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  Le choix de Kat pour des actualités toniques, positives, colorées, décalées, légères, pleines d'espoir, d'humour et d'amour de la vie. Clic sur le titre pour ouvrir l'article sur le média original.

Le céruléen, une couleur encore plus difficile à fabriquer que le bleu | National Geographic | National Geographic
Mon 4 May - 20:07

Le mot de Kat : c'est beau, c'est bleu !

"Le diable s’habille en Prada" a fait d’un pull bleu céruléen un moment de l’histoire de la mode. L’histoire scientifique de cette couleur est bien plus ancienne, et bien plus fascinante encore.

Certains, à la vue d’un pull bleu foncé, peuvent ne rien en penser et se dire qu’il est tout simplement bleu. Mais il existe une multitude de bleus, du bleu marine au bleu layette. Et dans le cas d’un pull du film Le diable s’habille en Prada, « c’est en réalité du céruléen ». Dans une scène devenue célèbre, le personnage incarné par Meryl Streep, Miranda Priestly, rédactrice en chef de Runway, livre à la malheureuse assistante Andy, vêtue d’un pull bleu céruléen, une homélie désormais anthologique sur l’histoire de la mode et sur l’origine de son chandail « repêché dans un bac de pulls soldés ».

Le céruléen a une histoire fascinante. Les bleus, céruléen compris, comptent parmi les couleurs les plus rares à l’état naturel et sont extraordinairement difficiles à créer. Et pourtant, à travers l’histoire, les humains n’ont jamais arrêté d’essayer de figurer le bleu d’un ciel parfait.

Alors que Le diable s’habille en Prada 2 fait revenir Miranda Priestly sur les écrans, il n’est pas superflu de se demander ce qu'il faut pour créer une couleur qui ne soit pas simplement du turquoise ou du lapis, mais du céruléen. Il s’avère que pour fabriquer le bon bleu, les scientifiques ont besoin d’éléments allant du cobalt, qui a des teintes bleutées, au potassium et au magnésium. De plus, une nouvelle étude montre que certains fabricants de peinture, dans leur quête de couleurs et de profits, ont peut-être tenté de garder secrète leur chimie céruléenne.

« Le bleu en tant que chose avec laquelle on pouvait peindre des objets est apparu assez tard », rappelle Kai Kupferschmidt, journaliste scientifique et auteur du livre Blue : The Science and Secrets of Nature’s Rarest Color paru en 2022 (non traduit en français).

Cela est en partie dû à sa rareté à l’état naturel. Les humains peignent avec des couleurs depuis plus de 60 000 ans, mais on se limitait souvent au gris anthracite, au rouge et au jaune, comme l’écrit Kai Kupferschmidt. Les premiers pigments bleus connus furent obtenus en moulant de l’azurite et utilisés dans des tombes en Turquie il y a près de 9 000 ans.

Les pharaons égyptiens importèrent à grand frais du lapis-lazuli, une roche bleu foncé riche en minéraux provenant des montagnes de l’Hindou Kouch en Afghanistan, mais entreprirent également de fabriquer le leur ; le premier pigment synthétique du monde, mis au point vers 3000 av. J.-C. « L’un des plus anciens exemples est le bleu égyptien ou silicate de calcium cuivre », précise Mas Subramanian, spécialiste de chimie des matériaux à l’Université d’État de l’Oregon, à Corvallis.

Le résultat est la glaçure bleue et brillante que l’on retrouve sur les objets funéraires égyptiens et sur d’autres poteries. Le mot céruléen vient du latin caeruleum, « utilisé dans la Rome antique pour désigner le pigment bleu égyptien », explique Václava Antušková, scientifique de la conservation au Laboratoire chimique et technologique de la galerie nationale de Prague, en République tchèque.

On produisait également des bleus à partir de plantes comme la guède et l’indigo, toutes deux vendues à des prix exorbitants. À la Renaissance, l’outremer, obtenu à partir de lapis-lazuli, valait son pesant d’or.

Comme les matières premières bleues étaient rares, les sociétés anciennes n’attribuaient pas à cette couleur une grande signification symbolique, écrit l’historien Michel Pastoureau dans son ouvrage Bleu : histoire d’une couleur, paru en 2000. Après tout, il est difficile de faire d’une couleur le symbole de quelque chose quand on ne dispose même pas de peinture pour la produire.
Dans les années 1860, le pigment céruléen est devenu populaire chez les peintres, notamment auprès de l’impressionniste Claude Monet, qui l’a utilisé pour son tableau intitulé La Gare Saint-Lazare.

