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Donnons le prix Nobel de littérature à Wikipédia! | Slate.fr
Sat 27 Sep - 10:25

par Jean-Marc Proust – 27 septembre 2025

Dans quelques semaines, l'Académie suédoise décernera le prix Nobel de littérature de l'année 2025, en parallèle des quatre autres récompenses, décernées depuis 1901. Conformément aux vœux d'Alfred Nobel, les prix Nobel honorent «chaque année des personnes qui auront rendu de grands services à l'humanité, permettant une amélioration ou un progrès considérable dans le domaine des savoirs et de la culture dans cinq disciplines différentes: paix ou diplomatie, littérature, chimie, physiologie ou médecine et physique».

Tentons un pas chassé dans ce ballet cérémoniel en suggérant que le prochain lauréat du prix Nobel de littérature soit Wikipédia. Oui, Wikipédia, cette libre encyclopédie en ligne que nous consultons pour vérifier un truc, trouver un texte classique, découvrir la guerre du Péloponnèse (Ve siècle avant J.-C.) ou le crapaud nain de Kandy… Ou contribuer en corrigeant une coquille, en ajoutant deux ou trois lignes, un paragraphe voire en créant une page.

Conformité au «puissant idéal» d'Alfred Nobel

Est-ce saugrenu? Absolument pas. Tout d'abord, observons que l'encyclopédie en ligne –partage (inédit par son ampleur) universel des savoirs– répond aux exigences testamentaires d'Alfred Nobel en ayant «fait la preuve d'un puissant idéal». S'y ajoute une foi extraordinaire dans les capacités des humains à créer ensemble ces savoirs, les exposer, les discuter, les améliorer, de la simple contribution à l'exigence la plus savante.

En donnant un accès simple et immédiat à un champ de connaissances universel, cette encyclopédie prend aussi le parti de la lecture dans un monde où elle semble devoir inexorablement se marginaliser. Et d'une lecture exigeante: certains articles sont incroyablement fouillés, regorgeant d'érudition, de détails et de références. Une manière de savants bras d'honneur aux vidéos de quelques secondes, oubliées peu après avoir été publiées. À cet égard, Wikipédia porte là une vision politique. Comme des pans entiers de la littérature.

En ligne avec le «puissant idéal» du fondateur, le comité Nobel surprend parfois avec des choix inattendus (Bob Dylan en 2016) et, plus souvent, politiques. Plusieurs écrivains s'opposant à des régimes autoritaires ont ainsi été distingués: le Soviétique Alexandre Soljenitsyne (1970), le Chilien Pablo Neruda (1971), le Français d'origine chinoise Gao Xingjian (2000)… Là encore, ce critère s'applique largement à Wikipédia, plusieurs fois victime de censure et de blocages par des régimes autoritaires (Biélorussie, Chine, Iran, Russie, Syrie, etc.) et quelques démocraties (France, Italie, etc.), honte à elles.

Cette exigence politique est d'autant plus nécessaire que Wikipédia est désormais menacée par les «progrès» de l'intelligence artificielle. Ainsi, dans les recherches Google, des résumés «maison» sont désormais mis en avant, pillant allègrement les ressources gratuites de l'encyclopédie en ligne. L'élève qui pompait tranquillement Wikipédia demande désormais à ChatGPT de le faire à sa place. Ces clics disparus détruisent progressivement la visibilité de l'encyclopédie, réduisent son nombre de visiteurs, menaçant indirectement ses financements (versez quelques euros après avoir lu cet article).
Un projet universel et profondément littéraire

Par ailleurs et même si cela n'apparaît pas de prime abord, le projet de l'encyclopédie en ligne est éminemment littéraire. Il en recouvre de nombreuses formes: synthèse et analyse mais aussi récit, poésie, cadavre exquis, brouillon…

En effet, Wikipédia est d'abord une page blanche. Que l'inspiration soit là ou non, tout y est à construire. Écrire un premier jet, aligner des paragraphes, identifier des références, soigner son style, insérer des citations, synthétiser sa pensée… Soudain, votre travail est repris et amélioré, parfois réduit ou détruit. Ici, on insère une précision. Là, on supprime une phrase hasardeuse. Ailleurs, c'est tout un développement qui s'impose. Chaque clic y est une inspiration ou une rature. Ratures dont l'historique est soigneusement conservé: quelle mémoire, quel «manuscrit»!

Cette écriture à quatre mains (baptisons-la ainsi quoique le nombre de doigts wikipédiens soit incommensurable) est connue. Pierre Souvestre et Marcel Allain écrivirent ainsi la série Fantômas. Sous les romans d'amour de Delly se cachaient Jeanne-Marie Petitjean de La Rosière et son frère Frédéric. Songeons aussi aux frères Goncourt.

Écrire à plusieurs? Il y a également là une proximité avec les cadavres exquis, à cette nuance près que le jeu créé par les écrivains surréalistes prévoyait que chaque contribution se fasse en ignorant la précédente. Dans Wikipédia, il suffit parfois d'un peu de mauvaise foi pour qu'il en soit ainsi…

Écrire sous pseudonyme? Mais c'est toute l'histoire de la littérature qu'il faut ici convoquer. Voltaire! George Sand! George Orwell! Lewis Caroll! Trevanian! Vercors! Émile Ajar! Il arrive probablement à des célébrités de jouir de l'anonymat que permet internet pour contribuer à l'encyclopédie et pas seulement pour rectifier la page qui les concerne.

Voici donc qu'en un quart de siècle a surgi une écriture universelle et, loin de la sacralisation du «grand écrivain», démocratique: toute contribution est bienvenue, pour peu qu'elle se conforme à quelques règles simples. Wikipédia met l'écriture à la portée de tout le monde.

La comparaison s'impose avec une autre encyclopédie, celle –éponyme– de Diderot et D'Alembert, splendide modèle d'écriture collaborative. On compte alors quelque 158 contributeurs à cette œuvre immense, la plupart anonymes. Ce modèle, Wikipédia l'a amplifié: des contributeurs par centaines de milliers, à l'échelle mondiale, pour produire le plus grand défi littéraire de notre temps.

Traductions, hypertexte et canulars

Comme ce fut déjà le cas au XVIIIe siècle, Wikipédia s'est enrichie et développée progressivement, grâce notamment à de nombreuses traductions. Articles en anglais au départ, traduits et synthétisés, aujourd'hui presque tous disponibles dans une dizaine de langues. Wikipédia nous rappelle chaque jour l'importance du métier de traducteur, sans lequel des pans entiers de la littérature nous seraient inconnus. Et l'on félicitera au passage les correcteurs, toujours prompts à améliorer un article par des contributions discrètes quoique essentielles.

Autre développement ô combien littéraire: dans Wikipédia, grâce à l'hypertexte, chaque article est relié à d'autres articles, existants ou à créer, à la manière de récits enchâssés ou d'un inépuisable roman à tiroirs. Ou, pour être plus moderne, un magnifique bric-à-brac de préquels et séquels, aux ramifications toujours plus vastes.

Parfois, un canular surgit, démasqué plus ou moins rapidement, éventuellement archivé. Dans une terminologie toute situationniste, il est assimilé à du «vandalisme sournois». La littérature en a connu plusieurs: Jean du Chas et Le Concentrisme (merci Samuel Beckett) ou Bilitis (bravo Pierre Louÿs) et l'on n'oublie pas le merveilleux Jean-Baptiste Botul. Oui, les trolls aussi appartiennent au projet littéraire.

Guerres d'édition et neutralité du texte

Enfin, par ses foires d'empoigne feutrées entre contributeurs plus ou moins aguerris, Wikipédia relève évidemment du salon littéraire comme de la querelle des Anciens et des Modernes, à grands renforts de rhétorique, de théâtre et de mauvaise foi.

Ces conflits doivent autant à la sensibilité de certains sujets qu'à l'actualité. Car Wikipédia est la première expérience littéraire d'écriture globale en temps réel, qui flirte avec le journalisme, mais s'en distingue en captant l'essentiel (ce qui restera). Pour ma part, je suis toujours fasciné de constater qu'un trophée sportif ou un décès sont immédiatement intégrés à l'encyclopédie en ligne. Et aussitôt vérifiés, voire contestés.

Le comité Nobel pourrait aussi récompenser Wikipédia pour son extraordinaire productivité, puisque l'encyclopédie a produit 7,1 millions d'articles en un quart de siècle et est accessible en 342 langues.

Car existe-t-il un autre endroit au monde où un paragraphe, une phrase, parfois un mot suscitent autant de débats? Il s'agit de trouver la forme parfaite, une gageure évidemment mais qui mobilise d'interminables échanges. Et il y a là un débat à l'horizontale au sein duquel personne ne peut se prévaloir d'une quelconque supériorité intellectuelle.

L'exigence encyclopédique s'exprime ici en espérant dégager un point de vue neutre (le «style Wikipédia»?). Impossible défi? Ce faisant, elle n'échappe pas aux nombreux débats relatifs au langage et à sa violence, à sa manière de traduire l'oppression ou l'émancipation. «C'est dans le mot que nous pensons», disait le philosophe allemand Georg Hegel (1770-1831, merci Wiki). En s'efforçant de trouver un langage commun (plutôt que neutre) pour s'écouter et se comprendre, en préférant l'argumentation à l'autorité, Wikipédia nous offre chaque jour une grande leçon de composition littéraire.

La valeur n'attend pas le nombre des années

Créée en janvier 2001, Wikipédia aura bientôt 25 ans. À la fois la prime jeunesse et la préhistoire pour internet. Le comité Nobel pourrait aussi récompenser l'encyclopédie en ligne pour son extraordinaire productivité, puisqu'elle a produit 7,1 millions d'articles en près d'un quart de siècle et est accessible en 342 langues (source: Wikipédia, bien sûr).

Un trésor universel, que même les encyclopédistes des Lumières n'auraient pu concevoir. Un trésor que nous consultons régulièrement sans en mesurer l'importance, tant il est entré dans nos pratiques et notre patrimoine culturel. Nous n'en mesurons pas assez l'importance au moment où l'intelligence artificielle et ses divers usages nous abreuvent d'approximations et de mensonges, jungle numérique dans laquelle nous naviguons –aveugles– à vue.

Accessoirement, les 10 millions de couronnes suédoises (près de 910.000 euros) allouées au lauréat par l'Académie suédoise seraient bienvenues pour la Fondation Wikimedia, qui finance le projet et en garantit l'indépendance. Alors oui, donnons le prix Nobel de littérature à ce «puissant idéal» qu'est Wikipédia!

P.-S.: Et dès que ce sera acquis, ouvrons une page Wikipédia pour écrire collectivement le discours de réception du prix à Stockholm.

libre Wikipédia
https://www.slate.fr/culture/donnons-prix-nobel-litterature-wikipedia-encyclopedie-ligne-contributeurs-projet-collaboratif-ecriture-style-puissant-ideal
Au fait, depuis quand s'envoie-t-on des cartes postales? | Slate.fr
Mon 18 Aug - 10:13

C'est un incontournable de l'été et des vacances. La carte postale est là, à la vue de tous, apposée sur des tourniquets de magasins de plage ou dans des boutiques éphémères quelque peu bobos. Souvent kitsch, tournée vers le passé, ou floquée d'un design plus moderne, la carte postale semble traverser les âges… Depuis combien de temps exactement?

Bon anniversaire

Derrière son allure quelque peu désuète, ces bouts de carton ont en fait une histoire riche, marquée par un début timide et controversé, avant de connaître un succès tonitruant, notamment grâce à un événement qui marquera l'histoire. Une success story à laquelle les modes de communication modernes ont mis un sacré plomb dans l'aile, sans pour autant les faire disparaître.

D'une blague à un concept révolutionnaire

Qui a inventé la carte postale? La question reste entourée de mystère, tant un nombre incalculable de pays européens revendiquent sa paternité. Si l'on s'envoie des lettres depuis l'Antiquité, la carte postale, qui se différencie par son côté recto illustré et s'envoie sans enveloppe, aurait fait ses premiers pas au milieu du XIXe siècle, par le biais d'un certain Theodore Hook.

Ce Britannique, dramaturge et romancier (en plus d'être un sacré rigolo), envoie en 1840 une drôle de «lettre»: un bout de carton, sans enveloppe, muni d'un timbre et coloriée à la main, représentant un dessin tournant en dérision les employés de poste. Le destinataire? Lui-même.

Après ce prototype expérimental et visiblement moqueur, vient le temps de la structuration du concept. En 1865, une conférence postale austro-allemande marque un tournant. La carte postale est alors officiellement pensée et son concept approuvé. À peine quatre ans plus tard, en Autriche, un professeur d'économie, Emanuel Herrmann, apporte un coup de pouce décisif au modèle. Il propose une carte de correspondance à bas coût et sans enveloppe. La carte postale est née.

En bon râleur, le scepticisme franchouillard est de mise face à ce nouveau concept venu de l'Est, où son utilisation explose. Trop intrusive, elle expose les écrits du destinataire au tout-venant –notamment aux petits personnels– et l'intimité des messages se retrouve dévoilée au grand jour. Il faut attendre quelques années encore pour que la correspondance à découvert soit finalement autorisée en France… notamment grâce à la guerre franco-allemande de 1870-1871.

Âge d'or timbré

En plein conflit entre la France et la Prusse, un événement va marquer l'arrivée en force de la carte postale dans les mœurs de l'Hexagone: le siège de Strasbourg de 1870. La Société de secours aux blessés fait circuler un carton estampillé de la Croix-Rouge, permettant aux soldats français de rassurer leurs familles, sans nouvelles de leurs hommes encerclés. Cette initiative, autorisée par les Allemands, marque une première utilisation massive en France de ce nouveau moyen de communication. Deux ans plus tard, son utilisation est officiellement autorisée.

En un rien de temps, la carte postale gagne du terrain. Moins chère et plus rapide que la lettre, c'est une alternative efficace dans un monde où le système postal est encore en plein essor. À l'aube du XXe siècle, ces petits bouts de carton sont carrément à la mode et on se les arrache. Preuve en est avec la première carte illustrée française représentant la tour Eiffel, datant de 1889. Son éditeur, Libonis, en vendra pas moins de 57.500 exemplaires en vingt jours, un record pour l'époque.

La carte postale mania prend un autre tournant après 1890, quand un Marseillais du nom de Dominique Piazza envoie une carte bien particulière à un ami argentin. Sa spécificité? C'est en fait une photographie de la cité phocéenne, collée sur du carton. Très vite, le concept (que Dominique Piazza n'a pas déposé, coup dur pour lui) explose. On illustre tout: les paysages, les événements historiques, les scènes du quotidien… et les chats.

On est alors dans ce qui pourrait ressembler au tout premier réseau social de l'histoire, à cheval entre Facebook et Instagram. Les messages sont courts, lisibles par tous, documentent la société, relaient parfois de la propagande, font rire, s'exposent, se collectionnent. Et l'on s'arrache les illustrations improbables qui les accompagnent, de véritables mèmes viraux, que l'on s'empresse de partager. Un véritable âge d'or.
Zappée comme jamais?

On y ajoute de la couleur dans les années 1950, on y intègre des microsillons dans les années 1960 pour qu'elle fasse de la musique (un flop), on change la forme, les illustrations (qui prennent souvent une tournure sexiste)… Bref, la carte postale passe par tous les états. Jusqu'à sa chute?

Ce n'est un secret pour personne: l'âge d'or de la carte postale est passé et son déclin est amorcé depuis bien longtemps. Depuis l'arrivée du téléphone, dès les années 1945, même. Les mails, les SMS, les réseaux sociaux mettent à chaque fois un peu plus à mal ces petits bouts de carton, devenus presque obsolètes.

Faut-il pour autant enterrer définitivement la carte postale? Pas tout à fait. Chaque année, encore 74 millions d'entre elles sont envoyées en France. Si cette dernière a quelque peu perdu son pouvoir de correspondance, elle s'est transformée en un symbole d'une attention personnalisée et particulière.

Ce n'est plus tant le contenu, mais le fait de l'avoir envoyée qui compte, dans un monde où l'instantanéité des messages éphémères estompe les preuves d'amour et d'amitié. Un geste symbolique qui marque un souvenir tangible, qu'aucun autre moyen de communication, aussi moderne soit-il, ne permet. La carte postale est morte, vive la carte postale!

carte postale
https://www.slate.fr/societe/lexplication/depuis-quand-envoi-cartes-postales-histoire-guerre-france-prusse-lettre-ecriture-communication
Les iris bleus du Revest
Thu 17 Jul - 14:15

L’histoire fabulée de l’iris revestois
Une uchronie imaginée par le Comité d’invention de l’Iris Bleu du Revest (IBR)

Les iris de Van GoghLes iris de Van Gogh

L’histoire ne se raconte pas, elle s’écrit.
L'Histoire avec une majuscule est toujours sujette à caution car vecteur de propagande des gens de pouvoir et des influenceurs. Et la petite histoire, celle du quotidien, celle dont se nourrissent les sociétés d’histoire locale, c’est bien pareil aussi. Le filtre humain travestit la vérité qui ne sera jamais qu'un mirage qu'on n'atteindra jamais. Pas plus que la grande Histoire, l’histoire locale ne peut être une science exacte. La vérité historique n’existe pas, elle se construit, elle s’invente. Si tant est que l’histoire puisse être une science, ce sera une science de la communication.

Les Romains au Revest

En 50 avant J.C., des commerçants Romains découvrent Le Revest, capitale du peuple Comoni. Ces industrieux Celto-Ligures cultivent une plante qui lors de la empereur romain avec toge bleuefloraison, originale car hivernale, couvre de bleu les collines du pays. Les indigènes en tirent dans leurs ateliers tinctoriaux un colorant végétal bio et naturel selon un procédé confidentiel, original et copyrighté qu’ils refusent de communiquer. Aux teintureries sont adjointes des activités de filature et de tissage qui font de la vallée de Dardennes, au début de notre ère, un petit centre industriel à la renommée régionale. Les Romains, pendant quelques décennies, en sont réduits à troquer uniquement les étoffes déjà teintes de ce bleu intense, nommé plus tard par les peintres « bleu revestois », que les Comoni commercialisent déjà de Nikaïa à Massilia.

Plus bleu que le bleu de tes yeux

Une petite précision : on nous a maintes fois seriné que l’industrie tinctoriale de la pourpre, réservée aux empereurs romains, était à l’origine de la fondation de Toulon, avec sa teinturerie à l’embouchure du Las, son eau si pure et si abondante à la source Saint-Antoine, dédiée alors au Dieu Telo,et tutti-quanti, vous connaissez l’histoire. Enfin, on vous a raconté l’histoire. Car le truc du murex, c’était du pipeau : on n’en a jamais retrouvé dans cette partie de la Méditerranée. Garanti sur facture : absolument aucune trace à Toulon de murex mort ou vif. Et pour cause ! La couleur bleue était inconnue de l'humanité au moins jusqu'à l'Antiquité. En effet, le mot bleu n'est pas retrouvé dans les langues et textes anciens, sauf dans la civilisation égyptienne. On ignore s'il s'agit de daltonisme ou simplement d'une absence de sensibilité à cette couleur, peu présente dans l'environnement humain de l'époque. Ce que les Romains appellent « Pourpre » et réservent en un premier temps à leurs empereurs et assimilés, c’est le bleu revestois.

Les dirigeants romains, en particulier les empereurs qui se succèdent à la vitesse grand V, commencent à s’intéresser sérieux aux étoffes bleues du Revest. Ils exigent de maîtriser toute la chaîne de fabrication par une intégration verticale de toutes les activités, depuis la culture des iris jusqu’à la merchandisation des étoffes et des vêtements en prêt-à-porter.

Ils essaient d’abord de neutraliser les terminaux de vente à Nikaïa, Olbia et Massilia. Mais si les Romains étaient bons commerçants, ça se saurait. Échec sur toute la ligne. Ils tentent alors de couper les axes de communication en bloquant les ports. Sauf qu’ils ne sont pas bons marins et leur filet laisse passer les pirogues de livraison qui parviennent toujours à destination.

La guerre des deux pourpres

Dorénavant, une seule option s'offre à l’empereur Romain pour s’approprier l’iris bleu du Revest : la guerre terrestre. Ah ! Ma qué voilà enfin une discipline où les Romains sont les maîtres. C’est ce qu’on appelera La Guerre éclair des Deux Pourpres. (On rappelle que les Romains étaient génétiquement Daltoniens). Un matin de septembre, près avoir suivi l’A8 (la via Aurelia, qu’ils disaient) en provenance de Cimiez, l’armée romaine vire plein Sud à Turris (aujourd’hui, Tourves), et empruntant les drailles des sambles que prendront l’armée de Grignan en 1707 puis les Turcos en 1944, ils déboulent en haut de la carrière et s’emparent du Revest. Classique.

Après avoir vainement essayé d’extorquer les secrets de fabrication aux maîtres teinturiers Comoni, les Romains, qui causaient pas beaucoup estranger, se résolvent à arracher les rhizomes d’iris des collines revestoises dans l’objectif de les replanter chez eux, dans un territoire où ils pourront les étudier en détail et les exploiter loin de ces terres tumultueuses des Comoni. Et ce qu’ils ne pourront transporter vers leurs péniches qui attendent au port, ils le brûlent, oui oui oui, ils mettent le feu aux collines. Sauf que ça prend pas beaucoup, parce que en ce temps-là, toutes les terres étaient bien entretenues, désherbées, débroussaillées.

Et c’est ainsi qu’Octave qui se faisait appeler Auguste, tout content d’avoir raflé 3 barquettes d’iris aux Comoni, fit inscrire le nom de cette tribu sur la liste des peuples vaincus au Trophée de La Turbie. En -6 av. J.C.
Bon, maintenant, vous savez.

Le culte marial et le bleu de Marie

On n’entend plus beaucoup causer des Comoni pendant un bout, ils ont juste continué à vivre tranquilou dans leurs collines, tout habillés de bleu, sans trop s’occuper des autres. Avec de temps en temps un regain d’intérêt, comme vers le Ve siècle de notre ère, pour les teintures bleues de Revest.

Blason marialBlason marial
Connaissez-vous Notre-Dame de Pépiole, non loin du Revest, au pied de la colline de Six-Fours ? Dès l’origine, cette chapelle dépend de l’abbaye de Saint-Victor de Marseille. L’abbaye a été fondée vers 416 par saint Jean Cassien. Or, Cassien a beaucoup voyagé en Orient : Bethléem, Constantinople, Alexandrie. De ses séjours dans les monastères égyptiens du désert, il a rapporté les principes des institutions monacales. C’est lui l’inspirateur de la liturgie gallicane, d’origine orientale qui s’opposait à la romaine. Si l’on y ajoute que le concile d’Ephèse en 430 se détermine sur la nature de la Vierge et initie le culte de Marie, on rejoint l’affirmation de grands voyageurs : Notre-Dame de Pépiole est la réplique de la chapelle de la Vierge d’Ephèse, ville où Marie est née et aurait fini ses jours.

Cassien avait aussi rapporté d’Orient un modèle architectural et l’invention du culte marial en Occident : Pépiole y serait la première église dédiée à la Vierge. Et elle se situe à 3 encâblures des teinturiers Comoni. La conclusion est évidente : le bleu de Marie qui va équiper toutes les églises de la chrétienté est d’origine revestoise, c’est le « bleu revestois » des iris de nos collines.

Et les Sarrasins dans toussa ?

Là, nous n’avons trouvé aucune preuve, mais nous allons faire comme tous les autres : les inventer. Nous pouvons amalgamer un certain nombre de coïncidences toutefois qui pourront appuyer notre démonstration.

  • Comme la Tour du village est dite « Sarrasine » de par la tradition orale, on peut on déduire que ce sont les Sarrasins qui l’ont édifiée.
  • Le bleu revestois est celui produit à partir de l’iris unguicularis des botanistes, que l’on appelle vulgairement aujourd’hui l’Iris d’Alger. C’est bien la preuve que les Sarrasins sont repartis chez eux après avoir razzié le pays, en dérobant notre trésor le plus précieux : ils ont surchargé leurs drakkars de rhizomes d’Iris Bleus du Revest et ont acclimaté le Végétal Revestois chez eux, là-bas, sur l’autre bord.
  • Et puis surtout, vous avez déjà vu des photos des Hommes Bleus du désert : c’est aussi notre traditionnel habit bleu revestois qu’ils ont importé chez eux.

Ensuite, aux temps modernes, on peut tout imaginer. Même le grand Vincent dans notre village de peintres.

Alors, vous voyez bien, maintenant, qu’il existe une tradition revestoise quasi authentique de la culture de l’Iris Bleu.

Sources

Telo, Ragas, Foux ... (private joke)

Références

Vu qu’on y était pas, on peut pas garantir que ça s’est passé comme ça. Toutefois, d’autres historiens ont rapporté les mêmes faits, mais ils sont peut-être aussi affabulateurs que nous. Allez savoir …

  • le nom de Toulon est dérivé du dieu des eaux Telo qui était honoré près de la source qu’on appelle Saint-Antoine. Selon André-Jean Tardy : De Telo à Amphitria
  • les Romains ont créé un port à l’embouchure du Las
  • et une teinturerie pour produire de la pourpre, même si on n’a pas trouvé ici de trace de murex (pas de coquilles anciennes ou récentes)
  • Octave-Auguste s’est glorifié sur le trophée de la Turbie d’avoir vaincu le peuple Comoni qui devait se situer dans nos parages
  • Cassien a fondé l’abbaye Saint-Victor dont dépendait Notre-Dame-de-Pépiole au moment où le concile d’Éphèse lançait le culte marial. Et Pépiole pourrait être la première chapelle d’Occident consacrée à Marie.
  • Il n’y avait pas de mot pour « bleu » dans les langues antiques, on en a déduit qu’elle n’était pas perçue comme une couleur distincte par nos ancêtres.

