Afficher/masquer le menu Un beau jour ...
  • Mots-clefs
  • Ma Tribu
  • Chronica
  • Comoni !
  • Voyages
  • Contact
    ► Lancer les Vidéos
  • Rechercher
  • Options d’affichage
    • Liens par page :
    • 20 liens
    • 50 liens
    • 100 liens
  • RSS Feed
  • Connexion
1 résultat(s) tagué(s) histoire  x

  Le choix de Kat pour des actualités toniques, positives, colorées, décalées, légères, pleines d'espoir, d'humour et d'amour de la vie. Clic sur le titre pour ouvrir l'article sur le média original.

Les Gaulois avaient-ils vraiment peur que le ciel leur tombe sur la tête? | Slate.fr
Mon 27 Apr - 09:38

La formule est restée gravée dans notre imaginaire collectif. Dans les bandes dessinées ou les dessins animés des aventures d'Astérix et Obélix, les valeureux guerriers gaulois, capables d'envoyer valser d'une simple pichenette des centaines de Romains, n'avaient peur que d'une chose: que le ciel leur tombe sur la tête. Et la potion magique du druide Panoramix n'y pouvait rien. Par Ernest Ginot

Des guerriers gaulois avec leurs casques, leurs épées et leurs boucliers dans le livre France: son histoire racontée par G. Montorgueil, imagée par Job (1896). Collection privée. | © Bianchetti / Leemage / Bridgeman ImagesDes guerriers gaulois avec leurs casques, leurs épées et leurs boucliers
Dans le livre France: son histoire racontée par G. Montorgueil, imagée par Job (1896)

Simple boutade pour faire rire les enfants ou vérité historique? La réponse est… oui, les Gaulois avaient bel et bien peur que le ciel leur tombe sur la tête! Mais l'interprétation de cette phrase est trompeuse. On vous explique pourquoi.

Une punchline lancée à Alexandre le (pas si) Grand

L'origine de cette expression vaut le détour et remonte à un épisode rapporté par un grand nombre d'auteurs antiques. Vers 335 avant J.-C., une délégation d'ambassadeurs gaulois rencontre Alexandre le Grand (356-323 avant J.-C.). Attablé à un banquet, celui qui deviendra l'un des plus grands conquérants de l'histoire demande à ces guerriers venus d'Occident ce qu'ils craignent le plus sur terre.

S'attendait-il à ce que les Gaulois glorifient sa puissance en expliquant qu'ils craignaient particulièrement sa force? C'est raté. Les guerriers rétorquent qu'ils n'ont peur de rien, sauf… que le ciel leur tombe sur la tête. Coup dur pour Alexandre. La réplique traversera les siècles pour arriver jusqu'à nous. Pourtant, en chemin, elle a quelque peu perdu de sa substance et de son contexte. Et c'est ici l'occasion de remettre les points sur les i (du mot menhir).

Se placer face à Alexandre le Grand et affirmer ne rien craindre de terrestre, pas même les plus puissants conquérants, c'est sacrément badass.

Dans notre imaginaire, cette crainte traduirait le caractère simpliste des Gaulois, celui de barbares incultes qui auraient peur des éléments, faute de pouvoir les expliquer. À y regarder de plus près, cette réplique lancée à Alexandre le Grand est avant tout une punchline acerbe, boostée à la potion magique.

Dans la mentalité gauloise, le courage est valorisé et l'exploit guerrier encouragé. Se placer face à Alexandre le Grand et affirmer ne rien craindre de terrestre, pas même les plus puissants conquérants, c'est sacrément badass. Car c'est cela que cette réplique veut raconter en sous-texte: les Gaulois sont intrépides et seule une force venue du ciel est digne de leur crainte.

Des croyances bien particulières

Ce n'est pas tout. Même si elle est sacrément bien envoyée, la formule ne relève pas uniquement de la bravade: elle s'appuie sur une véritable conception du monde. Pour faire simple, les Gaulois imaginaient l'univers comme une structure ordonnée. La Terre serait surmontée d'une voûte céleste soutenue par des piliers. Une sorte de grand préau, sous lequel les humains seraient à l'échelle d'une fourmi. Vous voyez le genre?

Comme dans toute construction du BTP, les piliers ne sont pas toujours très solides. Il était donc tout à fait concevable à l'époque que cette voûte finisse un jour par s'effondrer. Cela ne signifiait pas que les Gaulois vivaient dans la peur constante d'un effondrement du ciel. Loin d'une catastrophe absolue, cela s'apparentait plutôt à une fin de cycle.

Selon leurs croyances, l'univers était appelé à connaître des phases de destruction et de renaissance. Le feu et l'eau pouvaient un jour tout engloutir, avant qu'un nouvel ordre n'émerge. Et si le ciel leur tombait sur la tête, ce n'était donc pas la fin absolue, mais plutôt la fin d'une ère, dans une vision cosmique du destin du monde. Euuuh, ça fumait déjà du cannabis à l'époque?

Si on imagine un instant nos ancêtres gaulois discuter cosmos autour d'un gros joint d'herbe, le dealeur du coin ne serait nul autre que le druide du village. Un type à première vue un peu perché, mais pas moins essentiel dans la société gauloise. Prêtre, savant, juge, mais aussi conseiller politique, le druide détenait le savoir, réglait les conflits entre les peuples et assurait un véritable rôle d'intermédiaire entre les humains et les dieux. C'est lui qui transmettait cette conception complexe de l'univers, avec les piliers et ce fameux ciel qui pourrait, un jour, tomber sur leur tête. Pas très optimiste l'ancien.
Quelques autres clichés à démonter

Tant que nous y sommes, on en profite pour balayer deux ou trois idées fausses sur nos ancêtres gaulois. Leur société est bardée de clichés, qui leur collent aux braies et qui sont pour la plupart totalement faux. Des idées reçues qui, comme la référence à la peur de la chute du ciel, présentent ce peuple comme inculte, comme des barbares vivant de façon rudimentaire. La réalité est tout autre.

Déjà, les habitations gauloises n'étaient pas des huttes bringuebalantes. Organisées autour de grandes exploitations agricoles, les maisons étaient faites avec de solides charpentes et toitures. Les Gaulois possédaient des calendriers très élaborés, fondés sur l'observation des cycles lunaires et solaires. Ils faisaient aussi attention à leur apparence, soignaient leur coiffure (qu'ils teignaient parfois) et leur moustache, utilisaient du savon et même une sorte de dentifrice. Skincare version gauloise, on ne l'avait pas vu venir.

Côté banquets, c'est la même chose. On était loin des repas chaotiques de notre imaginaire, avec des sangliers en abondance, car les Gaulois n'en mangeaient en réalité quasiment jamais. Les festins gaulois, qui venaient célébrer des victoires militaires ou des rituels religieux, étaient ordonnés. Ils obéissaient à des règles précises et suivaient une hiérarchie stricte. Le plus brave et prestigieux des guerriers gaulois recevait les meilleurs morceaux. On n'imagine pas la taille de l'assiette de ceux qui ont sorti la punchline à Alexandre le Grand, une fois de retour chez eux!

histoire
https://www.slate.fr/societe/lexplication/gaulois-avaient-ils-vraiment-peur-ciel-leur-tombe-sur-tete-histoire-alexandre-grand-guerriers-croyances-cliches

 Tags

Nuage de tags