L’histoire fabulée de l’iris revestois
Une uchronie imaginée par le Comité d’invention de l’Iris Bleu du Revest (IBR)
Les iris de Van Gogh
L’histoire ne se raconte pas, elle s’écrit.
L'Histoire avec une majuscule est toujours sujette à caution car vecteur de propagande des gens de pouvoir et des influenceurs. Et la petite histoire, celle du quotidien, celle dont se nourrissent les sociétés d’histoire locale, c’est bien pareil aussi. Le filtre humain travestit la vérité qui ne sera jamais qu'un mirage qu'on n'atteindra jamais. Pas plus que la grande Histoire, l’histoire locale ne peut être une science exacte. La vérité historique n’existe pas, elle se construit, elle s’invente. Si tant est que l’histoire puisse être une science, ce sera une science de la communication.
En 50 avant J.C., des commerçants Romains découvrent Le Revest, capitale du peuple Comoni. Ces industrieux Celto-Ligures cultivent une plante qui lors de la empereur romain avec toge bleuefloraison, originale car hivernale, couvre de bleu les collines du pays. Les indigènes en tirent dans leurs ateliers tinctoriaux un colorant végétal bio et naturel selon un procédé confidentiel, original et copyrighté qu’ils refusent de communiquer. Aux teintureries sont adjointes des activités de filature et de tissage qui font de la vallée de Dardennes, au début de notre ère, un petit centre industriel à la renommée régionale. Les Romains, pendant quelques décennies, en sont réduits à troquer uniquement les étoffes déjà teintes de ce bleu intense, nommé plus tard par les peintres « bleu revestois », que les Comoni commercialisent déjà de Nikaïa à Massilia.
Une petite précision : on nous a maintes fois seriné que l’industrie tinctoriale de la pourpre, réservée aux empereurs romains, était à l’origine de la fondation de Toulon, avec sa teinturerie à l’embouchure du Las, son eau si pure et si abondante à la source Saint-Antoine, dédiée alors au Dieu Telo,et tutti-quanti, vous connaissez l’histoire. Enfin, on vous a raconté l’histoire. Car le truc du murex, c’était du pipeau : on n’en a jamais retrouvé dans cette partie de la Méditerranée. Garanti sur facture : absolument aucune trace à Toulon de murex mort ou vif. Et pour cause ! La couleur bleue était inconnue de l'humanité au moins jusqu'à l'Antiquité. En effet, le mot bleu n'est pas retrouvé dans les langues et textes anciens, sauf dans la civilisation égyptienne. On ignore s'il s'agit de daltonisme ou simplement d'une absence de sensibilité à cette couleur, peu présente dans l'environnement humain de l'époque. Ce que les Romains appellent « Pourpre » et réservent en un premier temps à leurs empereurs et assimilés, c’est le bleu revestois.
Les dirigeants romains, en particulier les empereurs qui se succèdent à la vitesse grand V, commencent à s’intéresser sérieux aux étoffes bleues du Revest. Ils exigent de maîtriser toute la chaîne de fabrication par une intégration verticale de toutes les activités, depuis la culture des iris jusqu’à la merchandisation des étoffes et des vêtements en prêt-à-porter.
Ils essaient d’abord de neutraliser les terminaux de vente à Nikaïa, Olbia et Massilia. Mais si les Romains étaient bons commerçants, ça se saurait. Échec sur toute la ligne. Ils tentent alors de couper les axes de communication en bloquant les ports. Sauf qu’ils ne sont pas bons marins et leur filet laisse passer les pirogues de livraison qui parviennent toujours à destination.
Dorénavant, une seule option s'offre à l’empereur Romain pour s’approprier l’iris bleu du Revest : la guerre terrestre. Ah ! Ma qué voilà enfin une discipline où les Romains sont les maîtres. C’est ce qu’on appelera La Guerre éclair des Deux Pourpres. (On rappelle que les Romains étaient génétiquement Daltoniens). Un matin de septembre, près avoir suivi l’A8 (la via Aurelia, qu’ils disaient) en provenance de Cimiez, l’armée romaine vire plein Sud à Turris (aujourd’hui, Tourves), et empruntant les drailles des sambles que prendront l’armée de Grignan en 1707 puis les Turcos en 1944, ils déboulent en haut de la carrière et s’emparent du Revest. Classique.
Après avoir vainement essayé d’extorquer les secrets de fabrication aux maîtres teinturiers Comoni, les Romains, qui causaient pas beaucoup estranger, se résolvent à arracher les rhizomes d’iris des collines revestoises dans l’objectif de les replanter chez eux, dans un territoire où ils pourront les étudier en détail et les exploiter loin de ces terres tumultueuses des Comoni. Et ce qu’ils ne pourront transporter vers leurs péniches qui attendent au port, ils le brûlent, oui oui oui, ils mettent le feu aux collines. Sauf que ça prend pas beaucoup, parce que en ce temps-là, toutes les terres étaient bien entretenues, désherbées, débroussaillées.