Tout le reste de ce texte est pure invention. L’iris bleu n’a jamais été cultivé au Revest pour sa teinture. Aucune trace de Sarrasin dans notre histoire : on appelait sarrasine la herse qui fermait un pont-levis. Et selon ce qu’on en sait, Van Gogh n’a jamais mis les pieds au Revest.

iris Revest
https://comoni.org/pages/001-contes-et-legendes-les-iris-bleus-du-revest-fr.php
Le mystère des trains et gares fantômes du rail britannique | Slate.fr
Thu 29 May - 10:01

Par Guillaume Origoni

Les trains transportent quotidiennement plus de 22 millions d'individus en Europe, notamment pour relier les périphéries aux centres-villes. Le transport ferroviaire est plus que jamais un enjeu majeur de la mobilité urbaine et fait l'objet d'une demande croissante qui mobilise des investissements colossaux. Faire rouler un train coûte cher.

Train fantôme

Dans un même élan, nombreux sont les États européens qui ont peu à peu délaissé les lignes peu fréquentées et non rentables. Depuis une quinzaine d'années, tout ce petit monde se gratte la tête pour savoir comment exploiter à nouveau ce réseau secondaire et tertiaire. Il manque clairement des trains, ce qui explique pourquoi la plupart sont pris d'assaut par les usagers. Pour mobiliser les capitaux manquant à satisfaire cette demande, on exploite de nouvelles lignes et on réhabilite celles où les besoins sont patents.

À rebours de cette tendance générale, il existe au Royaume-Uni des lignes de chemin de fer sur lesquelles circulent des trains de voyageurs complètement vides. C'est l'étrange constat qui a été fait par certains aficionados de convois ferroviaires. Ce petit groupe de personnes ferrovipathes, souvent appelées «trainspotters» (littéralement «observateurs de trains»), ont pour passe-temps l'établissement de listes qui recensent les heures de passage, les modèles, la typologie des trains qu'ils guettent avec la régularité du coureur de fond.

Des gares fantômes, mais pas totalement à l'abandon

Les chasseurs des «trains fantômes» britanniques constituent un sous-groupe de trainspotters exclusivement dédié à ce mystère. Lorsque Amanda Ruggeri, journaliste pour BBC Future, a eu vent de cette énigme en 2015, elle se tourne alors vers les figures emblématiques des «ghost trains hunters»: Tim Hall-Smith et Liz Moralee. Ces quinquagénaires joviaux donnent d'autres informations étonnantes. Tout d'abord, il est très difficile d'acquérir des billets pour circuler dans les ghost trains. Les distributeurs automatiques ne les délivrent pas et les agents commerciaux du rail britannique, derrière leurs guichets, n'en ont jamais entendu parler.

Autre curiosité, les gares desservies tout au long de ces lignes insolites, sont des stations spectrales. Amanda Ruggeri prend pour exemple le train qui traverse la campagne du Yorkshire de l'Ouest, de Leeds vers la petite ville de Snaith, dans le nord de l'Angleterre. «La gare de Snaith est une gare fantôme. […] Il n'y a pas de distributeurs automatiques de billets à la gare. Il n'y a pas non plus de guichets, de stations de taxis, ni de commerces.»

Ces gares, où personne ne monte et personne ne descend des convois, sont le plus souvent totalement désertes. Il arrive aussi que les trains ne s'arrêtent jamais dans certaines d'entre elles. Pourtant, elles sont entretenues et ne présentent que très peu les stigmates de l'abandon: végétation invasive, vitres cassées, tags et bouteilles de bière amassées çà et là. Qui donc prend soin de ce dispositif interurbain constitué d'automotrices, de wagons et autres quais de gare? Et pour répondre à quels besoins?

Aller simple vers l'irréel

Circuler dans les trains fantômes britanniques est un mérite que seuls quelques trainspotters comme Tim et Liz ont pu acquérir grâce à leur passion et leur persévérance. Ils ont commencé par chasser les trains fantômes en 1993, avant d'y prendre place comme uniques passagers et devenir les meilleurs connaisseurs des gares fantômes qu'ils cherchent avec patience. À ce jour, ils en ont déniché respectivement quarante-et-une et trente-deux, la plupart répertoriées sur leur site internet.

Leur plus grand souvenir reste l'arrivée à la gare de Berney Arms, dans le Norfolk, dans l'est de l'Angleterre. «C'est sans doute l'un des endroits les plus fous que nous ayons jamais visités, raconte Tim Hall-Smith à Amanda Ruggeri. Il n'y a pas de mots pour décrire à quel point cet endroit est isolé.» «La route la plus proche était à cinq kilomètres; les seules structures à proximité étaient un pub aux volets fermés et un vieux moulin à vent», complète la journaliste anglaise à propos de la gare «la plus perdue d'Angleterre» et la moins utilisée du Royaume-Uni en 2019-2020.

Tels deux Don Quichotte voyageant de concert sur les lignes oubliées du territoire britannique, les voilà en rase campagne sans possibilité de retour, car les horaires des trains fantômes ajoutent une bizarrerie supplémentaire dans un tableau déjà complexe. En effet, lorsque vous avez votre billet en main, notamment grâce aux instructions disponibles sur le site de Tim et Liz, il n'est pas rare qu'aucun trajet retour ne soit prévu dans la même journée.

Les fréquences de passage sont inadaptées aux attentes élémentaires que tout voyageur moderne peut exiger. Ainsi, un train fantôme peut proposer pour une même ligne un départ à 15h03 tous les jours, sauf le week-end, mais seulement deux retours hebdomadaires, dont un le samedi. D'autres lignes mettent à disposition des passagers un aller simple bihebdomadaire à 5h12. Les chasseurs de gares fantômes prévoient donc que des amis puissent les reconduire chez eux après une exploration!

Un wagon de théories complotistes

Des années durant, le mystère qui entoure les trains et les gares fantômes a alimenté de nombreuses théories du complot: ces trains circuleraient pour simuler une évacuation massive des habitants vers les campagnes. Parfois l'hypothèse inverse est avancée: le gouvernement voudrait se débarrasser des populations rurales et concentrer la majeure partie de la population dans les villes.

Il a aussi été écrit sur les forums que les ghost trains ne seraient que la partie visible d'un vaste plan visant à déporter la population, ce qui expliquerait l'entretien de milliers de petites gares aujourd'hui inactives. D'autres esprits particulièrement éveillés et foncièrement analytiques optent pour un entraînement au tir sur des cibles en mouvement depuis des satellites armés.

«Ces convois quasi vides et aux horaires improbables n'ont qu'un seul objectif: éviter la fermeture officielle d'une ligne ferroviaire.» (La journaliste britannique Amanda Ruggeri, dans un article de 2015 pour la BBC)

Mêlant le vrai et le faux, une nouvelle théorie émerge et agrège un faible consensus. Si les convois circulent à vide, c'est pour maintenir en état des lignes de chemin de fer réservées au gouvernement et aux parlementaires en cas de guerre.

La réalité est plus simple et moins sensationnelle. Tout ceci était documenté avant le travail de la BBC, mais c'est bien à Amanda Ruggeri que revient le mérite d'avoir expliqué et diffusé la vérité sur les trains fantômes britanniques.

«Officiellement appelés “trains parlementaires”, ces convois quasi vides et aux horaires improbables n'ont qu'un seul objectif: éviter la fermeture officielle d'une ligne ferroviaire. […] Historiquement, une loi du Parlement était nécessaire pour supprimer une ligne. Aujourd'hui, bien que la réglementation ait évolué, le processus reste long et politiquement sensible. Avant toute fermeture, une évaluation d'impact est requise, suivie d'une consultation publique de douze semaines. Le projet doit ensuite être validé par l'Office du rail et de la route [l'agence gouvernementale de régulation du transport ferroviaire au Royaume-Uni, ndlr].»

Les trains fantômes britanniques ne sont en fin de compte rien d'autre que des «trains parlementaires». C'est moins sexy, mais cela n'occulte pas la propension que nous avons à coconstruire des récits qui, peut-être, deviendront les légendes futures. Cela n'empêche pas Tim, Liz et le reste de ces trainspotters très singuliers d'occuper les nombreuses places libres de ces trains un peu spéciaux.

Fantôme Train
https://www.slate.fr/societe/la-verite-est-ailleurs/mystere-trains-gares-fantomes-rail-britannique-chasseurs-ghost-stations-trainspotters-theories-complot-transport-ferroviaire-lignes-royaume-uni
Comment la Bretagne a-t-elle réussi, pendant des siècles, à ne pas être rattachée à la France? | Slate.fr
Mon 12 May - 10:14

Nous sommes en 1500 après Jésus-Christ. Le royaume de France s'étend, repoussant ses frontières de tous les côtés… Tous? Non! Car un territoire peuplé d'irréductibles Bretons, pas encore officiellement rattaché au royaume, résiste encore et toujours à la couronne de France.

Gwen ha du

Avec le beurre demi-sel, c'est l'une des particularités de la Bretagne. Pendant plus de mille ans, la péninsule armoricaine a tenu son indépendance, plus que n'importe quelle autre province française –même la Bourgogne, tombée face à la centralisation monarchique. Cette résistance bretonne hors du commun, qui s'achèvera (selon les traités) par son rattachement à la France en 1532, n'est pas le fruit du hasard.

Forteresse naturelle et palets bretons

Pour résister à l'une des puissances les plus redoutables d'Europe (oui, la France), la Bretagne a pu compter sur un paramètre: sa géographie. Située à l'extrémité occidentale du territoire français, bordée par l'océan Atlantique sur trois côtés, la Bretagne est une péninsule à la fois ouverte sur le large et protégée du continent. Avec son relief tourmenté et ses forêts profondes, la région est un véritable bastion naturel, presque inaccessible et encore plus difficile à envahir. De quoi freiner les ambitions d'encombrants voisins.

Dès les VIIIe et IXe siècles, les Bretons ont résisté à l'expansion des Carolingiens –qui n'ont jamais dominé la région de façon continue–, en exploitant leur géographie, mais aussi une technique redoutable: le harcèlement. À l'époque, les clans locaux, issus des premières vagues d'immigration galloise, ne pouvaient pas miser sur une armée unifiée, mais plutôt sur leur mobilité et leur connaissance du terrain. Tous les ingrédients étaient là pour une guérilla meurtrière: Pépin le Bref (roi des Francs entre 751 et 768), Charlemagne (roi puis empereur entre 768 et 814) ou encore Louis le Pieux (814-840) s'en mordront les doigts… à coups de palet breton en guise de bourre-pifs.

Face à la menace de la puissance française, qui lorgne constamment sur leurs terres (et probablement sur leur kouign-amann, parce que c'est vraiment bon), les ducs de Bretagne ont toujours su équilibrer les débats…

Cette géographie particulière et cette capacité à résister aux peuples voisins poseront les jalons de l'esprit d'indépendance qui caractérise les Bretons. Un sentiment identitaire qui passera aussi par une spiritualité singulière, héritage des premiers moines gallois, persécutés par les envahisseurs anglo-saxons et arrivés en Armorique dès le Ve siècle. Ces croyances renforceront l'identité locale et contribueront à l'émergence d'un véritable clergé breton, autonome dans sa vision et dans ses pratiques.

Autonomie et diplomatie

Résister, c'est bien. Mais pour durer, il faut s'organiser! C'est exactement ce qu'a fait la Bretagne, qui se dote, dès le IXe siècle, de ses propres institutions. Elle devient un royaume, puis un duché muni d'une souveraineté réelle. Les ducs de Bretagne frappent leur propre monnaie, lèvent l'impôt, rendent la justice et mènent leur diplomatie. La Bretagne médiévale dispose même de son Parlement, d'une chancellerie, d'une université à Nantes et d'une armée. Pas de quoi rougir.

Alors, certes, les ducs de Bretagne doivent de temps à autre rendre hommage au roi de France, histoire d'être peinards. Une formalité féodale, qui ne bride que très peu leur indépendance. Et quand il faut ruser ou entrer dans le jeu des intrigues diplomatiques, la Bretagne sait également y faire.

Face à la menace de la puissance française, qui lorgne constamment sur leurs terres (et probablement sur leur kouign-amann, parce que c'est vraiment bon), les ducs de Bretagne ont toujours su équilibrer les débats… Quitte à se placer au cœur des rivalités franco-anglaises, pour en ressortir d'autant plus autonomes. François II, dernier duc de Bretagne (entre 1458 et 1488), a par exemple multiplié les tractations avec la Bourgogne, l'Angleterre, l'Empire germanique et même le Danemark pour contrebalancer la pression de Louis XI, puis de Charles VIII. Une stratégie que poursuivra sa fille, Anne, jusqu'à la fin.

Ultime sursaut

Dernière figure d'une Bretagne souveraine, celle qui est communément nommée Anne de Bretagne a été mariée successivement à deux rois de France: Charles VIII en 1491, puis Louis XII en 1499. Elle passera sa vie à tenter de garder la main sur son duché, pour en préserver les privilèges. Le sort ne lui sera pas favorable. Aucun de ses fils ne survit et à sa mort en 1514, la Bretagne entre dans une nouvelle ère.

Après des décennies de luttes, les États de Bretagne signent finalement l'union au royaume de France, le 7 août 1532. La suite inévitable, après les mariages royaux. Pour autant, le duché, devenu français, conserve des privilèges et surtout son fort esprit d'indépendance. Loin d'être une soumission totale, ce rattachement n'a pas dissous l'identité bretonne –loin de là. Les révoltes, qu'elles soient fiscales ou religieuses, ont souvent, par la suite, ébranlé le royaume. Comme un enfant turbulent, qui a du mal à s'adapter à sa fratrie.

En retardant son intégration pendant des siècles, la Bretagne a renforcé son identité, gardant toujours un (petit) orteil du pied hors du royaume. Et s'ils ont fini par accepter d'être Français… c'était avant tout à condition de rester Bretons!

Bretagne
https://www.slate.fr/societe/lexplication/bretagne-siecles-independance-royaume-france-histoire-ducs-bretons-anne-autonomie-souverainete-resistance-lutte-geographie-identite-diplomatie
OQTF à Saint-Pierre et Miquelon
Tue 15 Apr - 20:38

Une publication de la collectivité territoriale de Saint-Pierre et MiquelonUne publication de la collectivité territoriale de Saint-Pierre et Miquelon

La collectivité lance une campagne de communication dans laquelle elle détourne « le terme connoté négativement d’OQTF » pour mieux valoriser la qualité de vie dans l’archipel et attirer de nouveaux habitants.
Ici, on compte 146 jours de pluie et de neige par an. Et pourtant, chaque jour est une promesse de bonheur.

Saint-Pierre-et-Miquelon n’a rien d’un exil. C’est un refuge pour les âmes libres, un terrain d’expression pour les artistes, un laboratoire de résilience pour les passionnés..

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Invention de la fourchette : histoire d’une révolution sociale | National Geographic
Wed 9 Apr - 14:22

L’histoire de la fourchette pourrait paraître futile. Il n'en est rien. C'est en réalité un récit de pouvoir, de privilèges et d'un désir de raffinement.

La fourchette est l’un des ustensiles les plus communs. Si ordinaire, si innocente, que peu d'entre nous la considèrent. Mais, durant des siècles, la fourchette était condamnée, vue comme un symbole de décadence, de mauvaise morale et d’arrogance sociale.

L’introduction de la fourchette à travers l’histoire a drastiquement changé la manière de manger et était source de divisions à table. PHOTOGRAPHIE DE Rebecca Hale, Nat Geo Image CollectionL’introduction de la fourchette à travers l’histoire a drastiquement changé la manière de manger et était source de divisions à table.
PHOTOGRAPHIE DE Rebecca Hale, Nat Geo Image Collection

Durant la majorité de notre histoire, les doigts étaient les seuls ustensiles que la nature nous avait donnés. Les couteaux coupaient la viande, les cuillères servaient à boire la soupe mais les mains complétaient l’action de se nourrir. Pour la fourchette, en revanche, ce fut une autre histoire. « L’introduction de la fourchette reflétait et, en même temps, a accéléré une série de changements profonds dans la culture alimentaire et dans les habitudes de table », explique Lucia Galasso, anthropologue basé à Rome, spécialisée dans l’alimentation. L’ustensile a instauré un procédé d’alimentation plus complexe et plus raffiné. Un changement qui n’était pas toujours le bienvenu.

Le périple de la fourchette, d’instrument interdit à ustensile universel révèle l’immense pouvoir culturel que peuvent porter les objets, même les plus simples. Depuis ses débuts controversés à la cour de l’Empire byzantin jusqu’à son association notable à l’élite italienne durant le 16e siècle, la fourchette a fait scandale. Son introduction n’était pas seulement une affaire d’innovation culinaire mais a entraîné un bouleversement culturel important, aux répercussions tenaces sur les interactions sociales et les habitudes de table, qui ont nourri de nombreux débats sur ce qu'« être civilisé » voulait vraiment dire.

Des découvertes archéologiques suggèrent que des instruments semblables aux fourchettes existaient dans l’ancienne Égypte, ainsi qu’en Grèce et à Rome. Ces ustensiles étaient cependant principalement utilisés lors du service et de la cuisine, et non pour se nourrir. Les banquets romains, par exemple, comportaient souvent une argenterie élaborée mais les hôtes mangeaient à l’aide de leurs mains, employant parfois des couteaux ou des cuillères.

« Durant des siècles, l’Homme s’est servi de ses mains pour amener les aliments à sa bouche », explique Lucia Galasso. « C’est sûrement pour cette raison que le besoin d’une fourchette n’était pas aussi important que celui d’un couteau ou d’une cuillère. En fait, la fourchette est arrivée en dernier et son usage était d’abord sporadique avant son adoption définitive vers le milieu du 19e siècle. »

La préférence d’une alimentation qui reposait sur l’usage des mains n’était pas seulement pratique, elle était également ancrée dans la culture. À travers l’Europe, il était commun de manger dans des plats communaux. Les mains et les couteaux, seulement utilisés pour couper et partager la nourriture, renforçaient la proximité et l’expérience partagée à table.
Bien que les fourchettes étaient principalement utilisées pour cuisiner et servir la nourriture dans les anciennes ...

C’est au 11e siècle qu’a eu lieu le premier scandale d’importance concernant la fourchette. La princesse Maria Argyropoula, issue d'une noble famille de l’Empire byzantin, épousa le fils du doge de Venise et, lors de son fastueux mariage, sortit une fourchette en or à deux dents et s’en servit pour porter la nourriture à sa bouche.

Peu après cet événement, un membre du clergé de Venise condamna publiquement cet acte lors d’un sermon passionné. « Dieu, dans sa sagesse, a donné des fourchettes naturelles à l’homme : ses doigts », a-t-il déclaré. « C’est donc L’insulter que de se servir de fourchettes de métal. »

Aux yeux du clergé, la fourchette n’était pas qu’inutile, elle représentait un affront à l’ordre divin. Se servir de ses mains, c’était ainsi que l’on devait se nourrir, tout comme le Christ et ses disciples s’étaient nourris lors de la Cène. Interposer un objet de fabrication humaine entre la main et la bouche bouleversait un acte naturel et sacré.

La montée en puissance de la fourchette parmi les hautes classes sociales durant le 11e siècle laissa un goût amer dans la bouche des dirigeants religieux et des puristes. Le clergé craignait qu’elle ne symbolise un bouleversement dangereux au sein de la société, notamment dans l'équilibre entre l’alimentation, le pouvoir et les us.

Les dirigeants religieux ne pouvaient également pas ignorer la ressemblance frappante entre la fourchette et la fourche du Diable. À une époque où Satan était souvent représenté tenant une fourche à trois ou quatre dents, la ressemblance avec la fourchette était troublante.

Selon Lucia Galasso, la réticence de l’Église vis-à-vis de la fourchette témoignait aussi des peurs profondes liées à la richesse, l’indulgence et au déclin de la morale. « L’Église prêchait la simplicité à table », explique l’anthropologue. « Les mains étaient considérées comme des connexions directes et humbles à la nourriture, une chose que riches et pauvres avaient en commun. La fourchette, en contraste, était un emblème d’excès, un symbole de vanité aristocratique. »

Avant l’arrivée de l’ustensile à dents, se nourrir, c’était se salir les mains, littéralement. « Les tables médiévales étaient chaotiques mais structurées par la négociation sociale », explique Ken Albala, professeur d’Histoire à l’université du Pacifique à Stockton, en Californie. « Il fallait plonger les mains dans des plats partagés et prendre ce que l’on souhaitait, c’était une connexion physique avec la nourriture et les convives. Dîner était un acte intime, on touchait vraiment les mêmes aliments que ceux qui nous entouraient. » Même la royauté embrassait cette pratique, partageant directement des plats communs et des services énormes, renforçant les liens à travers l’acte primitif et salissant de se nourrir.

L’arrivée de la fourchette a cependant creusé un fossé qui a divisé les tables. La nourriture n’était plus chaleureusement partagée à la main. À la place, elle est devenue un objet à percer, à contrôler, à manipuler. Ce n’était pas seulement la nourriture qui était piquée par les dents de la fourchette, mais la tradition. Et, pour les riches et les puissants, c’était le nerf de la guerre. Les aristocrates d’Europe et les riches marchands se sont vite jetés dans les bras de la nouvelle fourchette, vantant sa sophistication et s’en servant pour tracer une frontière entre eux et les fidèles à cinq doigts.

Malgré les efforts mis en œuvre pour miner sa réputation, la fourchette a fermement planté ses dents dans les tables de la haute société, au sein de l’élite européenne. Son statut en tant que symbole aristocratique n’a fait qu’attiser le ressentiment du clergé et du peuple.

Les cercles d’aristocrates de la Renaissance italienne ont adopté la fourchette plus tôt que les autres régions européennes. Cela est dû à leur exposition aux pratiques raffinées d’alimentation des cultures byzantines et arabes. La cuisine italienne elle-même évoluait vers des plats qui demandaient une manipulation plus précise et plus délicate. Des plats comme des pâtes, des préparations de viandes élaborées, des fruits préservés dans du sirop et des friandises sucrées sont rapidement devenus à la mode, rendant la fourchette non seulement pratique mais bien indispensable. Elle a permis une transition vers des plats à consistance plus sèche, influençant directement à la fois les pratiques culinaires et de présentation.

Cette évolution culinaire se déroulait en parallèle de plus grands bouleversements culturels et contribuait à une expérience d’alimentation plus structurée et plus formelle. « [La fourchette] a changé ce qui était considéré comme un acte animal basique : se nourrir » explique Ken Albala. « Elle a créé des frontières individuelles autour des repas, reflétant un changement social profond vers la formalité, l’espace personnel et le contrôle de soi. »

Une actrice clé de la popularisation de la fourchette fut Catherine de Médicis, née dans une influente famille florentine, les Médicis. Lorsqu’elle épousa Henri II en 1533, elle n’apporta pas simplement avec elle la gastronomie italienne, elle introduisit également tout un éventail de bonnes manières, de règles de bienséance et de coutumes en matière d’argenterie, dont la fourchette faisait partie. Comme l’a précisé Lucia Galasso, bien que les fourchettes aient alors déjà fait leur entrée parmi l’aristocratie française, la présence de Catherine de Médicis a affermi et popularisé leur usage. Ses banquets somptueux et l’importance qu’elle accordait aux manières raffinées ont transformé l’ustensile, le faisant passer de nouvelle curiosité à symbole d’élégance, de raffinement et de distinction sociale dans les cercles de l’aristocratie française.

Même avec le soutien des nobles, l’acceptation de la fourchette fut lente et inégale. Les hommes lui ont offert une résistance tenace en Angleterre et dans les territoires du début de l’Amérique. Les fourchettes étaient considérées comme n’étant pas masculines, une frivolité inutile qui séparait les repas de l’acte réel et physique de manger. « Henri III a été source de moqueries lorsqu’il utilisait une fourchette, on lui disait “Évidemment que vous utilisez une fourchette, vous vous habillez comme une femme” », explique Ken Albala.

Mais alors qu’augmentaient les demandes de plats, coupes et ustensiles individuels sur la table des nobles, la fourchette est devenue plus qu’un simple couvert. Elle est passée au rang de symbole de statut social et d’instrument d’exclusion qui élevait les riches et les distançait des gens du commun.

« La fourchette n’a pas juste changé notre façon de manger », remarque Ken Albala. « Elle a changé notre comportement à table, nos interactions avec les autres et la manière dont nous pensons à la nourriture elle-même. C’était un outil de séparation, elle séparait les personnes de leur nourriture, entre elles et de leurs instincts les plus basiques. »

C’est entre les 17e et 18e siècles que la fourchette s’est répandue en dehors des élites, grâce à l’augmentation des échanges, de la mondialisation et à l’émergence de lieux de vie individuels. Les fourchettes étaient devenues des ustensiles courants en Europe et dans certaines parties de l’Amérique au 19e siècle, particulièrement en France et en Angleterre, où l’étiquette à table est devenue très formalisée.

Alors même que les fourchettes entraient dans l’usage quotidien, les rituels autour de leur manipulation ont continué à influencer la gastronomie. Les repas de l’époque victorienne, par exemple, étaient très stricts sur les usages du couteau et de la fourchette, inspirant des guides détaillés de la bienséance. Mais alors que la production de masse de fourchettes les a rendues accessibles à une plus grande partie de la population, elles ont commencé à perdre leur image aristocratique.

Ironiquement, c’est cette image raffinée de la fourchette qui contribue aujourd’hui à son déclin. « Cette idée de devoir utiliser la fourchette d’une certaine manière est en train de se perdre, comme les règles strictes de bienséance de l’époque victorienne », remarque Ken Albala.

