milanais: Muriel Moulin avait lancé, dès 2008, sa librairie itinérante en camion: Esprit nomade. Après sept années à sillonner les routes, elle a fini pour ouvrir sa «petite librairie en dur» à Courçon, un village de 1.879 habitants. Pas en Castilla-La Mancha, mais en Charente-Maritime.

libraire Livres vélo
https://www.slate.fr/story/250057/librairie-itinerante-livres-velo-milan-italie-don-quichotte-luca-ambrogio-santini-concurrence-amazon
Qui a la plus belle bibliothèque ? - Courrier International
Mon 18 Apr - 15:06

Exhiber chez soi des livres qu’on ne lira jamais était déjà un grand classique avant la pandémie de Covid-19. Mais le phénomène s’est accentué avec le développement du télétravail et des visioconférences. Au point qu’architectes d’intérieur et éditeurs se consacrent désormais à faire du livre un objet de déco instagrammable

Ma bibliMa bibli, enfin, juste un petit coin. Moi, j'ai pas besoin d'un décorateur. J'ai de quoi faire.

Ashley Tisdale, lors d’une visite filmée de sa maison à Los Angeles (Californie), en mars 2022, pour le magazine “Architectural Digest”. L’actrice américaine a été moquée par des internautes pour avoir admis qu’elle n’avait rempli sa bibliothèque que deux jours auparavant, avec des livres achetés en urgence par son mari.

C’est une tempête dans un verre d’eau comme les aiment les utilisateurs de Twitter : fin mars, un compte relevait avec ironie un extrait d’une vidéo dans laquelle l’actrice américaine Ashley Tisdale faisait visiter sa maison à une équipe du magazine Architectural Digest.

Passant en revue sa déco dans le plus pur style californien, la star de la franchise Disney High School Musical a fait cette confidence très spontanée à propos de sa bibliothèque :

“Pour être honnête, ces étagères étaient vides il y a encore deux jours. J’ai demandé à mon mari d’aller à la librairie et je lui ai dit ‘J’ai besoin de 400 livres’.”

Fonds d’écran Zoom bien étudiés

Face aux sarcasmes, l’actrice s’est défendue :

“Une précision : il y a des livres que j’ai accumulés au fil des années, mais, voyez-vous, pas assez pour remplir 36 étagères qui peuvent chacune contenir 22 livres. J’ai fait ce que n’importe quel architecte d’intérieur aurait fait. Ils le font tout le temps, j’ai juste eu la franchise de le dire.”

The Guardian le confirme : “L’achat de livres par lots entiers est devenu monnaie courante chez les célébrités, surtout depuis qu’ils sont devenus un décor érudit [pour les visioconférences] sur Zoom.”

La généralisation du télétravail avec la pandémie a donné “encore plus de visibilité à ce phénomène”, note le quotidien britannique, qui cite en exemple un compte Twitter entièrement consacré à l’examen des livres aperçus en arrière-plan des people en vidéo.

Jaquettes associées à la couleur des murs

Flairant l’aubaine, certains ont très tôt développé un véritable business autour du livre comme objet de décoration. Ainsi de Thatcher Wine. Ce bibliophile et décorateur d’intérieur se présente comme un “book curator”, l’équivalent pour les livres de ce qu’est pour les arts un commissaire d’exposition (art curator, en anglais). Il y a quelques années, il a été sollicité par la star Gwyneth Paltrow, qui lui a demandé de “lui trouver 600 livres pour sa maison tout juste rénovée”.

Au début des années 2000, Wine avait fondé l’entreprise Juniper Books, devenue aujourd’hui un site qui propose des solutions de décoration sur mesure. Comme l’explique le journal, son fondateur “vend des collections de classiques de la littérature avec jaquette personnalisée”. Le moyen idéal, souligne l’intéressé, “de permettre à quelqu’un de détenir les œuvres complètes de Jane Austen, mais dans une couleur choisie avec soin dans le nuancier Pantone pour se marier avec le reste de la pièce”.

Kate Middleton et ses livres

Remplir sa bibliothèque avec de beaux livres a toutefois un coût, met en garde le Guardian, qui cite des prestations de décorateurs pouvant aller au Royaume-Uni jusqu’à 5 000 livres (près de 6 000 euros).

Plus abordable, la collection Clothbound Classics, développée par l’éditeur Penguin, propose des romans agrémentés de couvertures graphiques – couvertures que leurs abonnés ont pu apercevoir sur le compte Instagram de Kate Middleton et de son mari en 2020.

Bea Carvalho, responsable de la fiction pour la chaîne de librairies Waterstones, l’assure : le design des livres est un aspect auquel les éditeurs portent de plus en plus attention, tant il est susceptible d’accroître leur visibilité sur les réseaux sociaux. “C’est important d’avoir de belles images à montrer… Les tranches colorées rendent par exemple très bien sur BookTok et Instagram.”

déco Livres
https://www.courrierinternational.com/article/reseaux-sociaux-qui-a-la-plus-belle-bibliotheque

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