Dans les années 1860, le pigment céruléen est devenu populaire chez les peintres, notamment auprès de l’impressionniste Claude Monet, qui l’a utilisé pour son tableau intitulé La Gare Saint-Lazare.

Mais à mesure que les peintures bleues devinrent disponibles dans l’Antiquité, les artistes commencèrent à utiliser cette couleur de manière symbolique. La Vierge Marie est figurée avec une robe bleu foncé. Kali, la déesse hindoue du temps et de la mort est souvent représentée en bleu. Plus récemment, on a associé le bleu layette aux bébés, garçons comme filles.

Le bleu a porté de nombreuses significations au fil du temps. On peut avoir « le blues », mais un « ciel bleu » peut évoquer un avenir prometteur. Comme le ciel céruléen lui-même, Kai Kupferschmidt dit que « le bleu est comme une toile immense relativement vide… on peut y projeter, je pense, des associations et l’utiliser de différentes façons ».

Si le bleu est difficile à cerner sur le plan métaphorique, il est encore plus difficile à produire. Cela est en partie dû au fait que contrairement à d’autres couleurs, il s’agit d’un type de lumière très particulier que nos yeux voient d’une manière elle aussi particulière, comme le rappelle Mas Subramanian.

La lumière voyage sous forme d’ondes, mais ces ondes peuvent varier en taille et en fréquence. Les couleurs sont ce qui résulte du déplacement de la lumière à différentes longueurs d’onde ou à différents niveaux d’énergie. Nos yeux perçoivent un objet comme ayant une couleur particulière car y rebondit la longueur d’onde correspondant à cette couleur, c’est-à-dire la longueur d’onde qui subsiste et que l’objet n’a pas absorbée. Lorsque nous percevons un arc-en-ciel du rouge au violet, nous voyons différentes longueurs d’onde, le rouge étant la plus longue et le violet la plus courte.

Absorber une longueur d’onde de faible énergie est facile, mais la réfléchir est difficile. Comme le souligne Mas Subramanian, c’est précisément ce qui pose problème avec le bleu. Pour apparaître bleu, « un matériau doit absorber de la lumière rouge / orange de faible énergie tout en renvoyant des longueurs d’onde bleues ayant une plus grande énergie et la plupart des composés font l’inverse ».

La couleur que nous appelons aujourd’hui céruléen présente un problème particulier, ajoute-t-il. « Le défi n’est pas seulement d’absorber de la lumière rouge mais d’ajuster le profil d’absorption de sorte qu’une petite portion de vert soit également atténuée sans que l’on bascule complètement vers le turquoise ». Selon lui, la meilleure option est de commencer avec du cobalt. Il renvoie naturellement le bon type de bleu.

Si le mot céruléen vient du latin, il fut ressuscité au 18e siècle par le chimiste suisse Albrecht Höpfner et particulièrement utilisé dans le monde de la peinture dans les années 1860. Ce céruléen particulier était un mélange de cobalt et d’étain et faisait des volutes dans les nuages de vapeur et de fumée bleus s’échappant des locomotives dans un tableau de 1877 de Claude Monet intitulé La Gare Saint-Lazare (ci-dessus). Le même céruléen colore le ciel dans les têtes des deux personnages du Couple aux têtes pleines de nuage de Salvador Dalí, un tableau de 1936.

En tant que scientifique de la conservation, Václava Antušková souhaitait comprendre exactement de quoi ce céruléen était composé et comment il était fabriqué. Les musées doivent authentifier les œuvres d’art et la chimie des pigments est un moyen de faire cela, explique-t-elle. Parfois, on doit aller jusqu’à recréer le pigment soi-même. « Les reconstitutions suivant des recettes historiques nous ont fourni un matériau comparatif précieux », reconnaît-elle.

Dans une étude de 2026, Václava Antušková et ses collègues ont entrepris de recréer le bleu céruléen à l’aide de différentes méthodes historiques documentées dans les années 1860. Ils ont mélangé du stannate de potassium à du nitrate de cobalt et ont également essayé de mélanger du chlorure de cobalt à du chlorure d’étain et à du carbonate de sodium. Dans les deux cas, la réaction a produit un composé, le stannate de cobalt, qui, selon les archives, devait correspondre à du céruléen.