Le paysage culinaire d’aujourd’hui revient vers ce que l’usage de la fourchette cherchait tout d’abord à éliminer : l’engagement tactile de la nourriture, la joie du partage et le plaisir animal de manger avec les mains. La cuisine de rue et les repas communaux gagnent en popularité en insistant sur les interactions directes, qui reposent sur le sens, avec la nourriture.

« Un tiers du monde continue de manger avec les mains », dit Lucia Galasso. « Et, dans la plupart des cas, les Occidentaux redécouvrent l’intimité et la connexion qui vient avec l’alimentation à la main. »

La fourchette a peut-être pris le pas sur nos instincts animaux mais notre insatiable appétit pour cette connexion reste fort. Après tout, l’acte de se nourrir a toujours été un langage universel qu’aucun instrument n’a jamais vraiment pu contrôler.

https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-bienseance-invention-de-la-fourchette-histoire-une-revolution-sociale
Pétaouchnok, Perpète les oies, Bab el Oued : d’où viennent ces expressions qui désignent le bout du monde ? | National Geographic
Mon 7 Apr - 16:58

Si certaines de ces expressions sont tirées de lieux réels, inutile de chercher les autres sur une carte : vous ne les trouverez pas. Mais alors, d'où viennent-elles ? De Manon Meyer-Hilfiger Publication 7 avr. 2025

Tataouine ! peut-être pas celui de Tunisie, quoique ...Tataouine ! peut-être pas celui de Tunisie, quoique ...

Inutile de chercher « Pétaouchnok » sur une carte : ce lieu, convoqué maintes fois pour désigner un ailleurs lointain et un peu flou, n’existe pas. L’expression, qui sonne comme une bourgade russe, serait apparue au 19e siècle, avec un mélange de deux mots désuets. « Péta » dériverait de « perpète », autrefois synonyme de bagne. On partait à « perpète » au bagne de Cayenne. Le sens aurait progressivement glissé pour indiquer un « trou perdu » où l’on allait mourir. Et « Shnock » veut dire « Stupide » en alsacien. Partir pour « Pétaouchnok », ce serait donc prendre un aller simple pour un « trou paumé », imbécile…

Ce n’est pas la seule interprétation possible des origines de l’expression - d’autres spécialistes affirment que « pétaouchnok » a été précédé par la formule « aller aux îles Pataoufnof ». Une expression raciste utilisée pour désigner un ailleurs « essentiellement peuplé de Noirs », selon le dictionnaire de l’argot du linguiste Gaston Enault. Les interprétations varient, une même idée demeure : « Pétaouchnok » est un endroit jugé finalement peu recommandable, inférieur, et difficile d’accès.

Voilà le point de départ des travaux de l’anthropologue Riccardo Ciavolella. Le chercheur s’est évertué à décortiquer quatre-vingt expressions qui désignent un ailleurs lointain dans son livre Pétaouchnok(s), du bout du monde au milieu de nulle part, et en a même fait une carte interactive. « Je voulais interroger le sens que l’on donne à ces endroits. Tous ces lieux désignent un espace flou, entre réel et imaginaire, et révèlent une opposition entre un centre et une périphérie » explique-t-il. Les exemples abondent. L’expression « Perpète les oies » ne raconte pas autre chose. On retrouve le « perpète » évocateur du bagne. « Les oies » rappellent les petits villages de campagne d’autrefois qui portaient des noms d’animaux. Allier bagne et milieu rural, ou comment créer l’image d’un lieu difficile d’accès chez les habitants des grandes villes...

Autre exemple : en France, quand on parle d’aller à « Bab El Oued », « Tataouine » ou « Tombouctou », c’est souvent pour dire que l’on va très loin, dans un endroit assez vague. Pourtant, ces lieux existent.

Si on les retrouve parfois au détour d’une phrase, c’est à cause de notre histoire coloniale : « Bab el Oued est l’un des principaux quartiers d’Alger (100 000 habitants, au sein d’une ville qui en compte 3 millions), tourné vers la mer Méditerranée, au pied des montagnes de l’Atlas » souligne Riccardo Ciavolella. « Tataouine est une ville de Tunisie qui hébergeait autrefois un bagne militaire, devenue célèbre pour la dureté des conditions de vie et des punitions infligées aux bagnards. Aujourd’hui, le bagne n’est plus, et Tataouine compte près de 70 000 habitants. » Tombouctou est quant à elle une cité ancienne du Mali, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO pour la richesse de son histoire.

C’est dire que l’expression pour désigner l’ailleurs dépend de l’endroit d’où l’on parle. Évidemment, à Alger, personne ne dit « Bab El Oued » pour évoquer un lieu distant… À chaque pays son « Pétaouchnok ». En Italie, il s’appelle « Canicattì». « Ce nom évoque pour les Italiens un lieu éloigné et perdu. Nombre d’entre eux ignorent qu’une telle ville existe réellement, en Sicile, et qu’elle est peuplée par 35 000 habitants. L’endroit a hérité de cette réputation de bout du monde parce qu’il est le terminus d’une ancienne ligne ferroviaire qui traversait toute l’Italie, du nord jusqu’au sud. L’expression reflète l’imaginaire de type semi-colonial qui se développe dans les régions urbaines et riches du Nord italien, qui considèrent le Sud comme la terre des "culs-terreux". Elle s’est répandue dans le langage familier dans tout le pays – sauf à Canicattì » explique Riccardo Ciavolella.

À Canicattì, on fait porter le chapeau du « trou perdu officiel» à une autre commune sicilienne : Carrapipi. « Nous sommes toujours le Pétaouchnok d’un autre » résume l’auteur. En langue fon du Bénin, le pays lointain et indéfini est Yovotomè, « le pays des Blancs ».

Certains « Pétaouchnoks » sont passé de mode, relégués aux oubliettes de l’Histoire. Qui se rappelle de « Mississippi-la-Galette » ? Sans doute pas grand monde : l’expression était pourtante courante au 19e siècle. « Le Larousse de 1898 notait qu’il s’agissait d’une "déformation plaisante du mot Mississippi et qui désigne un lieu vague, très éloigné". Ici, on trouve une connotation positive : la galette pouvait faire référence à l’argent, et le Mississippi était, pour les explorateurs français, l’un des emblèmes des terres fortunées d’Amérique » souligne Riccardo Ciavolella. L’époque où la France avait des territoires outre-Atlantique, autour du Mississippi, n’était alors pas si lointaine.

Quels seront les prochains « Pétaouchnoks » ? Difficile à dire, dans un monde où tout est de plus en plus proche, accessible en quelques heures d’avion – certaines étiquettes de « trou paumé » ont donc plutôt vocation à disparaître. Comme l’explique l’anthropologue, des offices du tourisme usent même de cette réputation à leur avantage, pour bâtir leur marketing territorial : « venez voir le bout du monde » clament-elles.

Ushuaïa, ville argentine installée sur la pointe la plus méridionale de l’Amérique du Sud, offre un exemple parlant. Cette ancienne colonie pénitentiaire s’est auto-proclamée « Fin del mundo » en jouant avec l’idée d’extrémité, pour le plus grand bonheur des touristes du monde entier. L’heure de la revanche des « Pétaouchnoks » du monde entier a sonné, pour le meilleur comme pour le pire.

https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-langage-populaire-explainer-petaouchnok-perpete-les-oies-bab-el-oued-ou-viennent-ces-expressions-pour-designer-un-bout-du-monde
Les Fingers vont (très bientôt) faire leur retour mais ils vont coûter beaucoup plus cher - HuffPost
Wed 2 Apr - 16:06

La disparition de ces biscuits anglais avait provoqué la stupeur. Ils seront de retour dans quelques jours dans les supermarchés (mais pas au même prix).

Les Fingers, qui avaient disparu des rayons il y a un, vont faire leur grand retour en magasinLes Fingers, qui avaient disparu des rayons il y a un, vont faire leur grand retour en magasin

Leur disparition en catimini avait causé un émoi considérable chez de nombreux gourmands. Les biscuits Finger, ces petites barres enrobées de chocolat qui avaient quitté les rayons gâteaux des supermarchés il y a environ un an, vont refaire leur apparition en magasin. Et très bientôt, confirme ce mercredi 2 avril au HuffPost l’entreprise qui a permis son retour.

C’est le groupe Bur Distribution qui a fait l’annonce. « Ils avaient disparu des rayons depuis mai 2024, laissant leurs inconditionnels sur leur faim… Bonne nouvelle : les Fingers sont de retour ! », y dévoile en fanfare la firme francilienne dans un communiqué.

À l’automne dernier, un article de Libération avait provoqué la stupeur en révélant que ces douceurs venues d’Angleterre qui garnissaient les étals français depuis plus de 40 ans n’étaient plus disponibles depuis déjà plusieurs mois. Malgré des enquêtes approfondies auprès des différents intermédiaires des producteurs aux distributeurs, impossible pour Libération ou encore Le Monde de savoir pourquoi les Fingers avaient disparu sans crier gare. Au grand désarroi de nombreux fans du biscuit.

Orange et caramel beurre salé

Le PDG de Bur Distribution, Ferréol de Bony, a flairé le bon filon au moment de la sortie de ces articles qui ont fait le buzz. « Comme l’ADN de ma société est de distribuer des produits d’épicerie fine et monde, je me suis dit que c’était une bonne opportunité », explique-t-il au HuffPost.

La distribution sera toutefois moins directe qu’auparavant puisqu’un intermédiaire anglais se charge de faire le lien entre Bur Distribution et Cadbury, la marque qui produit les Fingers. Conséquence du changement, les paquets vendus en France seront exactement les mêmes que ceux commercialisés outre-Manche, sans packaging spécifiquement français.

Ferréol de Bony promet par ailleurs qu’il n’y aura aucune différence de goût pour le gâteau traditionnel au chocolat au lait. Et annonce aussi des nouveautés. « Nous allons vendre deux nouveaux parfums, orange et caramel beurre salé », révèle-t-il. Ces deux goûts étaient déjà disponibles en Angleterre mais n’avaient jamais été vendus en France.

Le prix d’une boîte va doubler

Une autre différence un peu moins agréable, c’est le prix qui va presque doubler. La boîte de 114g va coûter 2,90 euros. « Nous ne sommes pas le producteur des Fingers, et depuis l’arrêt de la commercialisation en France, il y a eu une grosse hausse des prix du cacao. Or, les biscuits sont recouverts de chocolat », justifie le PDG de l’entreprise, qui ignore pourquoi les biscuits ont disparu des rayons il y a un an.

La célèbre boîte violette retrouvera le chemin des supermarchés à partir du 15 avril dans les enseignes de Carrefour et du groupe Casino (Monoprix, Franprix), ainsi que sur le site ericbur.fr. Et si vous ne trouvez pas les Fingers au rayon biscuits, pas de panique prévient Ferréol de Bony : ils pourraient être rangés dans la catégorie produits du monde. Les goûters vont enfin retrouver toutes leurs saveurs.

miam
https://www.huffingtonpost.fr/economie/article/les-fingers-vont-tres-bientot-faire-leur-retour-mais-ils-vont-couter-beaucoup-plus-cher_248300.html
Circumpolaire au mont Caume
Fri 17 Jan - 22:57

Le saviez-vous ? La terre est bien ronde !

Circumpolaire au mont Caume par Cécile Di CostanzoCircumpolaire au mont Caume par Cécile Di Costanzo

Qu'est-ce qu'un objet circumpolaire ?

Selon Wkipédia : Un objet céleste circumpolaire est un objet qui, depuis un endroit donné sur Terre, ne se couche jamais sous l'horizon. La rotation de la Terre fait qu'au cours du temps, les astres se lèvent dans le ciel, puis se couchent. Un astre circumpolaire est tel que sa proximité au pôle céleste fait qu'il ne disparaît jamais sous l'horizon. Si l'on se trouve à l'équateur, il n'y a pas d'astres circumpolaires, tandis qu'en étant aux pôles géographiques de la Terre, tous les astres visibles sont circumpolaires.

Comment prend-t-on une photographie circumpolaire ?

Comme la Terre tourne sur elle-même autour d'un axe qui est quasiment dans la direction de l'étoile polaire, il est possible de faire des photographies circumpolaires. Ces prises consistent à faire une très longue pose (de nuit) et ainsi observer la lente rotation des étoiles circumpolaires. Il faut utiliser un appareil photo réflex à objectif grand champ (environ 28 mm), le pointer vers l'étoile polaire et régler la sensibilité au minimum. Pour rendre la photographie encore plus belle, il est possible de composer l'image avec un sujet fixe (arbres, monuments…) dans le champ de l'objectif.

Il existe plusieurs techniques :

  • prendre une seule photo, avec une pose d'une durée de plusieurs dizaines de minutes à plusieurs heures. Plus le temps de pose sera long (maximum 6-7 h), plus les filés d'étoiles seront grands. Avec cette technique, il faut attendre la fin de la prise pour voir le résultat. Mais si le trépied bouge à un moment, toute la photo est ratée ;
  • une autre méthode existe et nécessite un temps de post-traitement informatique. À l'aide d'un intervallomètre, l'appareil photo prend en continu (par exemple pendant 1 heure) des photos à long temps d'exposition (par exemple 30 secondes). Les photos prises, souvent plusieurs centaines, sont ensuite fusionnées à l'aide d'un logiciel de traitement d'image afin d'obtenir l'effet « circumpolaire ». Il existe des programmes spécifique comme StarMax et StarStax. Si avec cette technique le trépied bouge ou que quelque chose vient ponctuellement perturber la vue, il suffit de remettre le trépied en place et il est possible d'éliminer la ou les images défectueuses. Il est en outre possible de redéfinir le début et la fin de la séquence, voire de monter toutes les photos prises en une vidéo time-lapse.
Revest
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Il suffit parfois de lever les yeux ...
Mon 18 Nov - 11:04

Sommet du Mont-Caume le 5 novembre 2024Treize vautours fauves ont fait escale au Revest, au sommet du Mont-Caume, entre les 5 et 7 novembre 2024.
Photo Cécile Di Costanzo

Cécile-Di-Costanzo Mont-Caume Revest vautour
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À Londres, un musée du design a laissé des enfants concevoir «leur» musée et c'est un franc succès | Slate.fr
Sat 16 Nov - 10:33

Le prix du Museum of the Year est le plus largement doté du secteur, ce qui en fait depuis 1973 l'un des plus convoités par les institutions culturelles. En juillet 2024, il était décerné au Young V&A (qui reçut un joli chèque de 140.000 euros), un an à peine après sa réouverture. Douze mois qui ont suffi au premier musée de l'histoire à avoir été développé en collaboration avec des enfants pour s'imposer comme un exemple à suivre.

Les photos du musée

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Tout a commencé il y a une poignée d'années par une question: «Que pensez-vous des musées?» L'agence de conseil britannique Beano Brain a recueilli l'avis un grand nombre d'enfants nés après 2015, à la demande du Victoria and Albert Museum, incontournable institution fondée en 1852 par la reine Victoria. Le verdict est tombé: 44% d'entre eux les jugeaient ennuyeux. Et le vénérable V&A Museum of Childhood, rejeton né en 1872, n'échappait pas à la sévère sentence.

Les musées prennent les enfants pour des boulets

Ce musée de l'enfance, finalement, tombait dans le même écueil que beaucoup d'autres: celui d'«aborder les enfants sous l'angle du déficit», selon la professeure Monica Eileen Patterson, directrice du département d'études curatoriales de l'université Carleton, à Ottawa (Canada). En d'autres termes, nous en avions déjà parlé, les enfants sont pris pour les idiots qu'ils ne sont pas. «Ils sont traités comme des fardeaux qu'il faudrait contrôler, des apprenants qu'il faudrait éduquer, des êtres pleins d'énergie, dotés d'une faible capacité d'attention, qu'il faudrait distraire.»

Sans compter que les activités proposées aux enfants sont rarement développées de leur point de vue, mais selon celui des adultes qui «fixent les règles et le cadre, […] demandent aux enfants d'imiter le travail d'artistes adultes, ou leur parlent […] d'œuvres créées par des adultes». En bref, force est de constater que jusqu'à la naissance du Young V&A, les musées avaient tout faux.

«Musée le plus joyeux du monde»

L'heure était grave. Que faire des 5.000 mètres carrés d'exposition du musée, de ses 2.000 œuvres illustrant le monde de l'enfance au fil de sept millénaires? Les cabinets d'architecture choisis pour mener à bien la mission se sont donc installés en résidence dans les murs du V&A Museum of Childhood. Puis ont imaginé un grand laboratoire participatif au sein duquel, dix mois durant, 22.000 enfants sont venus brainstormer avec eux à tour de rôle.

Toutes les propositions des muséographes en herbe ont été considérées avec sérieux. Le «Forum pour enfants» a imposé la nécessité de créer un lieu inclusif (entrée gratuite, ateliers et expositions aménagés pour un accès en fauteuil roulant), plein d'optimisme et de positivité, «tout en tenant compte des complexités des jeunes vies d'aujourd'hui», résume la directrice du Young V&A, Helen Charman.

Sine qua non de la survie

Les pratiques de cocréation et de co-conception ont permis de «débloquer et exprimer le potentiel créatif» du jeune public, tout en offrant un réétalonnage «du rôle du musée à une époque d'énormes défis mondiaux».

Le musée devait être ludique («le plus joyeux du monde», avaient conclu les jeunes consultants), mais également instructif et responsable. Pour Helen Charman, c'est le rôle des institutions de répondre aux questions que ces changements soulèvent: «Le dynamisme est le sine qua non de la survie –ou de l'insignifiance du risque.»

Le Young V&A affiche fièrement les résultats de sa politique zéro déchet: gravats du chantier, pots de yaourts ou meubles fatigués ont été recyclés puis transformés en tables d'atelier ou en plans de travail. Environ 17 millions d'euros ont été consacrés à la réinvention du musée, qui a duré trois ans.

À hauteur de bébé

Le musée dans son jus d'origine s'avérait plutôt austère: enfants et architectes ont donc planché sur les moyens de faire entrer la lumière et la couleur dans le bâtiment historique. Trois nouvelles galeries d'exposition, baptisées Play, Imagine et Design, donnent sur l'atrium central, désormais baigné de lumière naturelle, qui fait office d'immense espace de jeux. Un grand escalier en colimaçon ponctue son extrémité, surmonté d'un énorme globe réfléchissant inspiré des jeux d'illusion d'optique de la collection du V&A.

Le nom de chaque galerie s'affiche en immenses lettres capitales de couleurs vives (choisies par les enfants), chacune s'adressant à une tranche d'âge. Même les tout-petits ont droit à leur espace. Dans la galerie Play, le Mini Museum présente toutes sortes d'objets issus des collections, mais exposés de façon à stimuler les plus jeunes. Vitrines tactiles, objets réfléchissants et à hauteur des regards de visiteurs pas encore en âge de marcher, cadres et structures couverts de textiles doux, etc.

«S'il y a un objet étincelant à l'intérieur de la vitrine, il sera exposé dans un cadre étincelant», explique Helen Charman. «S'il est fait de marbre, alors les enfants pourront sentir la texture du marbre. Il y a aussi un arbre sonore qui donne vie aux objets», diffusant par exemple un bruit de pluie pour animer la reproduction d'une œuvre de David Hockney.

Plutôt qu'une scénographie statique, chaque espace opte pour une approche immersive et interactive, détaillant non seulement l'histoire des objets mais montrant aussi la façon dont ils ont été fabriqués. On trouve en outre trois espaces dédiés aux ateliers, une salle de lecture, une boutique dans le hall et un café.

À l'étage, la galerie Design met en lumière des objets innovants et des études de cas. Une cabane-atelier accueille designers ou artistes en résidence, tandis que l'Open Studio propose des défis de conception aux 11-14 ans: ceux-ci y développent notamment des objets qui sont ensuite fabriqués et vendus au sein de la boutique du musée.

Le «musée le plus joyeux du monde» ne se contente pas d'apporter de la joie à ses visiteurs: il invente de nouvelles façons de les faire participer et de pérenniser leur relation aux lieux et à sa mission. Plus d'exposition ennuyeuse ou de thème mal choisi: les enfants partagent leurs idées, décident des angles, expriment leurs souhaits et craintes.

Enfin écoutés et entendus, ils approuvent le résultat de cette entreprise pas comme les autres: depuis que les oripeaux du Museum of Childhood ont été remisés, le visitorat du Young V&A a triplé.

enfants musée
https://www.slate.fr/culture/musee-young-va-victoria-and-albert-museum-childhood-enfance-londres-design-enfants-adolescents-joyeux-reussite
En Italie, vous pouvez désormais acheter l'air du Lac de Côme en cannette - Var-Matin
Wed 6 Nov - 19:12

Le mot de Kat : vendre de l'air c'est pas vendre du vent ! Nuance...

Fatigué de ramener toujours la même chose de vos voyages? Exit les magnets ou autres cartes postales, cette agence de communication italienne a trouvé le nouveau souvenir incontournable.

ItalyComunia commercialise désormais des cannettes renfermant l'air du lac de Côme. Oui, elles sont vides.ItalyComunia commercialise désormais des cannettes renfermant l'air du lac de Côme. Oui, elles sont vides... Selon l'entreprise, chaque cannette contient 400ml "d'authentique air" du très chic lac italien. Et chaque pièce est vendue 9,90 euros.

Disponible seulement sur place

Un piège à touriste? Pour Davide Abagnale, un spécialiste marketing à l'origine de l'initiative, pas du tout. "Ce n'est pas un produit, c'est un souvenir palpable que vous portez dans votre coeur" a expliqué ce dernier à CNN.

L'entreprise affirme que cette cannette a vocation à "créer un souvenir qui peut être facilement transporté dans une valise pour les touristes" et est "quelque chose d'original, amusant et même provocateur."

Le site LakeComoAir, qui fait le promotion du produit, assure que la cannette contient un air "pur, du plus beau lac du monde" et qu'il est "Parfait pour ceux qui souhaitent redécouvrir la paix et l'élégance de ce coin de paradis, scellé dans une boîte."

Les cannettes ne sont pas disponibles en ligne ni à la livraison. Pour s'en procurer, il faut obligatoirement se rendre au lac de Côme et dans les boutiques qui le commercialisent: Côme, Menaggio et Lenno. Une façon, selon l'entreprise, d'encourager les touristes à se rendre au lac de Côme.

Alessandro Rapinese, maire de la ville, préfèrerait néanmoins que les touristes ramènent d'autres souvenirs de Côme, notamment des écharpes de soie, spécialité de l'endroit.

Mais pour l'édile, "si quelqu'un souhaite emporter un peu de leur air chez eux, cela ne pose pas de problème tant qu'ils emportent aussi de beaux souvenirs de cette région."

Air Italie
https://www.varmatin.com/insolite/en-italie-vous-pouvez-desormais-acheter-l-air-du-lac-de-come-en-cannette-955276
La célèbre Chouette d'or a été découverte après plus de 30 ans de chasse au trésor
Thu 3 Oct - 13:42

Pour la chercher, les chasseurs avaient entre les mains un livre renfermant 11 énigmes, qu'il faut résoudre pour découvrir l'emplacement secret. Personne n’y était parvenu depuis 1993.

Publié le 03/10/2024 11:00

Une réplique de la statue de la Chouette d’or. ROMAIN WEBER - FRANCE CULTUREUne réplique de la statue de la Chouette d’or. ROMAIN WEBER - FRANCE CULTURE

Le trésor a été déterré ! La Chouette d'or a été trouvée après plus de 30 ans de recherches, a annoncé le co-créateur du jeu, Michel Becker, sur le forum Discord du jeu, jeudi 3 octobre. L'objet découvert est la réplique de la chouette en or incrustée de diamants dont la valeur est estimée à 150 000 euros. Pour deviner son emplacement, les chasseurs avaient entre les mains un livre renfermant 11 énigmes à résoudre. Personne n'y était parvenu depuis 1993.

"Nous vous confirmons que la contremarque de la Chouette d'or a été déterrée cette nuit, simultanément avec un envoi de solution sur le système de vérification en ligne, précise Michel Becker. Il est par conséquent inutile de vous déplacer pour aller creuser sur l'emplacement que vous supposez être celui de la cache. Comme annoncé précédemment, nous vérifions la validité de la solution proposée."

La célèbre chasse au trésor avait été lancée en 1993 par Régis Hauser (alias Max Valentin) et Michel Becker. Ce dernier avait récemment relancé le jeu, en livrant de nouveaux indices aux chercheurs, rappelle Libération(Nouvelle fenêtre).

zhibou
https://www.francetvinfo.fr/decouverte/la-celebre-chouette-d-or-a-ete-decouverte-apres-plus-de-30-ans-de-chasse-au-tresor_6815966.html
À Châteauroux, le street artiste Asu donne des couleurs florales aux murs d'une ancienne usine - FranceInfo
Sun 22 Sep - 10:09

La fresque de Jimmy Alcala, alias Asu, a pris forme en deux mois. Le résultat composé de fleurs et de deux paons est à découvrir sur les murs de l'ancienne usine Harrys. Publié le 23/08/2024

La fresque de Jimmy Alcala, alias Asu, orne le mur des anciennes usines Harrys, à Châteauroux, Indre. FRANCE 3 CENTRELa fresque de Jimmy Alcala, alias Asu, orne le mur des anciennes usines Harrys, à Châteauroux, Indre. FRANCE 3 CENTRE

Entre ses mains, les murs reprennent des couleurs : Jimmy Alcala, alias Asu, a trouvé son épanouissement dans le street art. Durant tout l'été, muni de ses pinceaux et de ses pots de couleurs, il a réalisé sur les murs de l'ancienne usine Harrys une fresque monumentale à Châteauroux (Indre), sa ville d'origine.

Deux mois de travail sans relâche, encouragé par les habitants du quartier. "On est venu je ne sais pas combien de fois avec mon ami et puis, de temps en temps, on klaxonnait pour lui dire qu'on passait", raconte Annick qui a suivi toute l'avancée du projet.