Et c’est ainsi qu’Octave qui se faisait appeler Auguste, tout content d’avoir raflé 3 barquettes d’iris aux Comoni, fit inscrire le nom de cette tribu sur la liste des peuples vaincus au Trophée de La Turbie. En -6 av. J.C.
Bon, maintenant, vous savez.
On n’entend plus beaucoup causer des Comoni pendant un bout, ils ont juste continué à vivre tranquilou dans leurs collines, tout habillés de bleu, sans trop s’occuper des autres. Avec de temps en temps un regain d’intérêt, comme vers le Ve siècle de notre ère, pour les teintures bleues de Revest.
Blason marial
Connaissez-vous Notre-Dame de Pépiole, non loin du Revest, au pied de la colline de Six-Fours ? Dès l’origine, cette chapelle dépend de l’abbaye de Saint-Victor de Marseille. L’abbaye a été fondée vers 416 par saint Jean Cassien. Or, Cassien a beaucoup voyagé en Orient : Bethléem, Constantinople, Alexandrie. De ses séjours dans les monastères égyptiens du désert, il a rapporté les principes des institutions monacales. C’est lui l’inspirateur de la liturgie gallicane, d’origine orientale qui s’opposait à la romaine. Si l’on y ajoute que le concile d’Ephèse en 430 se détermine sur la nature de la Vierge et initie le culte de Marie, on rejoint l’affirmation de grands voyageurs : Notre-Dame de Pépiole est la réplique de la chapelle de la Vierge d’Ephèse, ville où Marie est née et aurait fini ses jours.
Cassien avait aussi rapporté d’Orient un modèle architectural et l’invention du culte marial en Occident : Pépiole y serait la première église dédiée à la Vierge. Et elle se situe à 3 encâblures des teinturiers Comoni. La conclusion est évidente : le bleu de Marie qui va équiper toutes les églises de la chrétienté est d’origine revestoise, c’est le « bleu revestois » des iris de nos collines.
Là, nous n’avons trouvé aucune preuve, mais nous allons faire comme tous les autres : les inventer. Nous pouvons amalgamer un certain nombre de coïncidences toutefois qui pourront appuyer notre démonstration.
Ensuite, aux temps modernes, on peut tout imaginer. Même le grand Vincent dans notre village de peintres.
Alors, vous voyez bien, maintenant, qu’il existe une tradition revestoise quasi authentique de la culture de l’Iris Bleu.
Telo, Ragas, Foux ... (private joke)
Vu qu’on y était pas, on peut pas garantir que ça s’est passé comme ça. Toutefois, d’autres historiens ont rapporté les mêmes faits, mais ils sont peut-être aussi affabulateurs que nous. Allez savoir …
Tout le reste de ce texte est pure invention. L’iris bleu n’a jamais été cultivé au Revest pour sa teinture. Aucune trace de Sarrasin dans notre histoire : on appelait sarrasine la herse qui fermait un pont-levis. Et selon ce qu’on en sait, Van Gogh n’a jamais mis les pieds au Revest.
Le saviez-vous ? La terre est bien ronde !
Circumpolaire au mont Caume par Cécile Di Costanzo
Selon Wkipédia : Un objet céleste circumpolaire est un objet qui, depuis un endroit donné sur Terre, ne se couche jamais sous l'horizon. La rotation de la Terre fait qu'au cours du temps, les astres se lèvent dans le ciel, puis se couchent. Un astre circumpolaire est tel que sa proximité au pôle céleste fait qu'il ne disparaît jamais sous l'horizon. Si l'on se trouve à l'équateur, il n'y a pas d'astres circumpolaires, tandis qu'en étant aux pôles géographiques de la Terre, tous les astres visibles sont circumpolaires.
Comme la Terre tourne sur elle-même autour d'un axe qui est quasiment dans la direction de l'étoile polaire, il est possible de faire des photographies circumpolaires. Ces prises consistent à faire une très longue pose (de nuit) et ainsi observer la lente rotation des étoiles circumpolaires. Il faut utiliser un appareil photo réflex à objectif grand champ (environ 28 mm), le pointer vers l'étoile polaire et régler la sensibilité au minimum. Pour rendre la photographie encore plus belle, il est possible de composer l'image avec un sujet fixe (arbres, monuments…) dans le champ de l'objectif.
Treize vautours fauves ont fait escale au Revest, au sommet du Mont-Caume, entre les 5 et 7 novembre 2024.
Photo Cécile Di Costanzo