Ce n’en était pourtant pas. Les composés produits présentaient différentes nuances de vert. « Certains échantillons étaient vraiment sombres, presque noirs avec une teinte verdâtre, certains étaient un peu gris-vert », précise Václava Antušková. Il manquait quelque chose.

L’analyse d’écailles de peinture provenant de tableaux historiques a mis en évidence des taux élevés de magnésium, et quand Václava Antušková et ses collègues en ont ajouté à leur mélange, formant du stannate de cobalt et magnésium, ils ont été récompensés par un bleu céruléen brillant.

Pour Václava Antušková, le magnésium manquant a pu être un secret de fabrication. « Les producteurs en ont peut-être fait un secret industriel pour empêcher des tiers de reproduire les pigments », explique-t-elle. Mais les auteurs des livres de recettes de peintures partaient peut-être tout simplement du principe que les lecteurs savaient déjà ou bien reproduisaient des erreurs sans vérifier ce qu’ils affirmaient.

De nos jours, les bleus céruléens sont partout et sont toujours fabriqués à l’aide d’ingrédients similaires.

Et ils conservent une certaine aura. Comme le rappelle Kai Kupferschmidt, quand Pantone a annoncé sa toute première couleur de l’année en 2000, c’est le bleu céruléen qui a été choisi (alors même que Le diable s’habille en Prada n’est sorti qu’en 2006). « En fait, ils l’ont appelé la couleur du millénaire, se souvient-il. C’est beaucoup de marketing, bien sûr, mais elle a cette stature ». C’est même la couleur du drapeau des Nations unies, adoptée comme couleur de la paix.
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Mas Subramanian est du même avis. Pour lui, cette couleur demeure singulière, un compliment venant d’un chimiste dont le laboratoire a synthétisé le bleu le plus intense jamais créé, le bleu YInMn, en 2009. Les bleus céruléens sont difficiles à produire, mais « faciles à incorporer dans les plastiques et revêtements utilisés dans les objets du quotidien », observe-t-il. « Dans le même temps, leur association au ciel et à l’eau leur donne une apparence propre, calme et très attrayante. »

Autrefois pigments valant leur poids en or, les bleus tels que le céruléen sont désormais courants dans les objets qui nous entourent, les outils, les noms de marques et les « pauvres vieux pull-overs ». Comme le professe Miranda Priestly, le céruléen « représente des millions de dollars et un nombre incalculable d’emplois » nécessaires pour atteindre cette couleur précise. Il incarne l’histoire, le symbolisme et la chimie. Et surtout, il reflète un désir profond de recréer la beauté du monde naturel.

Bethany Brookshire est journaliste scientifique récompensée et autrice du livre Pests : How Humans Create Animal Villains. On a pu la lire dans Scientific American, le New York Times, National Geographic, The Atlanic, entre autres parutions.

Le Diable s’habille en Prada 2 est une production 20th Century Studios, une filiale de The Walt Disney Company. The Walt Disney Company est également actionnaire majoritaire de National Geographic Partners.

bleu
https://www.nationalgeographic.fr/histoire/sciences-chimie-le-ceruleen-une-couleur-encore-plus-difficile-a-fabriquer-que-le-bleu
Les Gaulois avaient-ils vraiment peur que le ciel leur tombe sur la tête? | Slate.fr
Mon 27 Apr - 09:38

La formule est restée gravée dans notre imaginaire collectif. Dans les bandes dessinées ou les dessins animés des aventures d'Astérix et Obélix, les valeureux guerriers gaulois, capables d'envoyer valser d'une simple pichenette des centaines de Romains, n'avaient peur que d'une chose: que le ciel leur tombe sur la tête. Et la potion magique du druide Panoramix n'y pouvait rien. Par Ernest Ginot

Des guerriers gaulois avec leurs casques, leurs épées et leurs boucliers dans le livre France: son histoire racontée par G. Montorgueil, imagée par Job (1896). Collection privée. | © Bianchetti / Leemage / Bridgeman ImagesDes guerriers gaulois avec leurs casques, leurs épées et leurs boucliers
Dans le livre France: son histoire racontée par G. Montorgueil, imagée par Job (1896)

Simple boutade pour faire rire les enfants ou vérité historique? La réponse est… oui, les Gaulois avaient bel et bien peur que le ciel leur tombe sur la tête! Mais l'interprétation de cette phrase est trompeuse. On vous explique pourquoi.