Pour l'aider dans son ouvrage, Asu a pu bénéficier de l'aide de son père qui admire avec fierté le trajet parcouru par son fils. Ensemble, ils ont voyagé en Espagne, visité l'Alhambra et puisé l'inspiration dans toutes les cultures du monde.

Très inspirées par la calligraphie, ses œuvres s'ouvrent à toutes sortes d'influences culturelles. Mais le travail d'artiste d'Asu est avant tout une quête spirituelle, philosophique et introspective. "Je me suis pas mal cherché, je savais que je voulais travailler dans l'art et j'étais déjà connecté à mon monde intérieur, et j'ai rêvé qu'il fallait que je fasse de la calligraphie", confie-t-il.

Cette nouvelle fresque d'Asu s'étend sur plus de 250 m2. On y retrouve sa passion d'origine, la calligraphie, agrémentée des décors floraux et de deux paons qui semblent se saluer. "C'est la première fois que je fais du figuratif, normalement, mon travail s'articule autour de la calligraphie, de la géométrie et des ornements", rapporte le street artiste.

Désormais, l'arc-en-ciel d'Asu orne les murs de cette ancienne usine. Comme pour toute œuvre d'art urbain, seuls les assauts de la météo effaceront progressivement les couleurs pour faire place à un nouveau rêve.

fresque
https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/street-art/a-chateauroux-le-street-artiste-asu-donne-des-couleurs-florales-aux-murs-d-une-ancienne-usine_6737989.html
Pourquoi entend-on le bruit de la mer dans les coquillages? | Slate.fr
Sun 22 Sep - 09:55

Il y a fort à parier que vous ayez déjà effectué ce geste lors d'une balade sur la plage: coller votre oreille sur un coquillage pour entendre le fameux «bruit de la mer». C'est un doux murmure, un son lancinant semblable à un océan tumultueux, qui nous transporte instantanément. Comme si le coquillage gardait en mémoire le chant des vagues.

coquillage

Ce mythe a du charme, il faut le dire. Ici, on risque pourtant de briser quelque peu la magie. La sensation d'écouter la mer dans un coquillage relève en fait davantage du rêve éveillé. Tout est une question de structure de la coquille du mollusque… et de circulation sanguine.

Caisse de résonance naturelle

À y regarder de plus près, tout objet creux et cylindrique, que ce soit un coquillage, un verre ou même un bol, peut produire cet effet. Quand on pose un coquillage contre son oreille, on ne capte pas les échos des vagues lointaines, mais simplement les sons de son environnement qui se glissent dans la cavité du coquillage.

Ces sons sont ensuite réfléchis sur les parois lisses et dures de la coquille, et se trouvent ainsi amplifiés. Le coquillage n'est rien d'autre qu'un excellent amplificateur naturel. Ce qui résonne ici, ce n'est pas l'océan, mais plutôt les bruits ambiants.

Mieux, chaque coquillage produit un son unique. Sa forme va en effet moduler la fréquence des sons. Un coquillage plus grand? Attendez-vous à des sons plus graves. Une petite coquille? Vous aurez des bruits plus aigus, tout simplement. Pourtant, on a beau savoir tout ça, l'illusion est parfaite: ce son nous évoque irrésistiblement les vagues.

Quel lien avec la mer?

Pourquoi fait-on automatiquement ce lien? En plaçant le coquillage contre son oreille, on isole une bonne partie des bruits extérieurs. Ce silence partiel permet d'entendre plus distinctement un bruit très discret mais pourtant omniprésent: celui de notre circulation sanguine, notamment de nos oreilles.

Ce ronronnement apaisant n'est rien d'autre que notre sang qui circule dans nos veines et artères. En temps normal, le bruit environnant rend parfaitement inaudible cette circulation. Mais rappelez-vous: le coquillage est un amplificateur puissant, il le prouve ici encore. Certes, c'est un peu moins sexy que le bruit des vagues, mais la circulation sanguine est vitale pour notre corps. Ce n'est donc pas plus mal si on l'entend bien fonctionner.

Toujours pas convaincu? Faites le test. Éloignez et rapprochez légèrement le coquillage de votre oreille. Vous remarquerez distinctement des variations dans ce son. La preuve que ce bruit provient bien de vous et non pas de l'océan. Ultime argument: tendez l'oreille dans un verre ou dans un bocal, vous entendrez un son similaire. Bizarrement, personne ne parle du «bruit de la mer dans un bocal à cornichons»!

Le lien avec l'océan est de toute façon tout trouvé. Notre propre esprit associe directement le coquillage à la mer. Tout bruit qui surgirait de cette coquille vide ne peut être que celui des vagues.

Souvenir à emporter… ou pas

Qu'il reproduise le son de la houle ou non, il est tentant de ramener chez soi ce coquillage trouvé sur la plage, tout comme un joli galet. Mais ne vous en mettez pas plein les poches: la loi punit le ramassage de ces deux souvenirs côtiers.

En Normandie, par exemple, il est interdit de ramasser des galets depuis 1975. Ce n'est pas juste une drôle de lubie des autorités locales. Les pierres et les coquillages jouent un rôle crucial pour la santé des plages: ils sont les gardiens de la côte, stabilisent le sol et servent de bouclier naturel contre l'érosion. Sans eux, les côtes seraient beaucoup plus vulnérables aux coups de la houle.

Évidemment, les petites collectes passent souvent sous le radar. Mieux vaut pourtant faire attention, vous pourriez repartir avec une belle amende de 1.500 euros dans vos bagages. Un galet dans la poche, c'est sympa, mais un trou dans le portefeuille, ça l'est beaucoup moins.

mer
https://www.slate.fr/societe/lexplication/pourquoi-entend-on-bruit-mer-coquillages-plage-ocean-circulation-sanguine-coquille
En automne, pourquoi les feuilles des arbres sont rouges, orange ou jaunes - Huffington Post
Sun 22 Sep - 09:29

C'est l'un des plus beaux avantages de cette saison, mais sa raison est tout sauf esthétique pour les arbres dans la nature. Pourquoi les feuilles d'automne sont rouges, oranges ou jaunes?

Pourquoi les feuilles d'automne sont rouges, oranges ou jaunes?Pourquoi les feuilles d'automne sont rouges, oranges ou jaunes?

AUTOMNE - Les couleurs des arbres, voilà l'un des avantages de l'automne, qui démarre ce dimanche 22 septembre. Ce camaïeu de jaunes et de rouges en arriverait presque à ringardiser l'été et ses herbes séchées et le printemps bourgeonnant. Mais pourquoi? Pourquoi sentant le rude hiver arriver, les feuilles se parent ainsi de leurs plus beaux atours? La science s'est penchée sur cette question et a découvert comment les arbres avaient réussi à gagner une guerre qui dure depuis la nuit des temps.

Pourquoi les feuilles sont vertes? A priori, on apprend cela à l'école primaire : c'est la chlorophylle qui lui donne cette couleur. Il s'agit d'un pigment qui, lorsqu'il est présent en grande quantité dans les cellules végétales, domine. À l'automne, quand il y a moins de lumière et que les températures baissent, la chlorophylle disparaît. Certaines feuilles deviennent alors jaunes, orange et rouges.

Route d'AutomneRoute d'Automne

Dans le premier cas, la feuille devient jaune (voire orange) parce qu'en l'absence de la chlorophylle, d'autres pigments naturellement présents toute l'année dans la feuille, comme le carotène, s'affirment. Pour la couleur rouge, c'est un pigment nommé anthocyane qui est responsable. Il est produit par la feuille quand le taux de chlorophylle diminue.

Le rouge, une arme de défense

Cette couleur rouge n'est pas simplement belle à regarder, elle est aussi un moyen de défense contre les insectes. Chaque automne, le même spectacle recommence, les insectes sentent le vent tourner et décident d'aller passer l'hiver au chaud dans un tronc d'arbre. Or, ce dernier qui doit déjà bien économiser ses ressources n'a aucune envie d'héberger ces hôtes. Pour ce faire, il va se rendre le moins séduisant possible.

Les insectes sont attirés par les acides aminés contenus dans les feuilles des arbres. À l'automne, les scientifiques ont remarqué que ces acides quittaient les feuilles et se rassemblaient vers les branches et le tronc pour renforcer cette partie de l'arbre pendant l'hiver, tout en décourageant les insectes, en particulier les pucerons, de se poser sur lui.

Un automne jaune ou rouge?

Une équipe de chercheurs des universités de Haifa en Israël et de Kuopio en Finlande a tenté de comprendre en 2009 pourquoi en Europe, c'était la couleur jaune qui dominait et le rouge en Amérique du Nord. Il faut remonter très loin en arrière pour comprendre ce qu'il s'est passé. Il y a 35 millions d'années, de larges parties du globe étaient recouvertes de forêts tropicales. Au cours de leur évolution, de nombreuses espèces d'arbres se sont mises à produire des feuilles rouges pour éloigner les insectes.

En Amérique du Nord comme en Asie de l'Est, les chaînes de montagnes au sud et au nord ont protégé plantes et animaux au fil des différentes glaciations. Les insectes sont eux aussi restés sur place et la guerre entre les arbres et ceux-ci n'a donc jamais cessé. En Europe, les Alpes, n'ont pas protégé les terres des glaciations ce qui a entraîné l'extinction de nombreuses espèces d'arbres et avec, elles, d'insectes. Les espèces d'arbres qui ont survécu n'ont donc plus eu besoin de se parer de rouge car les espèces d'insectes dont elles devaient se protéger avaient elles aussi disparu.

En Caroline du NordEn Caroline du Nord

nature
https://www.huffingtonpost.fr/life/article/en-automne-pourquoi-les-feuilles-des-arbres-sont-rouges-orange-ou-jaunes-clx1_131677.html
Un mystérieux symbole retrouvé dans un champ par un agriculteur dans la Manche - France Bleu
Sat 15 Jun - 15:41

Par Clémentine Prouteau - 13 juin 2024

Le crop circle, ou agrogramme, découvert au lieu-dit la Manchoiserie, mesure 70 mètres de long. - Thomas OnfroyLe crop circle, ou agrogramme, découvert au lieu-dit la Manchoiserie, mesure 70 mètres de long. - Thomas Onfroy

Un gigantesque agrogramme a été découvert par Thomas Onfroy à Sainte-Geneviève (Manche), au lieu-dit La Manchoiserie, samedi 8 juin. L'agriculteur est maintenant à la recherche de son auteur, extraterrestre ou non.

C'est une question à laquelle Thomas Onfroy, agriculteur installé à Valcanville (Manche), ne trouve pas de réponse. Qui peut bien être à l'origine du gigantesque agrogramme dessiné dans l'un de ses champs à Sainte-Geneviève, dans la nuit de samedi à dimanche ? Un groupe d'artistes ? Des extra-terrestres ?

L'étrange motif, appelé "crop circle" en anglais, prend forme avec l'affaissement d'une partie des brins de blés. "Samedi 8 juin matin, je suis passé en tracteur devant la parcelle, comme tous les jours, se remémore le jeune agriculteur. Je me suis rendu compte que du blé avait versé, mais je ne me suis pas inquiété, j'ai pensé que c'était à cause du vent. Mais ça m'intriguait quand même, parce que c'était le seul terrain concerné. Quand je suis arrivé sur place, je me suis bien rendu compte que ce n'était pas dû au vent." Thomas Onfroy découvre alors un motif gigantesque, de 70 mètres de long, composé de plusieurs cercles et demi-cercles. Des épis affaissés dans "une symétrie parfaite, tant sur les lignes que les courbes", constate le paysan.

Des croissants de lune et un enchainement de cercles parfaitement symétriques : c'est le motif gigantesque dessiné dans le champ de Thomas Onfroy, agriculteur. © Radio France - Clémentine ProuteauDes croissants de lune et un enchainement de cercles parfaitement symétriques : c'est le motif gigantesque dessiné dans le champ de Thomas Onfroy, agriculteur. © Radio France - Clémentine Prouteau

Face à sa parcelle de blés fléchis, "ma première émotion, c'est un peu d'énervement, avoue l'agriculteur. Parce c'est quand même une partie de ma culture qui est détruite." Montant des pertes, "300 euros". Mais aujourd'hui, l'agriculteur est surtout dans "l'incompréhension. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? J'aimerais bien connaître la vérité".

Artiste en herbe ou extra-terrestres ?

L'enquête commence. Au bar-tabac L'Océane, à Valcanville, personne n'a encore connaissance de la présence de l'agrogramme, situé à un kilomètre de là. "C'est magnifique, c'est un travail incroyable, déclare Vincent Jean, le cogérant du commerce, émerveillé en découvrant la photographie dans la Presse de la Manche, les premiers à parler de l'affaire. C'est l'œuvre d'un artiste, c'est sûr." Pour Marcel, l'un des clients, il n'est pas non plus question de Martiens : "Le phénomène est connu depuis une quinzaine d'années en Angleterre."

Après avoir découvert son champ, Thomas Onfroy fait appel à un drone, pour avoir une photo d'ensemble de l'agrogramme. © Radio France - Thomas OnfroyAprès avoir découvert son champ, Thomas Onfroy fait appel à un drone, pour avoir une photo d'ensemble de l'agrogramme. © Radio France - Thomas Onfroy

L'agriculteur, lui, reste ouvert à toute possibilité. "C'est quasiment irréalisable à la main, tout seul, estime-t-il. Et des gens dans une parcelle, comme ça, au pied d'une route, cela se remarque. Donc oui, cela laisse beaucoup d'interrogations." Un spécialiste des "crop circles" est même venu inspecter le champ, ce jeudi 13 juin : "Il était assez embêté, il ne pouvait pas certifier que l'agrogramme était fait par un humain." Mystère.

agrogramme mystère Normandie
https://www.francebleu.fr/infos/societe/un-mysterieux-symbole-est-retrouve-dans-un-champ-de-sainte-genevieve-par-un-agriculteur-3533679
Dans la Grèce antique, la couleur bleue n'existait pas | Slate.fr
Mon 3 Jun - 19:45

Musique en bleu

Dans L'Odyssée, la fameuse épopée grecque antique attribuée à Homère, la mer est un élément central. Tantôt peuplée de monstres, tantôt signe d'apaisement et de protection, elle est décrite par le protagoniste Ulysse sous toutes ses formes –ou presque. Étrangement, le livre ne fait mention d'aucune couleur bleue, laquelle devait pourtant être omniprésente, que ce soit dans la mer ou le ciel. L'érudit britannique William Gladstone, qui s'est intéressé à ce fait étonnant en 1850, fut l'un des premiers à notifier l'absence de la couleur bleue dans les œuvres anciennes.

Les documents historiques rédigés dans diverses langues, du grec à l’hébreu ancien, ne font aucune référence explicite au bleu, alors qu'on y trouve en revanche des termes pour d'autres teintes comme le noir et le rouge. Durant l'Antiquité, les Grecs ne voyaient-ils pas le bleu? Dans l'ouvrage The Language of color, on peut lire que des chercheurs ont également notifié un profond manque de «bleuté» dans les récits chinois et islandais, mais également dans les premières versions de la Bible.

Une première explication se trouve dans la langue. Les Grecs n'avaient peut-être tout simplement pas de mots pour cette couleur, et n'avaient donc pas la possibilité de la décrire. En grec, l'adjectif «kyaneos» qualifie aussi bien le bleu des yeux que le noir des vêtements de deuil. Dans les sociétés anciennes, on ne nomme la couleur qu'au travers des métaphores: le ciel est blanc, rouge ou noir, selon la façon dont il agit sur la vie des êtres humains.

Selon le philosophe allemand Lazarus Geiger, il existe une hiérarchie linguistique des couleurs. À travers l'étude de textes anciens et modernes, il a remarqué que les termes décrivant le blanc et le noir apparaissent plus fréquemment que ceux qui désignent les autres couleurs. Cela s'expliquerait par le fait que ces deux notions sont plus intelligibles –elles sont suivies de près par le rouge, couleur du sang, qui occupe une place particulière dans nos vies.

Le bleu partout, ou presque

Bleu Klein, bleu turquoise, bleu azur… La couleur bleue est partout, tout le temps. Dans son podcast Culture Bleu, la conférencière, rédactrice et ingénieure pédagogique Delphine Peresan Roudil analyse les différents bleus, leur histoire et leur place dans la société. Abordant le sujet sous de nombreux angles, du fromage en passant par les différentes teintes de la couleur, aucun épisode ne fait pour le moment mention du bleu dans la nature. Et c'est normal.

Peu de plantes ou d'animaux sont vraiment bleus. Même le paon, s'il semble arborer la couleur, ne possède en réalité aucun pigment de bleu: son aura bleutée est seulement due à la façon dont la lumière se reflète dans ses plumes. Il en va de même pour le ciel, qui n'est en réalité pas vraiment bleu, même si nos yeux le perçoivent comme tel. Cette théorie expliquerait l'absence de description de la couleur du ciel, qui tient également au fait que pour les Grecs, du fait de son omniprésence, le bleu n'était pas intéressant, voire presque invisible à leurs yeux.

bleu
https://www.slate.fr/story/267056/grece-antique-couleur-bleue-existence-homere-odyssee-ciel-mer
Louis Henseling, paladin, journaliste, poète par Gabriel Jauffret
Fri 10 May - 17:59

Louis Henseling, paladin, journaliste, poète - 1867-1955
in Ça s'est passé à Toulon et en pays varois, de Gabriel Jauffret et Tony Marmottans - 1999

Les Excursionnistes toulonnais fêtaient leur centenaire en cette année 1999. Et s'ils ont compté dans leurs rangs nombre de fortes personnalités, la plus exceptionnelle demeure sans doute celle de Louis Henseling, journaliste de talent et ardent défenseur du Var.

Louis Henseling naquit a Toulon le 25 novembre 1867, où s'était arrêté son grand-père, Christophe, originaire de Bavière, alors qu'il accomplissait son tour de France comme compagnon. Coutelier, il s'était installé au n” 5, puis au ni' 6, de la rue des Chaudronniers, aujourd’hui rue d’Alger. Il eut plusieurs enfants, dont un chirurgien de la Marine qui succomba au Mexique en luttant contre une épidémie de fièvre jaune, et Jacques, habile artisan, qui lui succéda.

Spécialisé dans la fabrication d'instruments chirurgicaux, Jacques Henseling, qui fut conseiller municipal et membre associé de l'Académie du Var, épousa Claire Jourdan. Issue d'une vieille famille toulonnaise, elle était la nièce de Louis Jourdan, saint-simonien et républicain convaincu, qui fut rédacteur en chef du Siècle, journal de l’opposition libérale sous le Second Empire.

Ascendance de Louis HenselingAscendance de Louis Henseling

De leur union devait naitre Louis Henseling. Élève au lycée puis à l'externat des pères Maristes, il s'intégra très tôt au cénacle qui fréquentait l'atelier de son père, homme de grande culture. Médecins, enseignants, officiers de marine, botanistes comme Auzende, ingénieurs des Eaux et Forêts comme Émile Vincent, qui reboisa le Faron, ou peintres comme Horace Vernet.

A dix-sept ans, Louis Henseling renonce a se présenter aux concours d'entrée à l’École navale ou à Saint-Cyr, comme le désire son père. Il n'aime ni les bureaux ni les contraintes horaires et décide d’être journaliste, comme son oncle, et de vivre à Toulon.

Journaliste dans L’âme

En 1885, Louis Henseling est rédacteur au Var Républicain puis passe au Petit Marseillais où il reste huit ans, puis collabore au Petit Var de 1900 a 1922, à après-guerre à la France puis au Provençal.

Correspondant au Journal de Paris, il couvre pour ce titre la catastrophe de Lagoubran, l`explosion des cuirassés Iéna et Liberté, la revue navale de 1914 présidée par Poincaré, la trahison d'Ulmo, des affaires d'opium.

Journaliste dans L’âme, il fonde en 1900 le magasine Je dis tout qu'il dirigea jusqu'en 1940.

Un magasine malicieux, spirituel, souvent décapant, lu non seulement a Toulon mais également dans tout le Var ainsi que dans les ports militaires français et dans les grandes garnisons de l'Empire.

Toulon est une ville qui vit et qui s'amuse, où marins et coloniaux de retour de campagnes lointaines aiment retrouver les
fastes du carnaval, les ors de la brasserie de la Rotonde.

Pour répondre a ce besoin de chanter et de rire, Louis Henseling fonde La Cheminée, un lieu où l'on s'amuse, où il sera régisseur général, poète, chansonnier, machiniste.

A la découverte du Var

En 1914, la ville de Toulon confie la direction de la bibliothèque municipale a Louis Henseling. En fin d’après-midi, son bureau
devient une petite académie au se retrouvent officiers de marine, coloniaux revenus de campagnes lointaines, ecclésiastiques et enseignants. Louis Henseling participe à l'organisation de grandes conférences, devient éditeur de Letuaire, membre du conseil d'administration de la Société des amis du vieux Toulon, il se signale par de très nombreuses publications. Le professeur Gaignebet, son ami et son historiographe dont le souvenir si vivace a Toulon, disait de Louis Henseling qu'il fut un "chevalier passionné de servir, un paladin du dévouement sans limite".

A l'image de son ami le docteur Rapuc, qui se battit en duel pour défendre l'honneur de Toulon, il ne cessa de s'insurger contre les calomnies de tous ceux qui tentaient de salir sa ville. En 1922 les rhumatismes assaillent Louis Henseling. Un médecin ami lui conseille la marche. Il se confie a la nature salvatrice et rejoint la Société des excursionnistes toulonnais fondée en 1899 par ses amis Boyer et Esclangon, alors animée par Fanquinat, Lambat, Puissant, Cauvin. il devient chef d’excursion puis archiviste de la société devenue sa famille.

Animé par une sorte "d'ardent patriotisme départemental", dira de lui le professeur Gaignebet, il parcourt le Var dans toutes ses dimensions, défend ses sites prestigieux et se signale par la publication des fameux En zigzag dans le Var dont la dernière série paraîtra en 1966, 71 pages illustrées par le maître imagier Filippi.

Une œuvre considérable saluée par l'auteur du manuel du folklore français peur ses enquêtes méthodiques et ses dessins qui n'ont jamais cédé au pittoresque.

Zigzags dans le VarZigzags dans le Var

Henseling Toulon Var
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Bernar Pivo e dcd - Gorafi!
Tue 7 May - 10:13

prsteur Apostrof pdt 15a dcd @ 89a

anci1 prés. ém. Apostrof 🪦 rip @ 89a selon srcs famil. B Pivot connu grd pub pr ❤️ ortho ms surtt ❤️lang FR dt il a été ardnt défndr ✊💪 via Dictées 🖋️🖋️ . Ms grd publ se souvi1 ém TV 📺Apostrof, rdv litt 1ctrnabl pr écriv1 📚 TV Fr pdt 15a @ A2/FR2 & créé otr ém Bouilln Cultre. prsdt acad. Gncrt 14-19. RIP.

Gorafi! Lettres
https://www.legorafi.fr/2024/05/06/bernar-pivo-e-dcd/
Un troupeau de chèvres "anti-incendie" s’installe au mont Faron, on vous explique - Var-Matin
Mon 8 Apr - 11:17

 La scène est plutôt rare. Dimanche après-midi, un troupeau de chèvres est arrivé au sommet du Faron, où il sera chargé de l’éco-paturage: une démarche qui consiste à paitre dans la nature afin de débroussailler et lutter ainsi contre les feux de forêts. Photo Frank Muller / Nice Matin La scène est plutôt rare. Dimanche après-midi, un troupeau de chèvres est arrivé au sommet du Faron, où il sera chargé de l’éco-paturage: une démarche qui consiste à paitre dans la nature afin de débroussailler et lutter ainsi contre les feux de forêts. Photo Frank Muller / Nice Matin

La scène a des airs de carte postale… insolite. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir un troupeau de chèvres qui s’égaye au pied du fort de la Croix Faron, avec en arrière plan le panorama magique sur la Méditerranée. Cloches tintantes, les animaux aux cornes torsadées ont été accueillis là ce dimanche après-midi par des minots aux yeux émerveillés et des adultes pas mécontents de cette rencontre soudaine avec le pastoralisme.

Habituées aux prairies hyéroises, les bêtes de Ninon Megglé ne s’installent pas sur le toit de Toulon pour profiter de la vue. Ses quarante-six chèvres et quatre moutons ont été choisis par la ville de Toulon et la Redif (1) pour leurs qualités de ruminant. Et leur capacité à s’attaquer à un travail indispensable avant l’été: celui du débroussaillage du massif forestier, entre le zoo et le sanctuaire de Notre-Dame du Faron.

Chaque jour, une chèvre peut engloutir 7kg de végétation

"Cette démarche d’entretien écologique va durer un mois", annonce la Ville. "L’écopâturage permet de s’affranchir d’une intervention mécanique, tout en menant une action efficace de lutte contre l’incendie." En somme, mieux vaut le tableau bucolique d’une chèvre qui broute (et qui crotte) que celui d’un engin bruyant (et polluant). Surtout quand ladite débroussailleuse sur pattes est capable de s’envoyer chaque jour quelque 7kg de végétation.

Du joli coup de fourchette de ces protégées, Ninon a fait une association: Bêle colline. La structure, née en 2020, propose ainsi ses services de "paysagisme pastoral" contre rétribution. "Ça coûte cinq fois moins cher que si c’était fait par l’homme", précise Josée Massi, la maire de Toulon, venue accueillir ces visiteurs inhabituels. Autour d’elle, les biquettes s’en donnent déjà à cœur joie. Sur le chemin du zoo, où les attend l’enclos prévu pour le repos du soir, les chèvres dévorent tout ce qui dépasse.

C’est du côté du zoo du Faron que le troupeau de chèvres se reposera chaque soir, après sept heures passées à paître au milieu de cet espace naturel sensible. Photo Frank Muller / Nice Matin.C’est du côté du zoo du Faron que le troupeau de chèvres se reposera chaque soir, après sept heures passées à paître au milieu de cet espace naturel sensible. Photo Frank Muller / Nice Matin.

Tel un cycliste dans la trouée d’Arenberg, le besoin de ravitaillement commence à se faire sentir. La transhumance n’a pas été de tout repos. Parties du Plan dès potron-minet, les chèvres ont traversé La Garde et La Valette, avant de s’attaquer aux 584mètres du sommet toulonnais. Charge à elles, désormais, de composer aussi avec les humains, toujours nombreux à arpenter le Faron.

Un troupeau accessible aux visiteurs

Le troupeau sera visible tous les jours, et des petites animations pour les enfants autour du pastoralisme seront organisées chaque samedi à 16h. Frank Muller / Nice Matin.

Quant à ceux qui s’inquiéteraient du danger éventuel des prédateurs, et notamment les loups, Ninon rassure: "Il n’y a pas plus de risques ici qu’ailleurs. Et puis les chèvres ont l’air moins exposées que les moutons, peut-être en raison de leurs cornes ou de leur caractère." À quelques mètres d’ici, on entend les fauves rugir dans leurs enclos. Mais ceux-là ne risquent pas d’en sortir.

chèvres Faron Matthieu-Dalaine Toulon
https://www.varmatin.com/vie-locale/un-troupeau-de-chevres-anti-incendie-s-installe-au-mont-faron-914097
Le gouvernement américain veut tuer un demi-million de hiboux pour protéger des hiboux | Slate.fr
Tue 2 Apr - 16:24

Les chouettes rayées sont beaucoup trop nombreuses au nord-ouest des États-Unis. | Philip Brown via UnsplashLes chouettes rayées sont beaucoup trop nombreuses au nord-ouest des États-Unis. | Philip Brown via Unsplash

Est-il légitime de tuer une espèce animale pour en sauver une autre? Pour le United States Fish and Wildlife Service (Service de la pêche et de la faune des États-Unis ou USFWS), la réponse à cette question est oui. Dans une proposition datant de novembre dernier, l'agence gouvernementale recommande l'abattage de plus de 470.000 chouettes rayées au cours des trente prochaines années dans les forêts de Californie, de l'État de Washington et de l'Oregon, rapporte le média NPR.

Selon le communiqué, la chouette rayée est en train d'évincer ses parentes moins agressives, la chouette tachetée du Nord et celle de Californie, de leur habitat. Depuis 1900, la chouette rayée, originaire de l'est des États-Unis, a pu se répandre à l'ouest grâce à l'installation de colons européens et aux modifications de l'écosystème qui en ont découlé.

Du fait de leur présence, les espèces de chouettes indigènes à ces régions sont menacées d'extinction. Selon la proposition du USFWS, les populations de chouettes tachetées du Nord ont diminué d'environ 75% au cours des deux dernières décennies et continuent de diminuer d'environ 5% chaque année. Aujourd'hui, la question est de savoir jusqu'où peuvent aller les actions visant à réparer ces erreurs écologiques historiques.

De nombreux défenseurs des animaux sont critiques, mais pas tous

Le 25 mars, soixante-quinze organisations de protection des animaux ont critiqué le plan du USFWS dans une lettre, le qualifiant d'«impitoyable»: selon elles, il «perturbera gravement la faune et la flore, depuis le sol de la forêt jusqu'à sa canopée, en provoquant un nombre incalculable d'erreurs d'identification sur d'autres espèces de chouettes indigènes, y compris les chouettes tachetées».

En outre, les signataires sont convaincus que le plan n'est pas durable et qu'il est voué à l'échec. Ils soulignent que 100.000 coyotes sont abattus chaque année aux États-Unis, sans que cela aboutisse pour autant à une réduction de la population de cette espèce. Wayne Pacelle, président du groupe de lobbying Animal Wellness Action, a affirmé à NPR que les programmes de gestion létale réussissent souvent dans des écosystèmes fermés tels que les îles, mais ne sont pas aussi efficaces dans une région aussi vaste.

En revanche, d'autres organisations soutiennent le plan de l'USFWS. Claire Catania, directrice exécutive de Birds Connect Seattle, souligne qu'il ne l'enchante pas, mais qu'elle en reconnaît la nécessité. Pour Cameron Barrows, chercheur émérite à la retraite au Centre de biologie de la conservation de l'Université de Californie-Riverside, la lettre d'opposition signifie qu'effectivement «nous préférons avoir des chouettes rayées plutôt que des chouettes tachetées».

zhibou
https://www.slate.fr/story/266358/gouvernement-americain-tuer-hiboux-demi-million-chouettes-biodiversite
"Un gag qui m'a beaucoup touché" : un fan de Gaston Lagaffe fabrique sa tondeuse miniature pour éviter les pâquerettes - France-Info
Wed 20 Mar - 14:52

Le bricoleur suisse David Foutimasseur présente sa mini-tondeuse à gazon lors du festival BD au château, à Aigle -Suisse, le 16 mars 2024.Le bricoleur suisse David Foutimasseur présente sa mini-tondeuse à gazon lors du festival BD au château, à Aigle -Suisse, le 16 mars 2024

David Foutimasseur, touche-à-tout suisse de 37 ans, passe des heures dans un atelier pour concevoir des machines loufoques. Il puise régulièrement dans l'univers poétique du dessinateur Franquin.

C'est un petit grain de folie semé par un dessinateur belge qui éclot au pied des montagnes du Vaudois suisse. L'inventeur David Foutimasseur est parvenu à reproduire à l'identique un petit engin poétique apparu dans une planche de la bande dessinée Gaston publiée en 1976, et dessinée par Franquin : une mini-tondeuse à gazon, conçue pour éviter les pâquerettes. Il l'a présentée samedi 16 mars lors du festival BD au château, à Aigle (Suisse).

"C'est un gag qui m'a beaucoup touché", commente le bricoleur suisse auprès de franceinfo, mercredi. "Gaston Lagaffe explique à son ami Jules que sa tante était triste quand il faisait la pelouse, parce qu'il coupait les pâquerettes. Il crée cette invention juste pour rendre service, et sans qu'on ne lui ait rien demandé."

Il a passé une dizaine d'heures à réaliser ce modèle, sur son temps libre et durant ses pauses du midi. "Grâce à mon métier de réparateur de locomotive, j'ai accès à beaucoup de corps de métier et je peux demander conseil à des collègues." Mais elle ne fonctionne pas encore tout à fait sur la photographie.

La mini-tondeuse à gazon conçue par le bricoleur David Foutimasseur.La mini-tondeuse à gazon conçue par le bricoleur David Foutimasseur.

En effet, il reste encore quelques étapes avant de s'attaquer aux alpages. "Je l'ai terminée jeudi dernier, en installant un petit moteur d'avion télécommandé. Il tourne à 18 000 tours minutes, donc je n'ai pas encore osé le démarrer avec la lame". Un premier test est prévu jeudi, avec les précautions d'usage.

David Foutimasseur, qui n'en est pas à son coup d'essai s'agissant de donner vie aux engins dessinés par Franquin, ne s'est encore jamais blessé en les concevant ou en les pilotant, mais il touche du bois. "L'une des créations les plus folles, c'est une tondeuse transformée en kart, avec une chaîne reliée aux roues arrière", raconte-t-il. Quand des journalistes sont venus le filmer pour une émission de la RTS, la télévision publique suisse, il a perdu la direction et foncé tout droit dans un champ à 40 km/h

"On va l'envoyer au château de Versailles"

Ce touche-à-tout de 37 ans bricole depuis des années à partir de matériaux de récupération. David Ansermin, de son vrai nom, a pris le pseudonyme de David Foutimasseur : en vieux vaudois, le verbe foutimasser désigne une "action qui ne sert à rien. Cela veut dire brasser de l'air, faire quelque chose d'inutile..." Ce qui résume la philosophie qui règne dans son atelier de Montreux, au sein d'une usine désaffectée reconvertie en repaire pour artistes.

"J'avais 10 ans quand mon père m'a offert mon premier Gaston, raconte celui qui s'identifie sans mal à cette figure de doux rêveur. J'ai toujours aimé le fait que ce personnage bricole dans sa bulle, par pur plaisir." Fortement inspiré par l'univers de Franquin, David Foutimasseur a déjà fabriqué une reproduction de la gastomobile, ce qui lui a valu d'apparaître, en 2017, dans un hors-série du magazine Spirou consacré aux 60 ans de Gaston Lagaffe. Il a également donné vie à une lampe de poche solaire – qui apparaît "dans deux cases" seulement de la BD –, un lit-voiture et une poubelle télécommandée, qui apparaît dans une des dernières planches de Gaston dessinées par Franquin.

David Foutimasseur rêve un jour de présenter ses créations au festival d'Angoulême, Mecque des amateurs de BD. En attendant, malgré ses efforts, il n'est pas certain que la mini-tondeuse apparaisse prochainement sur les rayons des magasins de jardinage : "Si votre jardin fait 48 centimètres carrés, ça va tout seul, mais sinon, il faut être très patient. Allez, on va l'envoyer au château de Versailles !"

Gaston gazon
https://www.francetvinfo.fr/culture/bd/un-gag-qui-m-a-beaucoup-touche-un-fan-de-gaston-lagaffe-fabrique-sa-tondeuse-miniature-pour-eviter-les-paquerettes_6435772.html
On Mallorca, Gull Dinner Features Spanish Olives | Hakai Magazine
Fri 15 Mar - 07:27

Yellow-legged gulls play a long-overlooked role in a Mediterranean archipelago: they carry olives far and wideYellow-legged gulls play a long-overlooked role in a Mediterranean archipelago: they carry olives far and wide.

by Lauren Leffer - January 24, 2024

The Balearic Islands, a Mediterranean archipelago off the coast of Spain, are a famed travel destination. Clubbers and nightlife enthusiasts flock to Ibiza, while Mallorca is more popular with families and newlyweds seeking sun, sand, sea, and history. To tourists and beachgoers, the islands’ screaming, French fry–stealing gulls are pests. But these ubiquitous birds play a surprisingly important ecological role in the picturesque archipelago.

Two decades ago, ecologist Alejandro Martínez Abraín was studying seabird colonies along Spain’s coast near the Balearic Islands when he noticed something odd. On rocky outcrops and in isolated coves, he found greenish-brown olive pits everywhere, scattered under the webbed feet of hordes of yellow-legged gulls. In most locations, the pits had accumulated in limestone crevices without germinating. But at one colony in the Ebro Delta, about 175 kilometers south of Barcelona, olive saplings were sprouting up from sand dunes.

Wild olive trees are common in Spain, where the Phoenicians introduced the plant more than 3,000 years ago from the eastern Mediterranean. The trees are culturally important, too; people have been cultivating domestic olives and tending to groves in the region since at least the Middle Ages.

In the Ebro Delta, the discarded pits were changing the ecosystem from the grasses and scrubby conifers typical of dune systems to a wild olive forest, says Martínez Abraín, who is now an ecologist at the University of A Coruña in Spain. Connecting the dots, he realized that gulls were eating olives elsewhere and regurgitating the pits in small piles around their breeding sites. “It was really ecological engineering, and nobody was paying attention to that,” he says.

Martínez Abraín began collecting the spit-up pits, but the finding took on new meaning after Haruko Ando, an ecologist and expert in seed dispersal at Japan’s National Institute for Environmental Studies, heard about the olive-eating gulls on a recent visit to Spain.

Working with Martínez Abraín and other collaborators, Ando revealed in new research that yellow-legged gulls are eating both wild and domestic olives and spreading those seeds over long distances between the Balearic Islands. The archipelago provided the scientists with ideal conditions for studying seed dispersal by gulls. Some islands, like Dragonera, located about one kilometer off the west coast of Mallorca, have groves of wild and domesticated olives, but on the smaller, treeless islands, birds are the only distributors of pits.

The findings “clearly demonstrate the potential for gulls to move seeds from one island to another,” says Debra Wotton, an ecologist at the University of Canterbury in New Zealand and founder of science consultancy Moa’s Ark Research, who was not involved in the new study. “Dispersal is a fundamental process in shaping plant communities, which are the foundation of an ecosystem,” she adds. “So these gulls are an integral part of their environment.”

To figure out how far gulls might spread olive seeds, Ando and her coauthors needed to know how long it takes for gulls to regurgitate olive pits. In trials with captive birds, the scientists fed four yellow-legged gulls olives hidden inside tasty sardines. On average, the gulls took more than 30 hours to spit up the seeds, stripped of fleshy fruit.

During that surprisingly lengthy period, gulls can carry olive pits long distances. Based on the movements of 20 wild birds fitted with GPS transmitters, the scientists estimate that, on average, gulls move wild olive pits more than 7.5 kilometers and domesticated olive pits more than 12.5 kilometers. They estimate that the farthest gulls are transporting olive pits in the archipelago is 100 kilometers.

That gulls are moving domestic olives greater distances than wild ones suggests the birds prefer the larger, meatier cultivated olives—just like people—and are flying farther to reach the groves where they grow, Ando says.

Yellow-legged gulls have long been seen as a nuisance that needs to be controlled rather than part of the ecosystem, says Martínez Abraín. But now, he hopes people will recognize their valuable role as seed spreaders. Gulls don’t just loiter at garbage dumps and harass fishermen—they also help shape landscapes across the archipelago.

No species is good or bad, Martínez Abraín adds; they’re all simply part of the fabric of life. Pull one loose thread and you might find it connects a seabird to an unexpected snack.

https://hakaimagazine.com/news/on-mallorca-gull-dinner-features-spanish-olives/
Découverte d'un nouveau monolithe au Pays de Galles - Science&Vie
Tue 12 Mar - 22:25

Trois mètres de hauteur, triangulaire et en acier inoxydable. Voici les caractéristiques du monolithe nouvellement arrivé au Pays de Galles sur la colline de Hay Bluff.

Monolithe

Une découverte populaire

C’est au nord de Cardiff qu’un joggeur, Richard Haynes, a découvert un bloc d’acier gris semblant planté dans le sol. Très surpris, il a immédiatement pris l’installation futuriste étonnante en photo et a partagé sa découverte sur les réseaux sociaux.

Les i​nternautes ont donc immédiatement commencé à se poser des questions, inventant des théories plus folles les unes que les autres. Une partie d’entre eux à même parlé d’une action des extraterrestres.

Un grand nombre d’entre eux s’est même rendu sur place afin de voir de leurs propres yeux le monolithe.

Un objet qui pose question

Lorsqu’il a aperçu le monolithe, Richard Haynes a d’abord pensé qu’il s’agissait d’un outil pour collecter l’eau de pluie. Mais il a vite changé d’avis en remarquant l’aspect inhabituel de l’objet et surtout sa grande imposante.

En s’approchant de celui-ci, le joggeur a découvert que le monolithe était creux et qu’il semblait plutôt léger. Il pouvait donc avoir été porté et déposé sur la colline par deux personnes.

Des évènements de plus en plus fréquents

Ces dernières années, des trouvailles similaires ont été recensées au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Quasiment tous les monolithes qui ont été découverts récemment étaient au final des œuvres d’art, mais aucune explication n’a pour le moment été confirmée pour celui de celui du Pays de Galles. Rien n’atteste donc que l’objet relève donc d’un évènement surnaturel.

The Most Famous Artist, un groupe d’artistes du Nouveau Mexique avait déjà revendiqué deux monolithes retrouvés dans l’Utah et en Californie, après que ceux-ci aient été les cibles de nombreuses théories farfelues.

monolithe
https://www.science-et-vie.com/societe/pays-de-galles-un-nouveau-monolithe-en-metal-decouvert-sur-la-colline-de-hay-bluff-128860.html
Exposition Mucha à l'Hôtel Caumont d'Aix-en-Provence
Sun 3 Mar - 11:10
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Mucha Exposition 2024 à Aix-en-Provence
Organisée en collaboration avec la Fondation Mucha, l’Hôtel de Caumont consacre cette année son exposition d’hiver au grand maître de l’Art Nouveau, Alphonse Mucha (1860-1939). Cet artiste prolifique et visionnaire a révolutionné le rapport à l’art de ses contemporains en appliquant son esthétique, si caractéristique, à de multiples domaines comme les affiches, la publicité, la décoration intérieure ou encore le théâtre de la Belle Époque. À travers près de 120 œuvres provenant de la Fondation Mucha, cette exposition met en lumière toute la splendeur et l’évolution du style Mucha où mysticisme, symbolisme, identité slave et beauté se côtoient.

Né à Ivančice en actuelle République tchèque, Alphonse Mucha grandit dans une province slave de l’Empire austro-hongrois avant de rejoindre Paris en 1887, après une formation académique à l’École des Beaux-Arts de Munich. C’est au cours de ces années de jeunesse qu’il se construit une conscience politique engagée où l’affirmation de l’identité des peuples slaves occupe une place centrale. À Paris, où le mysticisme fin-de-siècle fascine les cercles artistiques, Alphonse Mucha devient le grand affichiste que l’on connaît grâce à sa rencontre providentielle avec la « Divine » Sarah Bernhardt. Le phénomène Mucha va alors conquérir le tout Paris et s’exporter à l’international jusqu’à s’imposer comme une figure majeure de l’esthétique de l’Art Nouveau, caractéristique de l’époque. Pourtant, les véritables ambitions de cet artiste sont toutes autres : Alphonse Mucha, qui se veut plus engagé, aspire à créer des œuvres aux desseins plus nobles afin de mettre son art au service de la fraternité universelle. Franc-maçon actif et ardent défenseur du peuple slave, Mucha développera toute sa vie un art qui se veut « libérateur », en lui donnant une identité à la fois tchèque, slave, mais aussi humaniste.

Cette exposition a pour but de montrer non seulement comment l’œuvre de Mucha, mêlant différentes esthétiques, est fondamentalement engagée, mais aussi comment l’usage et l’appel de la beauté sont empreints de symbolisme et de mysticisme. Mucha, pour qui l’art revêt un caractère universel, tente d’affirmer ses intentions artistiques dans son œuvre. Outre l’évolution du style graphique de Mucha et l’inspiration mystique de son langage visuel, l’exposition met à l’honneur la pensée engagée de l’artiste en tant qu’élément constitutif de ses œuvres empreintes de beauté et d’harmonie.

À côté des œuvres les plus appréciées de l’époque révélant Mucha en tant que plus grand représentant de l’Art nouveau (comme les célèbres affiches publicitaires dont celles réalisées pour Sarah Bernhardt ainsi que les fameux panneaux décoratifs), vous pourrez admirer les peintures de l’artiste, rarement montrées, à travers une lecture symboliste et allégorique. L’exposition révèle également son travail méconnu de la photographie, à la fois dans son studio du Paris fin-de-siècle mais aussi à travers les photographies documentaires et de mises en scène qu’il a produites dans le cadre de ses recherches pour sa série de peintures monumentales à la gloire de l’histoire de son peuple L’Épopée slave.

expo Mucha
https://www.youtube.com/watch?v=drDSxFd04LY
La « Crooked House », le pub « le plus bancal » du Royaume-Uni, va être reconstruit à l’identique - Huffington Post
Sun 3 Mar - 10:32

L’auberge la plus bizarre du Royaume-Uni » a été victime d’un incendie présumé criminel à l’été 2023.

Au Royaume-Uni, le pub « le plus bancal » du pays va être reconstruit à l’identique après un incendie - 
Wikipedia CC BY-SA 4.0*Au Royaume-Uni, le pub « le plus bancal » du pays va être reconstruit à l’identique après un incendie - Wikipedia CC BY-SA 4.0)

ROYAUME-UNI - Murs asymétriques, toit bancal, fenêtres en biais… « L’auberge la plus bizarre du Royaume-Uni » doit être reconstruite, et dans le même état qu’avant l’incendie qui l’a ravagée : elle restera complètement bancale. Dans les West Midlands, près de Birmingham à Himley, un tas de gravats doit renaître de ses cendres, par ordre du Conseil du South Staffordshire.

Comme nous l’apprend BBC News dans un article publié mardi 27 février, les propriétaires de la « Crooked House » (la « maison de traviole », en Français), ont été mis en demeure par ce Conseil pour faire revivre cet haut-lieu culturel britannique, qui attirait de très nombreux visiteurs chaque année. Une véritable institution, autour de laquelle un groupe Facebook dédié à sa reconstructio rassemble plus de 36 000 membres.

Penchée à cause d’un effondrement minier

La bâtisse, construite en 1765, a été détruite lors d’un incendie présumé criminel le 5 août 2023, quelques jours après avoir été vendue à un acheteur privé. Personne ne se trouvait à l’intérieur au moment de l’incendie et aucun blessé n’a été signalé. Les ruines ont ensuite été mises à terre par des tractopelles quelque temps plus tard.

Le bâtiment devait son allure étrange à un effondrement minier qui a rendu toute la construction penchée. Aujourd’hui ce pub appartient à ATE Farms Limited qui doit donc le reconstruire. L’entité dispose d’un délai de 30 jours pour faire appel et le préavis doit être respecté dans un délai de trois ans, souligne BBC News.

Le média précise que ce pub, qui était une attraction populaire dans la région, a été construit pour la première fois comme ferme, avant de totalement changer de fonction avec le temps.

https://www.huffingtonpost.fr/insolite/article/la-crooked-house-le-pub-le-plus-bancal-du-royaume-uni-va-etre-reconstruit-a-l-identique-clx1_230519.html
En Haute-Loire, la fresque d'Aéro, qui rend hommage à la nature, est en lice pour devenir la plus belle fresque de France - francetvinfo
Wed 14 Feb - 11:11

Cette peinture murale réalisée à l'occasion du Festival de La Teinturerie, à Aurec-sur-Loire (Haute-Loire), est en lice du concours Golden Street Art qui récompense depuis dix ans les plus belles œuvres de street art.
Article rédigé par Odile Morain - Publié le 14/02/2024

La peinture réalisée par Aéro à Aurec-sur-Loire est en lice pour le concours Golden Street Art qui récompense les plus belles fresques de France. FRANCE 3 AURALa peinture réalisée par Aéro à Aurec-sur-Loire est en lice pour le concours Golden Street Art qui récompense les plus belles fresques de France. (FRANCE 3 AURA)

Elle a vu le jour le long de la route départementale 46 à Aurec-sur-Loire (Haute-Loire), la fresque du street artiste Aéro offre aux automobilistes un nouveau paysage. Réalisée dans le cadre du Festival de La Teinturerie en septembre 2023, elle figure aujourd'hui parmi les dix peintures murales retenues pour la phase finale du concours Golden Street Art. Les internautes peuvent voter jusqu'au 18 février 2024.

Pour l'artiste originaire de Bretagne, ce concours est une belle reconnaissance de son travail. "C'est une réelle performance, elle a été réalisée en douze jours, elle représente ce qu'il y a de plus important pour l'humanité : notre environnement naturel", réagit Aéro.

Juché sur un échafaudage et muni de ses bombes de peinture, Aéro s'empare des thèmes de l'histoire et de l'actualité à travers le monde. Intitulée Courir pour la vie, cette nouvelle peinture murale à la couleur sépia est la plus conséquente jamais peinte par l’artiste.

Sur 55 mètres de long et 6,75 mètres de haut, elle illustre tout en mouvement l'urgence climatique. On y voit des animaux sauvages fuyant une forêt devenue hostile, une vieille femme symbolisant dame Nature au regard lucide et consterné. Elle pourrait permettre à Aurec-sur-Loire de monter une nouvelle fois sur le podium. Les organisateurs du Festival de La Teinturerie s'en félicitent. "On est aux confins de la Loire et de la Haute-Loire, donc on espère attirer via ce type de fresque des personnes d'un peu plus loin", assure Anthony Massard.
Aurec-sur-Loire, cité street art

Organisé depuis quatre ans à Aurec-sur-Loire, ce festival street art donne peu à peu un nouveau visage aux façades de la petite ville de 6 000 habitants. "C'est très joli ce qu'ils ont fait, c'est très intéressant", se réjouit un passant.

Chaque année, grâce au festival, des artistes du monde entier viennent s'exprimer sur les murs de la ville. L'an dernier, Aéro avait déjà participé au concours Golden Street Art et terminé à la troisième place des plus belles fresques de France avec sa peinture en noir et blanc symbolisant la transmission entre les générations. "Je suis fière, car on a fini à une très bonne place l'année dernière et on est pas mal parti cette année", assure une habitante d'Aurec-sur-Loire.

La ville compte désormais plus d'une vingtaine de fresques, la plupart se concentrent sur le site même de l'ancienne teinturerie, rachetée par la ville pour en faire un lieu d'événements sportifs et culturels. Au fur et à mesure des années et selon les aléas climatiques, de nouvelles œuvres remplacent les plus anciennes.

fresque
https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/street-art/en-haute-loire-la-fresque-d-aero-qui-rend-hommage-a-la-nature-est-en-lice-pour-devenir-la-plus-belle-fresque-de-france_6363319.html
Un vélo-bus pour emmener les enfants à l'école, le concept rigolo et écolo d'un retraité mécano - France3
Tue 13 Feb - 14:28

Grâce aux budgets participatifs de la Région et à son ingéniosité, Yves Gruffaz a imaginé un vélo-bus écologique pour emmener les enfants à l'école de Castelnau-de-Guers, dans l'Hérault. Le premier modèle devrait être opérationnel pour la rentrée prochaine.

Le vélo-bus écoloLe vélo-bus écolo

Faire pédaler les enfants et réduire la pollution sur le trajet de l'école. Voici la prouesse que pourrait réaliser Yves Gruffaz dès la rentrée prochaine sur sa commune de Castelnau-de-Guers. En réalité, le projet est déjà très bien avancé...

Vélo-bus à assistance électrique

Un châssis et un toit (décapotable) en alliage de bois, les guidons et les montants de selle en aluminium. Seul mécanicien sur ce projet insolite, Yves Gruffaz a réussi à construire en quelques mois l'équivalent d'une "rosalie touristique", mais qu'il a décidé de nommer "écolo-bus".

Le vélo-bus sera utilisable à la rentrée prochaine, huit personnes pourront monter dessus - Yves Gruffaz, concepteur du vélo-bus

Le véhicule avance grâce aux pédalages des élèves, et est doté d'une assistance électrique pour les montées. "Je dois retravailler la direction des guidons et les freins pour les perfectionner. Le vélo-bus sera utilisable pour la rentrée prochaine, huit personnes pourront monter dessus" explique fièrement le concepteur.

Budgets participatifs de la Région

Président de l'association Fête des devoirs, qui aide les élèves de l'école de la commune, le retraité a imaginé le concept il y a dix ans : "Mon souhait était de réduire la pollution et le nombre de voitures chaque jour devant l'école. Pour moi, qui aime trouver des idées et bricoler, c'était le concept idéal".

Séduite par le projet, la région Occitanie a même octroyé une aide de 50 000 euros au concepteur dans le cadre des budgets participatifs citoyens. Yves Gruffaz avait dans un premier temps voulu acheter des véhicules construits aux Pays-Bas, avant de se raviser, pour les construire lui-même avec l'enveloppe de la Région.

Bénévolat

"L'idéal serait de faire rouler à terme sur la commune trois vélos-bus quotidiennement" avance Yves Gruffaz. Lui s'est déjà porté volontaire pour conduire le premier en septembre prochain, il compte sur des bénévoles de l'association ou des parents d'élèves pour piloter les autres, quand ils verront le jour.

Avant utilisation officielle, le vélo-bus devra être homologué par la DREAL, service de l'État. De son côté, le créateur s'est laissé aller à une confidence, un deuxième véhicule serait en construction, "une version améliorée du premier"...

vélo école écologie
https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/beziers/un-velo-bus-pour-emmener-les-enfants-a-l-ecole-le-concept-rigolo-et-ecolo-d-un-retraite-mecano-2923452.html
EN IMAGES. Tour Eiffel en allumettes : le record du monde a finalement été validé par le Guinness Book
Fri 9 Feb - 13:42

Tour Eiffel en allumettes

Originaire de Montpellier-de-Médillan (Charente-Maritime), Richard Plaud a battu le record de la plus grande tour Eiffel en allumettes, début janvier. Les instances du Guinness Book ont revu leur copie après avoir refusé, en premier lieu, son homologation.

C'est officiel. Depuis ce jeudi 8 février, Richard Plaud fait bien partie du Guinness Book, le célèbre livre des records du monde. Début janvier, dans la ville de Saujon, l’habitant de Montpellier-de-Médillan (Charente-Maritime) avait construit une tour Eiffel de 7,19 mètres.

Tour-Eiffel
https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/charente-maritime/royan/tour-eiffel-en-allumettes-le-record-du-monde-a-finalement-ete-valide-par-le-guinness-book-2921631.html
"Un lieu de résistance": cinquante ans après, l'histoire des Kiosques de Toulon perdure - Var-Matin
Wed 7 Feb - 12:17

Par Dorian Vidal le 7 février 2024

Voilà bien un commerce qui traverse les âges. Avec ses bâches bleues, ses devantures anciennes et ses stocks colossaux, Les Kiosques de Toulon s’inscrit, depuis plusieurs décennies, comme l’une des enseignes les plus emblématiques du centre historique. Et si elle a toujours su s’adapter, l’entreprise familiale ne s’est jamais détachée de son aspect authentique.

Les kiosques

C’est en partie ce qui plaît à Christian, fidèle client: "En général, à chaque fois que je viens, j’achète un ou deux livres. Ce n’est pas très cher et il y a beaucoup de choix. Et puis, c’est un espace un peu en décalage. Ce qui ne me dérange pas, bien au contraire." Même chose pour Frédérique: "J’aime bien, c’est différent des magasins. En fouinant un peu, on trouve toutes sortes de choses. En plus, ça permet de ne pas jeter les livres."

Au sud du boulevard de Strasbourg, rue Prosper-Ferrero, les bouquins, vinyles, CD, DVD et cartes postales d’époque sont encore exposés de part et d’autre de l’artère. Le tout avec un semblant de désordre. "C’est pour le look", sourit David, 70 ans.

Deux kiosques "en suspens" depuis bientôt un an

Que ce soit dans le petit kiosque faisant face au cinéma Le Royal, ou en haut de l’étroit escalier en bois de la deuxième boutique, on dégotte autant de classiques que de petites pépites.

"Nous sommes un complément des librairies, poursuit le bouquiniste. On travaille essentiellement avec des livres épuisés. Par exemple, tenez, cette édition de Sois belle, sois fort (Nancy Huston), eh bien vous ne la trouverez pas en librairie!"

Au total, près de 100.000 ouvrages seraient référencés au sein des kiosques. À eux quatre, ils représentent donc une petite caverne d’Ali Baba pour les amateurs de lecture, de musique et de cinéma.

Ils sont aussi, un peu, la deuxième maison de David, qui les occupe depuis plus de quarante ans. "Ici, ça a toujours été une bouquinerie. L’affaire était détenue par ma mère depuis plusieurs années quand j’ai pris la suite, à la fin des années 1970", rembobine-t-il, posté derrière sa caisse.

Et d’ajouter: "Ensuite, j’ai récupéré un deuxième kiosque en bas de la rue. Puis un troisième à côté. Et enfin, une dernière boutique en face de la première, il y a environ quinze ans. Avec ma compagne de l’époque, nous avons recréé tout ça."

"Je ne me suis jamais ennuyé"

Aujourd’hui, deux kiosques sur quatre sont néanmoins "en suspens" et servent de réserves. L’ancienne conjointe de David, Brigitte, est décédée au mois de février 2023, laissant derrière elle un grand vide. "Il faut la remplacer… C’est difficile depuis, car on est un peu surbookés."

Il faut dire que, malgré l’aide précieuse de Marina, seule autre vendeuse, "David des kiosques" abat toujours un travail de titan. Chaque matin, dès 6h, le Toulonnais est bon pour deux heures et demie de mise en place et de manutention.

Puis, après la journée de travail, vers 19h, il lui faut une heure et demie pour tout remballer. "C’est un peu comme un cirque. On monte l’échafaudage, le chapiteau… Heureusement, je suis encore relativement en forme."

Du mardi au samedi, plusieurs étagères débordent donc encore et toujours sur les trottoirs. "J’ai quand même attrapé pas mal de voleurs dans ma vie", souffle d’ailleurs David, sourire en coin.

Le bouquiniste historique de Toulon espère en tout cas continuer de "faire perdurer ce lieu : Par rapport au téléchargement numérique, je dirais qu’on est un lieu de résistance, assène-t-il. Il y a encore une grosse clientèle de passionnés, de collectionneurs, de gens qui cherchent autre chose que ce qu’on trouve un peu partout ailleurs. Et il y a ce contact avec les clients… J’apprends des choses tous les jours, donc je ne m’ennuie pas. En 43 ans dans ce boulot, je ne me suis d’ailleurs jamais ennuyé". Pourvu que ça dure...

La "nécessité" d’ouvrir un site web

S’il est friand de l’esprit rétro, le patron des kiosques de Toulon a compris que la création d’un site web relevait d’une "nécessité économique". Régulièrement, plusieurs cartons sont donc apportés à La Poste avant de partir vers d’autres horizons.

"Je ne suis pas pour le modernisme, mais on a lancé le site il y a une dizaine d’années. Ça marche bien, même si c’est beaucoup de travail en plus avec les commandes", assure David.
Site web Les kiosques de Toulon

La clientèle du service militaire, une autre époque

Plus de 40.000 ouvrages y sont en effet référencés, dont certains plutôt rares. "Je crois qu’il n’y a pas un pays au monde où l’on n’a pas envoyé de colis, plaisante le bouquiniste. On en a beaucoup envoyé à l’étranger, notamment aux États-Unis."

Aujourd’hui, à l’heure d’Internet, le bouquiniste évoque toutefois les clients du passé avec une espèce de nostalgie: "C’était fabuleux. À l’époque du service militaire, les gens arrivaient de leur Bretagne et de leurs campagnes dans une ville qu’ils ne connaissaient pas, loin de leur famille. Et ils achetaient beaucoup de bouquins. Ils faisaient des échanges, des collections… C’était le côté populaire, sympa et intéressant, car ils venaient d’autres horizons."

Livres Toulon
https://www.varmatin.com/culture/les-kiosques-de-toulon-un-lieu-de-resistance--901775
Traditions. Du sel dans le thé ? Les Britanniques se gaussent du conseil d’une chimiste américaine
Thu 25 Jan - 19:27

Pour The Times, quotidien conservateur toujours prompt à défendre les sacro-saintes traditions britanniques, “ce serait un peu comme badigeonner son bacon de sirop d’érable”. Mercredi 24 janvier, les journaux américains comme ceux d’outre-Manche ont donné un ample écho aux théories de Michelle M. Francl, une professeure de chimie à l’université américaine Bryn Mawr. Cette dernière, après maintes recherches sur le sujet, a cru bon de dévoiler au monde ses secrets pour obtenir une tasse de thé parfaite.

Peu importe sa couleur. | Anna Pou via Pexels

“Elle a indiqué que l’ajout d’une pincée de sel pouvait aider la boisson à avoir un goût moins amer, dévoile, amusé, The Washington Post, et Francl est même allée plus loin, en recommandant de presser du citron dans le thé, ce qui permet d’éliminer l’écume qui peut rester à la surface de l’eau.” La chercheuse a également recommandé d’ajouter du lait chaud au breuvage, ce qui constitue encore un pied de nez aux traditions d’outre-Manche sur la question.
… et le tout au micro-ondes

Ces conseils “ont fait bouillir les Britanniques”, écrit le tabloïd Daily Mail, tant et si bien que l’ambassade américaine à Londres est intervenue pour tenter d’éteindre l’incendie.

Ainsi, dans un singulier communiqué de presse, les diplomates d’outre-Atlantique, ont rappelé que “l’idée impensable d’ajouter du sel au thé ne représente pas la politique officielle des États-Unis”, démentant ainsi leur compatriote, avant de terminer le message par cette chute malicieuse :

“Notre ambassade va continuer à faire son thé dans les règles de l’art : c’est-à-dire au micro-ondes.”

Cette moquerie n’a pas déstabilisé les Britanniques, qui ont aussitôt répondu par le biais de leur propre ambassadrice aux États-Unis. Ainsi, Karen Pierce a publié une vidéo humoristique montrant des militaires du royaume en train d’expliquer comment faire son thé d’une façon convenable.

Au vu de leur histoire commune, les deux pays devraient faire attention et ne pas parler de cette boisson avec trop de légèreté, ironise The Times. En effet, “le thé a longtemps été une source de conflit entre l’Amérique et la Grande-Bretagne, notamment dans le port de Boston, en 1773, lorsque des colons décidèrent que la meilleure façon de préparer une tasse de thé parfaite était de jeter une grande quantité de feuilles de thé dans de l’eau salée [ils jetèrent à la mer une cargaison de feuilles de théier apportées par des bateaux britanniques]”.

Une référence claire à l’épisode de la Boston Tea Party, un événement marquant de l’histoire des colonies britanniques d’outre-Atlantique, qui, deux années plus tard, commençaient leur guerre d’indépendance contre Londres. Voilà qui ressemble à une piqûre de rappel des conséquences que peuvent engendrer les disputes sur le thé, une boisson relaxante qui, de temps en temps, a le pouvoir d’échauffer les esprits.

Thé
https://www.courrierinternational.com/article/traditions-du-sel-dans-le-the-les-britanniques-se-gaussent-du-conseil-d-une-chimiste-americaine
How men look for things - YouTube
Thu 11 Jan - 17:36
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https://www.youtube.com/watch?v=KWDRdvZsCyE
Nouvel An : comment le 1er janvier est devenu le premier jour de l'année - FranceInfo
Sun 31 Dec - 14:38

L'année 2024 commence, comme les précédentes, le 1er janvier. Cela n'a pourtant pas toujours été le cas.
Article rédigé le 31/12/2023 par Olivier Emond

Calendrier 1887 - Musée de la PosteCalendrier 1887- Le facteur rural dans les Vosges - Musée de la Poste

Longtemps on s'est levé de bonne heure, le 1er janvier en France. C'était un jour comme les autres, et le Nouvel An n'avait pas de date officielle. Au Moyen-Âge, en fonction des périodes et des provinces, on pouvait se souhaiter une bonne année le jour de Pâques, celui de Noël ou encore le 25 mars, jour de l’Annonciation. Cette situation a perduré jusqu’au XVIe siècle.

En 1564, Charles IX, qui est devenu roi quatre ans auparavant, entame un tour de France aux côtés de sa mère, Catherine de Médicis. Ce voyage les amène dans la commune iséroise de Roussillon, et c'est là que tout change. "La Cour a séjourné au château de Roussillon du 17 juillet au 15 août 1564, précise Robert Valette, président de l’association de l’édit de Roussillon (signé le 9 août 1564). C'est durant ce séjour que le roi a promulgué ce fameux édit de Roussillon, dont l'article 39 stipule que désormais, sur tout le royaume de France, le premier jour de l'année sera le 1er janvier."

Le calendrier grégorien s'impose

Charles IX sera conforté dans son choix en 1582 par le pape Grégoire XIII, qui impose ce 1er janvier à l’ensemble de l’Europe catholique. Ce calendrier grégorien est resté le nôtre jusqu’à aujourd’hui, avec une parenthèse entre 1793 et 1806, quand la République naissante fit commencer l’année le 22 septembre, ou plutôt le 1er du mois de Vendémiaire.

calendrier
https://www.francetvinfo.fr/monde/nouvel-an-2021/nouvel-an-comment-le-1er-janvier-est-devenu-le-premier-jour-de-l-annee_6274110.html
Pour «être du matin», il faudrait posséder un peu d'ADN de Néandertal | Slate.fr
Fri 15 Dec - 15:55

matin

Il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir se lever tôt.

Même en y mettant toute la volonté du monde, rien à faire, vous êtes incapable de sortir le moindre orteil du lit avant 10h? Rassurez-vous, il semblerait que notre capacité à être du matin ou non ne dépende pas totalement de nous. Une récente étude scientifique affirme qu'une personne dont l'ADN est en partie composé de fragments d'ADN néandertalien serait plus incline à présenter l'aptitude de se lever tôt, indique The Guardian.

Si, avec le temps, la plupart des gènes que les êtres humains modernes avaient conservé de leurs ancêtres ont été éliminés, une petite fraction a subsisté chez certains d'entre nous. «Il est donc possible que certaines personnes vivant aujourd'hui soient porteuses des variantes néandertaliennes», affirment les chercheurs à l'origine de l'étude.

«L'ADN néandertalien peut régir l'horloge biologique des humains»

John Capra, épidémiologiste à l'université de Californie, à San Francisco, qui a participé aux recherches, poursuit: «En analysant les fragments d'ADN néandertalien subsistant dans les génomes humains modernes, nous avons découvert qu'un grand nombre d'entre eux pouvaient affecter les gènes qui régissent l'horloge biologique chez les humains modernes, ce qui augmenterait la propension à être matinal.»

Pendant plusieurs centaines d'années, les hommes de Néandertal ont vécu en Eurasie et se sont peu à peu adaptés au froid qui y régnait. Le climat ne laissant entrevoir que quelques heures de lumière par jour, ils s'affairaient, à peine levés, à trouver des sources de ravitaillement.

Les Néandertaliens, en ayant des relations sexuelles avec nos ancêtres Homo sapiens, ont transmis à leurs descendants une partie de leurs gènes, et avec eux cette habitude de lève-tôt. Les êtres humains d'aujourd'hui portent ainsi jusqu'à 4% d'ADN néandertalien en eux. En consultant les données de la UK Biobank, qui contient les informations de génétique et de santé d'un peu plus de 500.000 de personnes, les scientifiques ont remarqué que certaines d'entre elles étaient porteuses des variantes. Plus surprenant encore: chez elles, les gènes étaient liés au fait de se lever tôt.

Pour autant, il est possible d'être matinal sans posséder de fragments génétiques de Néandertal: des centaines d'autres gènes différents influencent les heures de sommeil et de réveil, sans compter les nombreuses aspects environnementaux et culturels qui nous entourent.

https://www.slate.fr/story/257784/etre-du-matin-hereditaire-adn-neandertal-reveil-etude-scientifique
La tradition des catherinettes a-t-elle encore lieu d'être en 2023? | Slate.fr
Fri 24 Nov - 10:17

Le mot de Kat : Je dédis cet article à ma cousine qui était marchande de chapeaux et qui s'est mariée la veille de ses 25 ans. Elle devait trouver que le vert et jaune ne lui seyait pas.

Chapeau !*

Dans certaines régions françaises, le 25 novembre, jour de la sainte Catherine, on célèbre les jeunes filles à marier. Une fête surannée, mais qui trouve pourtant encore des adeptes.

Le jour de la sainte Catherine, le 25 novembre, vous est peut-être familier en tant que fête des couturières. Mais ce jour-là, les filles du nord ou de l'est de la France célèbrent aussi la Sainte-Catherine, dès leur plus jeune âge et jusqu'à ce qu'elles soient mariées. L'objectif: souhaiter à ces petites et jeunes filles un futur bonheur conjugal. Pourquoi perpétuer cette tradition encore aujourd'hui? Est-elle sexiste et malaisante?

D'où vient cette tradition?

La tradition des catherinettes est fêtée en France depuis le Moyen Âge. «Elle célébrait la classe des filles à marier, âgées de 15 à 25 ans», retrace Anne Monjaret, ethnologue, directrice de recherche au Laboratoire d'anthropologie politique du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et autrice de plusieurs ouvrages sur le sujet, dont La Sainte-Catherine, culture festive dans l'entreprise (paru en 1998).

«On disait de cette classe d'âge qu'elle coiffait Sainte-Catherine le 25 novembre et si les femmes avaient plus de 25 ans elles coiffaient définitivement Sainte-Catherine», poursuit la chercheuse. Trop âgées, ces dernières n'étaient donc plus «bonnes à marier» et étaient destinées à finir célibataires et à devenir «vieilles filles». «Au fil du temps, on n'a plus célébré que les 25 ans et plus, en les appelant les catherinettes si elles étaient toujours célibataires et en leur offrant un chapeau vert et jaune.»

Le port de ce chapeau permettait d'identifier ces jeunes femmes en tant que célibataires, une stigmatisation qui pouvait être vécue de bien des façons, allant de l'amusement à la honte. Les catherinettes défilaient ensuite en procession dans la rue, invoquant la sainte de leur trouver un mari. «Un bon, mais plutôt un que pas du tout», comme le disait une prière à l'adresse de sainte Catherine d'Alexandrie (dont l'histoire et le culte racontent qu'elle est morte décapitée après avoir refusé d'épouser un empereur romain, au début du IVe siècle).

Mais sainte Catherine est également la patronne des couturières et des modistes. «C'est cet aspect de la Sainte-Catherine que l'on retient le plus depuis la fin du XIX siècle», reprend Anne Monjaret. Sauf dans le nord de la France, mais aussi dans certaines localités du Grand-Est et de la Nouvelle-Aquitaine, où la tradition des catherinettes non mariées est toujours vivace.

Ancrage dans le nord de la France

«Traditionnellement, dans le nord du pays, sainte Catherine est la patronne des petites filles et saint Nicolas celui des petits garçons, explique Anne Monjaret. Aujourd'hui encore, les enfants ont gardé l'habitude de s'envoyer des cartes postales à ces occasions. Comme il n'est plus honteux aujourd'hui d'être célibataire, il y a eu un glissement de la Sainte-Catherine vers les petites filles.»

«Dans les ateliers de haute couture, à Paris, les hommes célibataires de 30 ans et plus étaient également célébrés pour la Saint-Nicolas [fêtée quelques jours plus tard, le 6 décembre, ndlr]. Leurs collègues leur offraient un bonnet tricoté par leurs soins et des cartes postales. Pour les hommes, la Saint-Nicolas a pratiquement disparu aujourd'hui, mais parfois les “catherinets” sont fêtés dans le monde de la couture», indique encore l'ethnologue.

Gwendoline, qui a grandi en Picardie, et Mélissa, qui vit dans le département du Nord, se souviennent de ces célébrations. «On échangeait des cartes postales à l'école, on en recevait aussi de membres de la famille. Et pour les garçons, c'était pareil pour la Saint-Nicolas. Pour moi, c'était la fête des jeunes filles, mais j'ai découvert une fois adolescente que cela concernait les filles vierges ou à marier», raconte Mélissa.

«Je ne fête pas la Sainte-Catherine avec ma fille, parce que j'en connais la signification et je la trouve sexiste.» - Mélissa, qui vit dans le département du Nord

«Je faisais la confection des chapeaux à l'école, le défilé dans le quartier avec les chapeaux sur la tête, se souvient Gwendoline. Mes grands-mères nous envoyaient, à ma sœur et moi, des cartes de Sainte-Catherine, souvent très kitsches! Il m'a fallu arriver à l'âge adulte pour comprendre que ça ne se fêtait pas dans toutes les régions de France. Petite, je voyais vraiment ça comme une célébration des petites filles, qui étaient honorées dans leurs familles. Ensuite, j'ai eu connaissance de la vraie signification de cette fête, une façon assez humiliante d'afficher les jeunes femmes de 25 ans toujours célibataires. Et ça m'a vraiment gêné parce que je considère que c'est extrêmement sexiste.»

Les petites filles fêtent-elles encore la Sainte-Catherine?

Si les souvenirs de cette tradition restent tendres, sa signification peut mettre mal à l'aise avec le recul de l'enfant devenu adulte. Les petites filles d'aujourd'hui continuent pourtant, dans le nord de la France, à recevoir des cartes pour la Sainte-Catherine.

Mélissa et Gwendoline ont fait le choix de ne pas perpétuer ces traditions avec leurs enfants. «Je ne fête pas la Sainte-Catherine avec ma fille, parce que j'en connais la signification et je la trouve sexiste», justifie Mélissa. Gwendoline ne fête pas non plus la Saint-Nicolas avec ses fils, «parce que je ne considère pas que le fait d'être une fille ou un garçon mérite d'être célébré».

Fanny, qui vit dans le Pas-de-Calais, a choisi au contraire d'accompagner sa fille dans la perpétuation de cette tradition. «Je ne suis pas pour cette fête, car pour moi cela revient à dire aux petites filles que c'est une tare d'être célibataire et de ne pas être mariée. Il n'y a eu aucune évolution en trente ans. Mais ma fille aime donner des cartes à ses copines, donc je l'aide à en confectionner des faites main.»

Gwendoline constate également autour d'elle que seules ses amies qui vivent encore dans les Hauts-de-France, voire même dans leur village natal, ont continué à fêter la Sainte-Catherine, mais également la Saint-Nicolas en envoyant des cartes aux petits garçons de leur famille le 6 décembre.

Une fête sexiste et malaisante?

«Quand la famille ou les amis offrent une carte à une enfant pour la Sainte-Catherine, ils soulignent son statut de fille, son appartenance à cette catégorie sexuée, remarque Anne Monjaret. Ces cartes ont été modernisées, mais elles représentent toujours une jeune fille.» Pour plaire aux enfants, on en trouve aujourd'hui sous les traits de personnages de films ou séries d'animation, comme Elsa de La Reine des neiges ou Princesse Sofia.

La référence au mariage, et au souhait d'un futur bonheur conjugal pour ces futures femmes, n'est plus tellement mise en avant aujourd'hui auprès des petites filles. Mais outre les échanges de cartes postales, certaines écoles continuent à faire fabriquer des chapeaux de la Sainte-Catherine aux enfants.

«Certaines féministes y voyaient aussi la célébration d'une femme autonome qui n'était pas sous la tutelle d'un homme à 25 ans.» - Anne Monjaret, chercheuse ethnologue

Un détail dont la signification n'est pas anodine. «Le chapeau est lié à la sexualité, décrypte Anne Monjaret. Les cheveux des filles symbolisent la sexualité, on les cachait donc jusqu'à un certain âge, d'où l'expression “coiffer sainte Catherine” pour des filles non mariées. Cependant, si les enfants des deux sexes fabriquent et portent ces chapeaux, cela en change l'interprétation.»

À Vesoul (Haute-Saône), la Sainte-Catherine est célébrée chaque année en grande pompe lors de la foire du même nom, notamment avec un concours de chapeaux pour les jeunes femmes de 25 ans célibataires et sans enfants. Au moment de les faire monter sur scène devant l'assemblée, le présentateur de la cérémonie rappelle qu'elles sont célibataires, avançant que des hommes pourraient être intéressés.

Entre stigmatisation de genre, hétérocentrisme, références inappropriées à la vie conjugale auprès de très jeunes enfants et pression voire humiliation sur les célibataires, la Sainte-Catherine a de quoi mettre mal à l'aise. Pourtant, les catherinettes n'ont pas toujours été considérées comme antiféministes.

«Dans les années 1970, la fête était à la fois critiquée par des féministes parce que considérée comme has been et matrimoniale à vouloir caser les femmes. Mais certaines féministes y voyaient aussi la célébration d'une femme qui n'était pas sous la tutelle d'un homme à 25 ans, mais au contraire autonome. Sainte Catherine a aussi été une figure de lutte pour les couturières de l'époque, qui occupaient la rue avec des signes de la sainte patronne et protestaient ainsi contre des licenciements», nuance Anne Monjaret.

Cette tradition est-elle vouée à disparaître?

«J'étudie le sujet de la Sainte-Catherine depuis les années 1980, cela fait des décennies que l'on se demande si cette tradition va disparaître et elle existe toujours aujourd'hui, rappelle la chercheuse ethnologue. Cependant, le 25 novembre c'est également la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, cela pourrait avoir un effet sur le devenir de la fête.»

«Avec le contexte des attentats et des plans Vigipirate, la fête a aussi eu tendance à se replier sur l'espace privé, alors qu'autrefois cela se passait en extérieur, avec des processions et des bals. On voyait les catherinettes dans le métro, il y avait même des messes. Mais c'est désormais moins visible dans l'espace public.»

Si l'aspect sexiste de la tradition de la Sainte-Catherine fait renoncer à sa perpétuation dans certaines familles, elle continue de trouver des adeptes. «Mais la Sainte-Catherine n'est pas figée, ajoute Anne Monjaret. Elle bouge et s'adapte à l'évolution de la société, ce n'est pas une fête si désuète. On a tendance à la voir figée dans le temps, mais ce n'est pas le cas.»

Catherine Catherinette Sainte-Catherine
https://www.slate.fr/story/256803/tradition-catherinettes-fete-sainte-catherine-25-novembre-filles-femmes-celibataires-mariage-sexisme-stigmatisation
La boîte de camembert menacée ? Au Parlement européen, ces élus français font tout pour la sauver - Huffington Post
Wed 15 Nov - 17:48

Plusieurs eurodéputés français réclament que l’obligation de recyclage bientôt votée au Parlement européen ne s’applique pas aux emballages en bois ou en cire.

La boîte de camembert menacée ? Ces élus français font tout pour la sauver au Parlement européen - photo prise en 2020 au salon de l’AgricultureLUDOVIC MARIN / AFP La boîte de camembert menacée ? Ces élus français font tout pour la sauver au Parlement européen
photo prise en 2020 au salon de l’Agriculture

POLITIQUE - Tout un fromage. Des eurodéputés français ont déposé ce mercredi 15 novembre des amendements pour exclure les traditionnels emballages en bois des boîtes de camembert d’un règlement sur le recyclage qui doit être voté la semaine prochaine au Parlement européen.

Ce texte, proposé en novembre 2022 par la Commission européenne afin de réduire les déchets, impose notamment des objectifs de recyclage pour tous les emballages à partir de 2030. Il fait l’objet d’un intense lobbying hostile des entreprises. « Les boîtes en bois utilisées pour emballer les fromages comme le camembert ne disposent pas de filière de recyclage dédiée, car il serait trop onéreux de créer une chaîne logistique », a expliqué à l’AFP l’eurodéputée macroniste Stéphanie Yon-Courtin, originaire de Normandie.

« Cela fait partie de notre terroir. Pour l’affinage, pour le goût, je parle à tous les Normands, ils savent très bien que cette petite boîte en bois léger permet d’avoir un meilleur goût », a-t-elle encore plaidé sur France Bleu Normandie mardi, en insistant également sur le caractère « biodégradable » de cet emballage.

Son groupe, Renew Europe (centristes et libéraux), à la demande de la délégation française, a déposé un amendement pour réclamer que l’obligation de recyclage ne s’applique pas aux emballages en bois (boîtes de camembert, de Mont d’Or, bourriches d’huîtres, barquettes de fraises…) ni aux emballages en cire (ce qui concerne par exemple le Babybel).
La secrétaire d’État chargée de l’Europe réagit aussi

Ils demandent que la Commission européenne fasse un rapport pour évaluer la disponibilité d’infrastructures de recyclage pour ces types d’emballages, ainsi que le bénéfice pour l’environnement de l’obligation de les recycler, avant éventuellement de décider de les y soumettre.

« Avant d’aller demander de recycler des boîtes en bois, il y a déjà beaucoup à faire sur les emballages plastiques », argumente aussi l’eurodéputé Jérémy Decerle (Renew), ancien président du syndicat des Jeunes agriculteurs. Le texte avait pourtant fait l’objet d’un premier feu vert de la commission environnement du Parlement européen en octobre.

« Si on a envie de caricaturer l’Europe avant les élections, on commence à embêter les producteurs de camembert et leur emballage en bois… Ça fait bondir tout le monde ! », a commenté la secrétaire d’État française chargée de l’Europe, Laurence Boone, lors d’une rencontre mardi soir avec des journalistes. « Qu’on fasse du recyclage, il le faut, qu’on incite les entreprises à utiliser des emballages recyclables, il le faut. Après, il faut un peu de réalisme pragmatique et ne pas embêter les producteurs de camemberts », a-t-elle estimé.

Des amendements ont aussi été déposés par les eurodéputés français François-Xavier Bellamy et Arnaud Danjean du groupe PPE (droite) et par Catherine Griset (groupe ID, extrême droite) afin d’exclure les emballages en bois du champ de la réglementation.

En revanche, l’eurodéputée allemande Delara Burkhardt (groupe Socialistes et démocrates), également impliquée dans le dossier, semblait moins sensible au sort de l’emblématique fromage normand : « l’exigence pour l’emballage en bois du camembert d’être recyclable doit rester », a-t-elle déclaré à l’AFP.

camembert Europe écologie
https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/la-boite-de-camembert-menacee-au-parlement-europeen-ces-elus-francais-font-tout-pour-la-sauver_225799.html
La Carlton, bibliothèque punk égérie du post-modernisme qui se fichait de ne servir à rien | Slate.fr
Sun 8 Oct - 11:20

En 1981, Ettore Sottsass et ses jeunes acolytes du Groupe Memphis lancent un énorme pavé dans la mare des conventions. Le design ne sera plus jamais vraiment le même.

par Elodie Palasse-Leroux 8 octobre 2023

La totémique bibliothèque Carlton est improbable et absolument incontournableLa totémique bibliothèque Carlton est improbable et absolument incontournable

Comme nous avons ouvert cette série avec le très mainstream fauteuil Poäng d'Ikea, nous allons la terminer avec son extrême opposé: un véritable manifeste punk signé Ettore Sottsass.

En 1981, Mitterrand était élu président. On s'habillait fluo, et pas uniquement pour les séances d'aérobic devant la télévision. Les sons new wave déferlaient sur les ondes des radios pirates tout juste légalisées. Le même vent de renouveau et de rébellion soufflait dans le salon d'Ettore Sottsass (1917-2007), où il avait réuni de jeunes acolytes (Nathalie du Pasquier, Andrea Branzi, Michele de Lucchi, Matteo Thun, Shiro Kuramata…) pour refaire le monde. Le «pape du design» avait alors déjà atteint la soixantaine.

Ancien directeur du Design Museum de Londres, Deyan Sudjic souligne cette particularité dans son livre Ettore Sottsass and The Poetry of Things: «à un âge où la plupart des gens envisageaient de prendre leur retraite, Sottsass a commencé à travailler avec une autre génération et a produit une explosion».

Il serait plutôt l'étincelle: l'explosion viendra du collectif formé ce soir-là chez Sottsass. Il s'appellera «Memphis», parce que le morceau de Bob Dylan, «Stuck Inside of Mobile with the Memphis Blues Again», passait en boucle.

En 1981, la première collection de Memphis va faire l'effet d'une bombe. Son influence ne s'est depuis jamais démentie. | Zanone via Wikimedia Commons

Un «gourou amusant, libidineux et charismatique»

La designer française Martine Bedin était du nombre mais avoue ne se souvenir que «des premières heures de la réunion, pas des dernières car nous étions tous ivres». Ce dont elle est toutefois certaine, c'est que «le groupe était uni dans sa volonté de briser les notions acceptées de bon goût». Ils envisagent un design chaotique, punk, qui va faire voler en éclats toutes les conventions régissant la discipline.

Sottsass, formé à l'architecture, est devenu une figure de proue du Design radical en fondant le Studio Alchimia avec Alessandro Mendini en 1976. Avec Memphis, explique Bedin, «l'idée était de s'éloigner de la vision bourgeoise», celle qui «reposait sur l'idée que tous les types de meubles se ressemblaient. La première étape était donc de créer un branle-bas dans la coordination des styles.»

Sottsass faisait pour ce groupe de jeunes designers figure de «gourou amusant, libidineux et charismatique», affirme Glenn Adamson, cocommissaire de l'exposition «Postmodernism» en 2011 au Victoria & Albert Museum de Londres. Memphis allait bouleverser la théorie du Good Design.

Le design de l'après-Seconde Guerre mondiale répondait à l'injonction de ce bon design, du «Less is more» du Bauhaus, la fonction qui passait avant la forme. Le design était corseté pour se conformer à une certaine notion du bon goût, décidée par un petit nombre d'arbitres individuels.

«Un mariage éclair entre le Bauhaus et Fisher-Price»

Sottsass voulait absolument échapper à ce carcan et redéfinir une nouvelle approche du design. «Lorsque j'étais jeune, on n'avait que ce mot à la bouche: “fonctionnalisme, fonctionnalisme, fonctionnalisme”… Ça ne suffit pas! Le design devrait aussi être sensuel et excitant.»

La première collection de Memphis est présentée en 1981 à l'occasion du Salon international du meuble de Milan, grand-messe du design. Excitante, elle l'est; cinquante-cinq pièces de mobilier ludiques qui mêlent clin d'œil aux formes historiques, pied-de-nez au bon goût et matériaux contemporains. «Comme un mariage éclair entre le Bauhaus et Fisher-Price», résume assez justement le critique Bertrand Pellegrin.

Comme un mariage éclair entre le Bauhaus et Fisher-PriceComme un mariage éclair entre le Bauhaus et Fisher-Price

Et au milieu trône la bibliothèque de Sottsass, frisant les 2 mètres de hauteur. Une pièce coûteuse, faite de matériaux industriels bon marché (il ose le plastique stratifié! Le fabricant, Abet Print, a soutenu la collection), bariolée, dotée d'une base mouchetée très 1980. La Carlton est donc pop, graphique, kitsch et cheap, polychrome, drôle –et surtout paradoxale, puisqu'elle reflète la culture populaire de masse tout en se destinant à un public de collectionneurs.

L'effet d'une bombe

Le soir de l'inauguration, la collection fait littéralement l'effet d'une bombe: Sottsass manque de rebrousser chemin, il y a tant de monde devant l'entrée qu'il imagine qu'un attentat vient de se produire. Les visiteurs sont médusés: des étagères qui penchent, une coiffeuse qui se prend pour la tour Chrysler (Plaza), une lampe qui se promène en laisse (Super Lamp de Bedin), un lit en forme de ring de boxe (Tawaraya)…

La coiffeuse Plaza de Michael Graves se prend pour la tour Chrysler Musée des Arts décoratifs, Paris. | Neoclassicism Enthusiast via Wikimedia CommonsLa coiffeuse Plaza de Michael Graves se prend pour la tour Chrysler Musée des Arts décoratifs, Paris. | Neoclassicism Enthusiast via Wikimedia Commons

Des pièces dont la fonction ne s'impose pas au premier regard: la bibliothèque Carlton est-elle d'ailleurs vraiment une bibliothèque? Avec ses étagères de guingois, on n'imagine pas si facilement y poser ses livres («Quoi qu'il en soit, disait Sottsass, tous les livres finissent toujours par tomber»). Sculpturale, totémique, elle est emblématique de l'histoire du Groupe Memphis et du mouvement post-moderne. Le soir même de l'inauguration, les cinquante-cinq pièces sont vendues. En quelques mois, elles essaiment partout, jusque dans des clips vidéo sur MTV; leurs formes sont reprises en architecture, leurs imprimés et couleurs imités dans la mode…

En 1987, Sottsass met fin à l'aventure Memphis. Mais les créations du collectif, dont la Carlton, ont laissé une indélébile empreinte. Karl Lagerfeld a acheté l'intégralité des pièces pour son appartement de Monaco, David Bowie en avait également fait collection (estimée à quelques millions de livres sterling après sa disparition). Pas une année ne se déroule sans que les magazines annoncent le grand retour d'un style jamais passé de mode, puisqu'il l'a faite.

Qu'importe qu'elle ne soutienne pas vos livres ou ne s'assortisse à rien avec ses couleurs impossibles: la bibliothèque Carlton est une égérie rebelle qui a fait bouger les lignes, elle est au design de mobilier ce que Vivienne Westwood était à la mode. L'artiste Simon Martin lui a même consacré une œuvre vidéo, achetée par la Tate de Londres.

déco
https://www.slate.fr/culture/improbables-incontournables/carlton-bibliotheque-ettore-sottsass-design-memphis
Le fauteuil Poäng, la pièce la plus clivante du catalogue Ikea | Slate.fr
Sun 20 Aug - 14:59

Rascal est jaloux, il voudrait son PoängRascal est jaloux, il voudrait son Poäng
Écrit par Elodie Palasse-Leroux - Illustré par Kat

Quitte à faire grincer quelques dents (les miennes, notamment), nous nous devions de débuter cette série avec le plus populaire des fauteuils: le Poäng d'Ikea. Depuis sa naissance en 1976, l'enseigne suédoise en a écoulé plus de 35 millions. Et son étoile n'est pas près de pâlir: totalisant désormais 1,5 million de pièces vendues chaque année, il n'a de cesse d'envahir nos intérieurs.

Revers du succès, le Poäng serait aussi un grand incompris. Nombreux sont ceux qui le snobent, en dépit de son prix abordable –qui varie selon les modèles et matériaux proposés. On stigmatise son ubiquité, le manque de noblesse de ses matériaux ou de caractère de ses lignes.

Moi je veux mon fauteuil ET son repose-piedMoi je veux mon fauteuil ET son repose-pied

Le Poäng est sans aucun doute l'une des pièces les plus clivantes du catalogue: combien de couples se sont-ils déchirés devant lui, égarés au cœur d'un labyrinthe dépourvu de lumière naturelle, à Hyderabad, à Rome ou à Marseille?

À quelques variantes près, le dialogue a peu ou prou la même teneur.

– Je t'assure, essaie-le: il est très confortable! Parfait pour une sieste.
– Parfait pour une maison de retraite. Et on dirait qu'il a une scoliose.
– Mais il est discret, facile à caser: ses couleurs sont plutôt neutres. (en gesticulant tour à tour en direction de la version cuir noir et tissu beige ficelle)
– Elles sont fades et ternes. Et je suis certaine qu'il va s'avachir.

Observez ces couples passer devant le rayon fauteuil en faisant mine d'ignorer sa présence. C'est souvent lui, deux pas derrière elle, qui semble implorer d'un regard désolé le Poäng de ne pas prendre ce rejet trop personnellement. Je sais de quoi je parle.

Test de paternité

Ikea a fait subir de nombreux et violents crash-tests au Poäng pour prouver son indestructibilité, et fait appel à des designers de renom pour «pimper» leur best-seller. Alors qu'on ignorait presque tout de son histoire, l'enseigne a décidé en 2016, pour célébrer les 40 ans du fauteuil, de mettre en lumière le créateur du Poäng: le designer japonais Noboru Nakamura, disparu en 2023. Installé en Suède, il a longtemps collaboré avec le directeur du design d'Ikea, Lars Engman.

Enfin, mon Poäng à moi. Mais ils ont eu raison de changer les coussins. J'aimais pas le beige.Enfin, mon Poäng à moi. Mais ils ont eu raison de changer les coussins. J'aimais pas le beige.

En 1976, les deux acolytes ont eu envie de s'inspirer de plusieurs fauteuils en porte-à-faux mythiques du design scandinave, créations intemporelles du Suédois Bruno Mathsson (dont la première assise sanglée a été dessinée pour un hôpital dans les années 1930) et du Finlandais Alvar Aalto (plus particulièrement de la «petite Paimio», version allégée d'un modèle conçu pour un sanatorium au cours de la même décennie).

Tout un Poem

Pour assurer un prix de vente abordable, les matériaux et procédés utilisés seraient moins onéreux et le fauteuil serait vendu en trois cartons –structure, assise et coussin provenant de trois usines différentes. Mais le Japonais souhaitait que son fauteuil «procure une certaine richesse émotionnelle», son pied en porte-à-faux permettant un léger bercement grâce auquel «nous pouvons nous débarrasser de notre frustration ou de notre stress». Oui, c'est beau et évocateur. C'est la raison pour laquelle le fruit de la réflexion de Nakamura s'est d'abord appelé «Poem».

«Je me suis rendu compte que c'est le fauteuil idéal.» Zoe Sessums, journaliste design

Depuis sa première apparition sur la couverture du catalogue de 1977, Poem a changé de nom et d'atours. Son prix comme son poids se sont allégés. En tissant adroitement l'histoire du Poäng et le secret de son ADN, Ikea a eu un autre coup de génie; le fauteuil devenait encore plus désirable. Soudainement, on se disputait les modèles vintages aux enchères, encensés par le Financial Times.

Un peu plus tard, la pandémie de Covid-19 et la redécouverte forcée de nos intérieurs a fait sauter les derniers verrous. Et l'impensable est arrivé: «il n'y a aucune honte à aimer le Poäng», tranchait le magazine AD (Architectural Digest), autoproclamé «autorité internationale du design et de l'architecture».

Mais pourquoi a-t-elle mis MON tabouret sous SON bureau ?Mais pourquoi a-t-elle mis MON tabouret sous SON bureau ?

«J'ai résisté pendant des années, l'estimant trop basique ou ennuyeux. Puis je me suis rendu compte que c'est le fauteuil idéal», confiait la journaliste de design Zoe Sessums. Il n'y a aucune honte à ne pas partager son avis.

déco Ikéa Poäng
https://www.slate.fr/culture/improbables-incontournables/poang-ikea-fauteuil-clivant-poem-nakamura
La vente de livres itinérante, un moyen de sauver les librairies? | Slate.fr
Sat 5 Aug - 16:26

Nous sommes un lundi après-midi. Il fait froid et gris sur Milan et ses Navigli, les canaux artificiels de la ville italienne sur lesquels a bossé, entre autres, Léonard de Vinci. «Pas une grande journée», admet Luca Ambrogio Santini en soufflant sur ses doigts gelés, un cache-cou au ras du nez. Le sexagénaire a sauté dans ses chaussures de rando pour sortir de chez lui et montrer, non sans fierté, son «bébé».

La librairie itinérante de Luca à Milan | Irene CaputoLa librairie itinérante de Luca à Milan | Irene Caputo

Il s'agit d'un vélo cargo qu'il déplie la plupart du temps à quelque 300 mètres de son domicile. Plus précisément sur la place Gustav-Mahler, devant l'auditorium de Milan, siège de l'orchestre symphonique Giuseppe Verdi. «Je m'installe là, car mes clients d'avant me connaissent. Ma librairie était ici, c'est symbolique», explique-t-il en regardant vers sa gauche et le commerce qui a pris sa place: un pressing. Un peu triste...

Cent kilos de livres et un vélo cargo

Luca Ambrogio Santini a été contraint de mettre la clé sous la porte le 9 novembre 2013. Le Milanais a tout tenté pour sauver sa librairie, qu'il a tenue dans les mêmes murs pendant douze ans. Malheureusement, la crise de 2008 et le nombre de lecteurs en baisse –«surtout, chez les jeunes», a-t-il remarqué– ont fait chuter son chiffre d'affaires.

Et cela, c'était sans compter l'arrivée du commerce en ligne. Amazon en prime. D'où son surnom: «On m'appelle Don Quichotte, car je me bats contre des choses énormes. Les petits commerces sont importants pour faire vivre le quartier. Les grandes chaînes appauvrissent les centres.»

Luca Ambrogio Santini range ses livres devant son ancienne librairie, remplacée par un pressing. | Irene CaputoLuca Ambrogio Santini range ses livres devant son ancienne librairie, remplacée par un pressing. | Irene Caputo

Loin d'être aigri, Luca Ambrogio Santini a réfléchi. Pas longtemps. Le choix de l'itinérance de LibriSottoCasa s'est imposé de lui-même. «J'aimais le vélo.» C'est aussi bête que ça.

En 2015, il s'est donc lancé en tant que libraire ambulant dans les rues de Milan, ne se déplaçant qu'à la force des mollets. Enfin, presque. «J'ai fait quelques mois sans aide électrique. Mais là, j'ai changé d'avis parce qu'à certains moments, je n'arrivais plus à bouger. Il y a cent kilos de livres...», souffle-t-il en dépliant sa carriole rouge pétant.

Aujourd'hui, différents livres trônent sur les étagères. Les thématiques? Les librairies itinérantes (l'ouvrage de Jamila Hassoune et sa caravane du livre dans le Haut-Atlas, le roman Parnassus on Wheels de Christopher Morley), de la littérature jeunesse (Trois amis, de Helme Heine, Pietro Pizza, de William Steig), des ouvrages sur la ville de Milan (Le Vie Della Bonifica – Il Naviglio Grande, Calciorama – I colori della passione), ou encore sur le cyclisme. Mais pas que. Luca adapte les volumes qu'il propose aux lieux où il se pose: les marchés, les bibliothèques, les foires aux livres, les écoles...

Un libraire (presque) plus rapide qu'Amazon

Surtout, le Lombard baroude un peu partout dans le sud de Milan pour livrer ses clients. Il suffit d'un message sur Facebook ou WhatsApp pour réserver son bouquin, et Luca débarque gratuitement avec son sac à dos. «Je pense que mes clients préfèrent acheter mes livres plutôt que ceux d'Amazon... Quand j'arrive, ils peuvent discuter avec moi. Quand j'emmène les livres chez les gens, ils me donnent régulièrement à boire et à manger.» Ce qui ne l'empêcherait pas d'être, parfois, plus rapide que les mastodontes du e-commerce. «Pas en ce moment... Mais durant les périodes pleines, comme pendant les fêtes de Noël, si on m'écrit à 9h, j'ai l'ouvrage à 10h.»

Lors des périodes de rush, Luca Ambrogio Santini se rend tous les matins chez les distributeurs qui l'approvisionnent. Mais si la distance le séparant de ses clients est trop grande, le libraire leur conseille de se tourner vers le réseau créé il y a dix ans dans le pays: Bookdealer, une plateforme destinée à soutenir les librairies indépendantes, qui sont près de 700 à l'avoir rejointe. «On s'est mis en commun car on était confrontés aux mêmes difficultés», se souvient le cycliste littéraire.

Entre 2012 et 2017, 2.332 librairies et papeteries auraient fermé dans le pays, et la saignée ne semble pas près de s'arrêter. «En un an, on a perdu six librairies du réseau», assure Luca Ambrogio Santini. L'homme voit tout de même le verre à moitié plein: «Une nouvelle ouvre samedi.» Et lui-même s'y retrouve financièrement parlant, selon ses dires: «Je gagne un quart de ce que je gagnais avant, mais j'ai moins de frais. Je m'en sors bien.»

Aujourd'hui, Luca Ambrogio Santini espère susciter des vocations. Quelques projets semblables au sien semblent actuellement germer un peu partout. En France, Fernando Sanchez, par exemple, a fait pareil dans la région lilloise, tout comme Robin Ranjore à Redon (Ille-et-Vilaine), Adeline Barnault dans l'Essonne, David Blouët à Bourbon-L'Archambault (Allier), ou encore Marion Bonilli à Nantes pendant un temps.

À Milan, deux Françaises (Aurélie Bazex et Caroline Zanon) s'y sont elles aussi mises pendant la pandémie de Covid-19 en ouvrant, en novembre 2021, la Librairie William Crocodile, une bouquinerie itinérante de littérature jeunesse française, notamment installée à la sortie du lycée français milanais.

«C'était compliqué pendant le Covid de se faire livrer des livres en français: les frais de port ont augmenté, les livraisons étaient plus longues. Donc on a lancé ce projet. On ne connaissait pas celui de Luca avant», assure Aurélie Bazex qui l'a quand même contacté. «On a échangé avec lui et il nous a prodigué quelques conseils. On doit maintenant se rencontrer. Avec Luca, c'est une suite de rendez-vous manqués», plaisante celle qui a travaillé dans le e-commerce, notamment pour Amazon, dans les années 2000.

Luca Ambrogio Santini , de son côté, était employé par une banque avant de bifurquer. Plus précisément, il a passé un temps au milieu des dollars, des lires, des pesetas et des deutschemarks, dans un bureau de change. «L'euro est arrivé. J'ai bougé temporairement dans une autre entreprise, mais je n'avais plus envie d'exercer ce métier. Je me suis fiancé et je suis devenu libraire», raconte-t-il.

«Je pense que mes clients préfèrent acheter mes livres plutôt que ceux d'Amazon... Quand j'arrive, ils peuvent discuter avec moi. Quand j'emmène les livres chez les gens, ils me donnent régulièrement à boire et à manger.»

Si vous souhaitez faire la même chose, ce féru de Georges Perec, d'Italo Calvino «et de beaucoup d'autres» a un conseil: «La chose que j'ai apprise en premier, c'est de nettoyer les livres tous les jours. Car en les nettoyant, tu comprends ce qui a été vendu le jour d'avant et les goûts de tes lecteurs. Au début, je me suis un peu trompé, j'ai acheté des choses qui ne plaisaient pas... Il faut se spécialiser.»

Pour l'anecdote, sachez enfin qu'une Rochelaise a quasiment fait le chemin inverse du Milanais: Muriel Moulin avait lancé, dès 2008, sa librairie itinérante en camion: Esprit nomade. Après sept années à sillonner les routes, elle a fini pour ouvrir sa «petite librairie en dur» à Courçon, un village de 1.879 habitants. Pas en Castilla-La Mancha, mais en Charente-Maritime.

libraire Livres vélo
https://www.slate.fr/story/250057/librairie-itinerante-livres-velo-milan-italie-don-quichotte-luca-ambrogio-santini-concurrence-amazon
Pourquoi y a-t-il des plages de galets et d'autres de sable? | Slate.fr
Mon 31 Jul - 10:11

Ernest Ginot — 31 juillet 2023

Une différence gravée dans la roche.

La plage de Fort-Mahon sur la Côte d'OpaleLa plage de Fort-Mahon sur la Côte d'Opale

Les vacances, l'été, la mer, le sable... ou les galets? Si pour beaucoup, la plage est avant tout synonyme de sable fin, il n'en est pas ainsi sur de nombreux bords de mer. D'Étretat à Dieppe, en passant par Nice ou Collioure, les plages de galets sont présentes un peu partout en France. Pour le plaisir des uns, et le malheur des autres.

Sur les plages, deux clans s'affrontent. La team sable, qui vante le confort des grains fins une fois allongé sur sa serviette, sans oublier la construction de châteaux qui occupe les enfants. Et la team galets, qui déteste ce sable souvent brûlant, qui finit soit dans les yeux quand un vacancier a le malheur de secouer sa serviette, soit à la maison une fois les chaussures enlevées. Tant pis pour les châteaux, le galet est roi.

Au lieu d'opposer ces deux France irréconciliables, revenons-en plutôt à la racine même de leurs divergences: pourquoi les plages sont elles si différentes? Pourquoi y en a-t-il de galets et d'autres de sable?

Sédiments et érosion

Avant que l'on s'y prélasse pendant des heures, une plage c'est avant tout une accumulation de sédiments. C'est un gigantesque dépôt de roches en tous genres, où se mêlent par-ci par-là des coquillages cassés, dont les morceaux se sont éparpillés avec le temps. D'où viennent ces sédiments? D'un peu partout. Des fonds marins aux rivières, sans oublier les falaises et récifs sans cesse heurtés par les vagues. En bout de course, ils finissent là, sous votre serviette.

Pas si vite. Entre un morceau de falaise et un grain de sable fin, il y a une petite différence! Une marge due à l'érosion. La pluie, le vent, et les vagues érodent, dégradent avec le temps, tout ce qu'ils trouvent sur leur passage, jusqu'à transformer des blocs massifs en grains minuscules: les fameux sédiments.

Alors, pourquoi existe-t-il des plages de galets ou de sable, me direz-vous. Étant donné que la plage est essentiellement le résultat de l'érosion des roches environnantes, la composition de ces dernières influence directement le type de plage auquel on aura affaire.

Au grès du vent et des courants

Si l'on part en vacances dans le Sud-Ouest par exemple, on s'apercevra que la région est particulièrement riche en grès. Formé de grains agglomérés par un ciment naturel, le grès s'effrite avec l'érosion et la roche finit par se diviser en d'infimes morceaux qui viennent se déposer sur la plage: une plage qui sera donc faite de sable fin. Il en va de même pour le granite, qui se transforme en sable, notamment sur certains endroits de la côte en Bretagne. Un sable un peu moins fin certes, mais un sable tout de même.

Si, au contraire, vous prenez la direction de la Normandie, c'est à la craie que vous aurez affaire. Prenez Étretat: ses magnifiques falaises blanches sont faites de craie, et ses immenses arches naturelles sont le fruit de l'érosion par la mer. Frappée par les vagues, le vent et la pluie, la craie se dissout et libère des galets de silex qu'elle abritait. Les galets, arrondis par les frottements, viennent ensuite se déposer sur le rivage, poussés par les courants marins.

Le courant est également un facteur influençant directement la nature d'une plage. Si cette dernière est exposée aux vagues et aux va-et-vient incessants de l'eau, les sédiments les plus fins se voient souvent emportés. Ils laissent derrière eux les gaillards les plus lourds, les galets, bien décidés à ne plus se bouger la roche. Là où les eaux sont en revanche calmes, le sable se maintient. Et quand elles stagnent, complètement abritées de tout courant? C'est la vase qui vient se joindre à la fête. Un troisième clan, qui ne fait sûrement pas l'unanimité.

Des plages en voie de disparition?

Si l'on se chamaille aujourd'hui pour savoir qui du sable ou des galets (désolé la vase, mais tu ne fais pas le poids) fait les meilleurs plages, il se pourrait qu'un jour, notre choix soit réduit. Avec le changement climatique, les littoraux sableux sont en effet plus que jamais menacés.

Ces derniers, qui couvrent près d'un tiers du linéaire côtier mondial, s'érodent à vitesse grand V avec l'augmentation du niveau moyen de la mer. Une tendance qui risque de s'aggraver tout au long du siècle. Pas au point de faire disparaître entièrement les plages de sable, mais en réduisant considérablement leur nombre.

Le phénomène est notamment accentué par la demande constante de sable. Particulièrement convoité pour les constructions, il est extrait en quantité toujours plus importante. Pourtant, il arrive de moins en moins dans les mers, freiné par les barrages sur sa route. Les plages, encore un de ces trucs que l'on aura réussi à foutre en l'air ?

Fort-Mahon plage sable
https://www.slate.fr/societe/lexplication/pourquoi-plages-sable-galets-erosion-roches-disparition
Elle est la plus photographiée sur Instagram: on a enquêté sur cette épave échouée depuis des décennies à Toulon - Var-Matin
Fri 21 Jul - 09:18

La barque de la Tour Royale par KatLa barque de la Tour Royale par Kat

La cabine rouge du téléphérique, Cuverville, l’anse Méjean, la fontaine de la place de la Liberté, les ruelles de la vieille ville, le port, la vue du Faron, l’opéra, la plage de la Mitre… et la barque de la Tour Royale.

Dans le top 10 des sujets les plus photographiés à Toulon figure depuis des années la petite épave de bateau gisant dans les douves de la "Grosse tour".
Sur le réseau social Instagram, monochrome ou en couleur, avec ou sans filtre, en long ou en large, elle est une véritable star. Il faut dire que cette barcasse a du style, avec ses planches de bois rongées par la mer et les ans.
La coque grise, légèrement bleutée, légèrement penchée, dégage un romantisme mélancolique en même temps qu’une invitation à rêver.
Fut-ce une chaloupe qui, un jour, permit de sauver des naufragés? Un bateau de pêche qui côtoya les plus étranges créatures marines? Une embarcation belliqueuse? Et pourquoi son propriétaire décida-t-il de l’abandonner ici, dans ce fossé rempli d’eau saumâtre où nul esquif ne s’aventure jamais?

"Elle est là depuis au moins 1992"

"Aucune idée", répond Jean-Marc, habitué à ferrer la dorade en entrée de rade. Ainsi qu’un meuble du décor, les Toulonnais ne prêtent plus guère attention à la fameuse coquille de noix, laissant aux touristes le soin de s’extasier devant son potentiel photogénique.
Pourtant, il va sans dire que si la Tour Royale a été érigée au XVIe siècle, le navire, lui, n’est sans doute pas centenaire.
À deux pas, sur le port Saint-Louis, les pêcheurs de l’Union maritime du Mourillon bottent aussi en touche quand on leur demande de se creuser la mémoire.
Moustaches à la gauloise, l’air d’avoir barré des générations de pointus, Lucien Merlo, 84 ans, visualise certes la "bête" mais jure ignorer son histoire. "Contactez Thomas à la chambre de commerce. Lui, il connaît tout sur tout ce qui flotte à Toulon."
Sauf que Thomas Le Gall, maître de port principal de son état, ne nous avance pas plus. "Je n’ai aucune info concernant cette épave, qui est là depuis au moins 1992!"
Même son de cloche à la prud’homie de pêche, où on ne sait rien. Pas plus, pas moins qu’au service historique de la Défense, au musée de la Marine ou à la municipalité. Quoique…

L’hypothèse "scout"

Dans les étages de la mairie, une éventualité est avancée, non sourcée, du bout des lèvres. Il pourrait s’agir d’une "barque de scouts marins, datant des années 70, trouvée là en 2001 lorsque la Ville a récupéré le site". Après enquête auprès de ses vétérans, l’organisation créée par Baden-Powell confirme.
"C’est un canot", croit savoir Fred, ancien scout marin de Toulon, qui prononce le mot à l’anglaise. "Un bateau lourd, avec des avirons longs et une voile aurique. On apprenait aux jeunes à naviguer là-dessus. Quand j’étais minot, c’est ce qui m’a donné le déclic et l’amour de la voile."
D’après lui, cette embarcation et d’autres du même type provenaient alors de la base navale, où elles furent auparavant utilisées par la Marine nationale afin de former les appelés.
Les scouts de France et d’Europe auraient fini par les délaisser pour passer aux "loups de mer", des bateaux en plastique plus légers et manœuvrables.
L’amiral Yann Tainguy, ex-préfet maritime, souscrit lui aussi à l’hypothèse "véhicule militaire". Et d’évoquer "une baleinière, qui était déjà là avant que la Marine ne transfère la Tour Royale à la Ville". Une piste qui a le mérite de réveiller Google.

La baleinière du CM Dompaire?

Sur le forum de Netmarine.net, il y a treize ans, un certain Comargoux se demandait s’il ne pourrait pas s’agir "d’une baleinière du Dompaire"?
Ce dragueur océanique, transféré des États-Unis à la France en 1954 dans le cadre du plan Marshall, a aussi servi comme chasseur de mines entre 1977 et 1988. Des photos le montrent effectivement avec une sorte de chaloupe sur son pont arrière.
D’autres clichés pris à la Tour Royale il y a quelques années, laissent entrevoir sur la coque de l’épave une immatriculation (disparue) - M616 - qui correspondrait à celle du Dompaire. Troublant… au minimum.
Reste à savoir comment, scouts ou pas scouts, le rafiot aurait échoué à la Mitre. Pour Cristina Baron, ex-administratrice du musée de la Marine, là n’est peut-être pas l’essentiel.
"Comme la sculpture de Tadashi Kawamata, qui avait empilé des bateaux abandonnés sur la place Monsenergue, ce navire qui se désagrège est un symbole. Cela incite à réfléchir sur l’avenir des mers et l’impact de l’homme "
L’hameçon en berne, Jean-Marc, lui, soupire: "Puisque tout le monde la trouve si belle, cette barcasse, il faudrait peut-être penser à la retaper…" Chiche?

barque mer Toulon Tour-Royale
https://www.varmatin.com/vie-locale/elle-est-la-plus-photographiee-sur-instagram-on-a-enquete-sur-cette-epave-echouee-depuis-des-decennies-au-pied-de-la-tour-royale-a-toulon-862293
Le Mont-Saint-Michel en Bretagne ? Le Conseil européen fâche les Normands sur Instagram - Huffington Post
Sat 15 Jul - 06:48

Le mont Saint-Michel - Crédit photo : KatLe mont Saint-Michel - Crédit photo : Kat

Le quiz spécial 14-Juillet du Conseil européen sur Instagram comporte une erreur qui va renforcer la rivalité entre les deux régions.
Par Le HuffPost

L’éternelle rivalité entre les Bretons et les Normands ne risque pas de prendre fin de sitôt. Le Conseil européen a remis une pièce dans la machine en écrivant dans sa story Instagram (images éphémères) que le Mont-Saint-Michel, dont l’abbaye fête ses 1 000 ans cette année, se situait en Bretagne.

Le Conseil européen (institution européenne qui représente les chefs d’États et de gouvernement des pays membres de l’UE) a créé un quiz sur son compte Instagram ce vendredi 14 juillet à l’occasion de la Fête nationale française. La première question est la suivante : « Quelle région française a lancé une campagne sur Twitter pour avoir un émoji à l’effigie de son drapeau ? » Trois réponses possibles : la Provence, la Bretagne ou Paris ?

La bonne réponse est la réponse 2, Bretagne. Problème : pour illustrer la question a été ajoutée une photo du Mont-Saint-Michel... qui se trouve en réalité en Normandie, dans le département de la Manche.
Une rivalité vieille de centaines d’années

La dispute entre les Normands et les Bretons sur le Mont-Saint-Michel remonte à des centaines d’années, comme le rappelle Le Monde dans un article paru début juin. Le JDD précise que l’évêque Saint Aubert (un Normand) a, en 708, consacré à Saint Michel un des deux petits oratoires présents sur cette île quasi-déserte.

Des habitants se sont ensuite réfugiés ici pour échapper aux invasions des Vikings, puis l’île a été cédée en 867 à la Bretagne par le roi de France qui avait besoin d’aide pour vaincre ces guerriers. Enfin, ajoute Le Monde, le roi des Francs Raoul 1er a rendu le Cotentin et l’Avranchin (et donc le Mont-Saint-Michel) à Guillaume Ier de Normandie en 933.

Le Conseil européen n’est pas le seul à avoir mis le Mont-Saint-Michel en Bretagne. Comme le rappelle BFMTV, le New York Times s’était aussi trompé en 2019 sur son compte Instagram. Même Le Monde avait fait l’erreur en 2020 : le journal avait écrit qu’Emmanuel Macron faisait un déplacement en Bretagne et avait illustré l’article avec le Mont-Saint-Michel. « Non, le Mont-Saint-Michel n’est toujours pas en Bretagne ! », avait rétorqué l’hebdomadaire normand La Manche libre.

Bretagne Mont-Saint-Michel Normandie
https://www.huffingtonpost.fr/france/article/le-mont-saint-michel-en-bretagne-le-conseil-europeen-fache-les-normands-sur-instagram_220664.html
Pour votre jardin, vous pouvez planter des fleurs grâce aux sachets de tisane qui traînent dans vos placards
Sun 11 Jun - 08:44

Pour votre jardin, vous pouvez planter des fleurs grâce aux sachets de tisane qui traînent dans vos placards

Vous n’avez pas la main verte et ne savez pas comment égayer simplement votre jardin ? Plantez le contenu de sachets de tisane. Un minimum d’effort pour un maximum d’effet garanti.

Un sachet de camomille, de nigelle, de pavot ou autre peut vous donner un joli parterre d’herbes fleuries.

JARDIN - Si la période des semis est passée, il est tout de même possible d’embellir votre jardin à l’aide d’une méthode simplissime : planter le contenu des sachets de tisane qui traînent dans vos placards, parfois depuis plusieurs années. Pour cela, il suffit de se saisir d’un sachet de camomille, de nigelle, pavot ou autre plante fleurie. Périmé ou non, peu importe.

Frottez le sachet de tisane entre vos mains pour libérer les graines, dispersez-les sur une parcelle de terre nue en plein soleil, arrosez les bien et le tour est joué. La camomille, connue pour ses propriétés apaisantes et favorisant le sommeil, donne ainsi également de très jolies fleurs blanches, parfumées, semblables à des marguerites, qui égayeront votre pelouse, comme l’explique le HuffPost UK.

Les graines de nigelle donnent elles des fleurs plus fines et délicates, généralement de couleur pastel, parfaites pour combler les espaces vides dans votre jardin. Elles peuvent également être cultivées à côté d’autres fleurs, ce qui permet d’obtenir une végétation diversifiée sans effort.Les graines de nigelle donnent elles des fleurs plus fines et délicates, généralement de couleur pastel, parfaites pour combler les espaces vides dans votre jardin. Elles peuvent également être cultivées à côté d’autres fleurs, ce qui permet d’obtenir une végétation diversifiée sans effort.

Une belle pelouse sans effort

Pendant le premier mois ou jusqu’à la floraison, veillez à arroser régulièrement le sol. Une fois qu’elles ont fleuri, ces herbes sont très autonomes et continueront à prospérer d’elles-mêmes. Autre avantage : leur prix, qui est sans comparaison avec celui des graines vendues dans les magasins d’horticulture. Ne serait-ce qu’une demi-cuillère à café peut suffire à donner des tas de plantes.

Les petits sachets remplis de fleurs séchées sont récoltés mécaniquement et contiennent invariablement des têtes de graines mûres. Ces herbes ont presque toutes évolué afin de coloniser des sites ensoleillés, exposés, avec un sol pauvre et des niveaux d’eau bas, ce qui les rend très résistantes et faciles à cultiver. C’est le propre des « mauvaises herbes ».

Un bon exemple est le fenouil, que l’on trouve couramment sur les voies ferrées et dans les tas de décombres. L’aneth, qui est étroitement apparenté, peut être cultivé de la même manière. En tout cas, c’est une méthode facile et écolo de fleurir votre jardin ou jardinière. Et d’une année sur l’autre, les plantes repoussent.

fleurs jardin nature plantes
https://www.huffingtonpost.fr/life/article/pour-votre-jardin-vous-pouvez-planter-des-fleurs-grace-aux-sachets-de-tisane-qui-trainent-dans-vos-placards_218991.html
Après 3 000 ans de séparation, les pièces d’un puzzle pharaonique s’assemblent à Copenhague - politiken.dk
Fri 12 May - 06:46

Kija et Akénaton - Photo Martin LehmannKija et Akénaton - Photo Martin Lehmann

Par Ida Herskind - Politiken - 25 janvier 2023

Des reliefs égyptiens de la cité d'Amarna sont réassemblés après avoir été séparés pendant plus de 3 000 ans. Lors de la désintégration de la ville, les blocs de décorations ont été dispersés aux quatre vents et ce n'est qu'en 2013 que l'égyptologue américain Raymond Johnson a découvert qu'ils s'emboîtaient les uns dans les autres. À gauche, le relief du Metropolitan Museum of Art de New York, représentant le pharaon Akhenaton sacrifiant un canard au dieu soleil Aton. Le relief du Glyptotek de droite représente à l'origine sa seconde épouse, Kija, mais son nom a été effacé par la suite et remplacé par celui de la princesse Meritaten, fille de la première épouse du pharaon, la reine Néfertiti. L'arrière de sa tête a également été allongé pour ressembler à celle de la princesse.

A la Glyptothèque de Copenhague, une salle d’exposition révèle au public un relief vieux de trois mille ans. D’une longueur de 52 centimètres, il faisait autrefois partie d’un motif plus important plaqué sur un mur décoré d’un palais d’Amarna, une cité de l’Égypte antique.

Le relief représente le visage de Kiya, l’épouse secondaire du pharaon Akhenaton. Portant une perruque nubienne, elle regarde les rayons du soleil. Jusqu’à une date récente, la Glyptothèque ignorait que cette femme élégante était une pièce d’un puzzle.

Son nom et son titre, “femme très aimée”, avaient été arrachés du mur décoré. Trois ans seulement après son mariage, l’épouse en question était tombée en disgrâce. Et, pendant des milliers d’années, le mystère est resté entier sur la ou les personnes qui avaient essayé de la rayer de l’histoire.

Jusqu’au jour récent où W. Raymond Johnson, égyptologue à l’Université de Chicago, a découvert que le relief de la Glyptothèque correspondait à un autre relief du Metropolitan Museum of Arts à New York. On y voit le pharaon Akhenaton en train de faire une offrande au dieu solaire, Aton. Lorsque les deux morceaux sont associés, on comprend tout de suite ce que Kiya tient dans ses mains. Le motif donne un éclairage nouveau sur son rôle et son importance.

Une page d’histoire s’est donc écrite avec la réunion des deux reliefs présentés côte à côte à l’occasion de l’exposition de la Glyptothèque inaugurée le 26 janvier dernier : Amarna – Cité du Dieu Soleil. “Ce jour est enfin arrivé. On se souviendra désormais de leur histoire”, lance Tine Bagh, conservatrice de la Glyptothèque pour les collections égyptiennes.

Akhénaton Égypte
https://politiken.dk/kultur/art9172912/I-3.000-%C3%A5r-har-det-v%C3%A6ret-et-mysterium.-Nu-er-det-blevet-l%C3%B8st-i-K%C3%B8benhavn
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Tue 9 May - 15:50

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Humour électrique
Thu 20 Apr - 14:57

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Fake-News
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Faut-il chasser les œufs de Pâques le dimanche ou le lundi? - BFM TV
Fri 7 Apr - 19:24

Des œufs de Pâques colorés - Daniel Karmann - DPA - AFPDes œufs de Pâques colorés - Daniel Karmann - DPA - AFP

Le week-end de Pâques est dévolu dans de nombreuses familles à une chasse aux oeufs en chocolat. Une tradition qui a des origines anciennes et parfois énigmatiques.

Le débat est presque aussi important que celui de l'ouverture des cadeaux de Noël le 24 décembre au soir ou le 25 au matin. Faut-il chasser les œufs de Pâques le dimanche? Le lundi? Et au fait, pourquoi cherche-t-on des œufs en chocolat?

On trouve des signes d'échanges de confiseries autour de Pâques dès le XVe siècle, explique l'historienne Nadine Cretin à BFMTV.com. Mais les œufs aussi ont un rôle particulier dans cette fête depuis la fin du Moyen-Âge.

Symbole d'immortalité

"L'œuf est un symbole ancien d'immortalité et Pâques est la fête de la résurrection", rappelle la spécialiste des fêtes et traditions françaises. Dans la religion catholique, le dimanche de Pâques est celui de la résurrection de Jésus, après son dernier repas le jeudi et sa mort le vendredi.

Sur son site, l'Église catholique en France explique que "de nombreuses fêtes païennes" célébraient "la résurrection de la nature symbolisée par l’œuf, porteur d’un germe de vie", mais que "le roi Louis XIV fait de l’œuf décoré de Pâques une institution".

Le printemps correspond d'ailleurs au début de la ponte des poules et donc au retour des œufs dans les assiettes. En France, le passage aux œufs en chocolat s'est fait au XIXe siècle: "avant, le chocolat était plutôt consommé de manière liquide, avec un but thérapeutique". Mais au XIXe siècle, l'usage des moules s'est répandu, et donc celui des œufs en chocolat à Pâques.

Le dimanche ou le lundi?

Une question demeure: quelle est la journée dédiée à l'échange de confiseries, entre le dimanche de Pâques et le lundi férié? Selon Nadine Cretin, la tradition est claire: il s'agit du dimanche. Les cloches des églises arrêtent de sonner pendant trois jours "en signe de deuil", relate la Conférence des évêques de France (CEF) sur le site de l'Église catholique française.

"Pour expliquer l’absence de sonnerie pendant cette période, on a dit longtemps aux enfants que les cloches partaient à Rome", ajoute la CEF.

On dit que les cloches apportent les œufs de Pâques, mais l'origine de cette croyance est "énigmatique", d'après Nadine Cretin. Toujours est-il que les cloches recommencent à sonner dans la nuit du samedi au dimanche, les œufs devraient donc plutôt arriver le dimanche matin dans les jardins. Mais le lundi étant férié depuis 1886, certaines familles décident de procéder à cette tradition ce jour-ci. Comme pour l'ouverture des cadeaux de Noël, chacun fait comme il le souhaite, et le peut.

chocolat oeufs Pâques tradition
https://www.bfmtv.com/societe/faut-il-chasser-les-oeufs-de-paques-le-dimanche-ou-le-lundi_AN-202304070296.html
Edito. La complainte d'une canette - Var-Matin
Sun 12 Mar - 06:37

La défense de l'environnement passe aussi par les petits gestes du quotidien. Une canette de soda négligemment jetée dans la nature raconte ses déboires.
Publié le 11/03/2023 par Éric Neri

Canette - photo DRCanette - photo DR

Je suis mignonne, tout en aluminium. J’ai une taille de guêpe et un poids constant. Je suis une canette de soda. Mon volume est de 33 cl.

Nous ne sommes pas toutes pareilles dans la famille. Certaines de mes congénères se glissent dans une poche ou tout au contraire ont de l’embonpoint pour étancher de grandes soifs.

J’ai envahi, il y a quelques décennies, les rayons des supermarchés et les comptoirs des bars, détrônant les petites bouteilles en verre ou en plastique.

Mes collègues qui contiennent des aliments solides n’ont pas la chance d’avoir un gracieux petit nom comme moi. On les appelle des boîtes de conserve. Pas très glamour.

Avec mon joli minois, je pourrais, j’en suis sûre, être sélectionnée au festival de cane(tte), à l’affiche du prochain film de Guillaume Canet. Bon, j’entends déjà certains qui ricanent, j’arrête de me faire mon cinéma.

Aujourd’hui, me voilà gisant dans l’herbe, au ras des pâquerettes. Je suis vidée, épuisée depuis que mon opercule a été ouvert par une traction sur l’anneau avec lequel je suis indéfectiblement liée depuis ma naissance.

J’ai beaucoup à me faire pardonner: je contenais une boisson gorgée de sucres

L’ado qui m’a laissé choir en pleine nature, après m’avoir consommée par petites gorgées, n’a pourtant que le nom de Greta Thunberg à la bouche. Il ne manque aucun de ses faits et gestes sur les réseaux sociaux.

A la première occasion de mettre en pratique son discours, le voilà aux abonnés absents ! J’entends déjà ses objections, c’est toujours la même rengaine: “Qu’on s’occupe d’abord des gros pollueurs qui bousillent la planète et s’en mettent plein les poches.” Je crois également aux petits ruisseaux qui font de grandes rivières, si chacun fait sa part, à son échelle.

Je suis très engagée dans la défense de l’environnement, d’autant que j’ai beaucoup à me faire pardonner. Je contenais une boisson gorgée de sucres.

Mes collègues, outre-Atlantique, portent une bonne part de responsabilité dans l’obésité de millions d’Américains. Je crains que, chez nous aussi, de moins en moins de consommateurs ne résistent à l’appétit vorace des multinationales de l’agroalimentaire.

Si rien ne se passe, je vais dépérir pendant au moins cent ans dans la nature. Pourtant, comme les hindous, je crois en la réincarnation, pour peu que mes propriétaires successifs prennent soin de moi en me recyclant.

Je peux avoir sept vies au moins en intégrant tour à tour une voiture, une véranda, un TGV, une barquette alimentaire... Pourquoi me priver de toutes ces expériences exaltantes?

J’attends que quelqu’un me tende une main secourable et me jette dans une poubelle jaune (NDLR : grise au Revest). La planète sera préservée et mon avenir assuré.

civisme environnement recyclage
https://www.varmatin.com/edito/edito-la-complainte-dune-canette-833792
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