Une punchline lancée à Alexandre le (pas si) Grand

L'origine de cette expression vaut le détour et remonte à un épisode rapporté par un grand nombre d'auteurs antiques. Vers 335 avant J.-C., une délégation d'ambassadeurs gaulois rencontre Alexandre le Grand (356-323 avant J.-C.). Attablé à un banquet, celui qui deviendra l'un des plus grands conquérants de l'histoire demande à ces guerriers venus d'Occident ce qu'ils craignent le plus sur terre.

S'attendait-il à ce que les Gaulois glorifient sa puissance en expliquant qu'ils craignaient particulièrement sa force? C'est raté. Les guerriers rétorquent qu'ils n'ont peur de rien, sauf… que le ciel leur tombe sur la tête. Coup dur pour Alexandre. La réplique traversera les siècles pour arriver jusqu'à nous. Pourtant, en chemin, elle a quelque peu perdu de sa substance et de son contexte. Et c'est ici l'occasion de remettre les points sur les i (du mot menhir).

Se placer face à Alexandre le Grand et affirmer ne rien craindre de terrestre, pas même les plus puissants conquérants, c'est sacrément badass.

Dans notre imaginaire, cette crainte traduirait le caractère simpliste des Gaulois, celui de barbares incultes qui auraient peur des éléments, faute de pouvoir les expliquer. À y regarder de plus près, cette réplique lancée à Alexandre le Grand est avant tout une punchline acerbe, boostée à la potion magique.

Dans la mentalité gauloise, le courage est valorisé et l'exploit guerrier encouragé. Se placer face à Alexandre le Grand et affirmer ne rien craindre de terrestre, pas même les plus puissants conquérants, c'est sacrément badass. Car c'est cela que cette réplique veut raconter en sous-texte: les Gaulois sont intrépides et seule une force venue du ciel est digne de leur crainte.

Des croyances bien particulières

Ce n'est pas tout. Même si elle est sacrément bien envoyée, la formule ne relève pas uniquement de la bravade: elle s'appuie sur une véritable conception du monde. Pour faire simple, les Gaulois imaginaient l'univers comme une structure ordonnée. La Terre serait surmontée d'une voûte céleste soutenue par des piliers. Une sorte de grand préau, sous lequel les humains seraient à l'échelle d'une fourmi. Vous voyez le genre?

Comme dans toute construction du BTP, les piliers ne sont pas toujours très solides. Il était donc tout à fait concevable à l'époque que cette voûte finisse un jour par s'effondrer. Cela ne signifiait pas que les Gaulois vivaient dans la peur constante d'un effondrement du ciel. Loin d'une catastrophe absolue, cela s'apparentait plutôt à une fin de cycle.

Selon leurs croyances, l'univers était appelé à connaître des phases de destruction et de renaissance. Le feu et l'eau pouvaient un jour tout engloutir, avant qu'un nouvel ordre n'émerge. Et si le ciel leur tombait sur la tête, ce n'était donc pas la fin absolue, mais plutôt la fin d'une ère, dans une vision cosmique du destin du monde. Euuuh, ça fumait déjà du cannabis à l'époque?

Si on imagine un instant nos ancêtres gaulois discuter cosmos autour d'un gros joint d'herbe, le dealeur du coin ne serait nul autre que le druide du village. Un type à première vue un peu perché, mais pas moins essentiel dans la société gauloise. Prêtre, savant, juge, mais aussi conseiller politique, le druide détenait le savoir, réglait les conflits entre les peuples et assurait un véritable rôle d'intermédiaire entre les humains et les dieux. C'est lui qui transmettait cette conception complexe de l'univers, avec les piliers et ce fameux ciel qui pourrait, un jour, tomber sur leur tête. Pas très optimiste l'ancien.
Quelques autres clichés à démonter

Tant que nous y sommes, on en profite pour balayer deux ou trois idées fausses sur nos ancêtres gaulois. Leur société est bardée de clichés, qui leur collent aux braies et qui sont pour la plupart totalement faux. Des idées reçues qui, comme la référence à la peur de la chute du ciel, présentent ce peuple comme inculte, comme des barbares vivant de façon rudimentaire. La réalité est tout autre.

Déjà, les habitations gauloises n'étaient pas des huttes bringuebalantes. Organisées autour de grandes exploitations agricoles, les maisons étaient faites avec de solides charpentes et toitures. Les Gaulois possédaient des calendriers très élaborés, fondés sur l'observation des cycles lunaires et solaires. Ils faisaient aussi attention à leur apparence, soignaient leur coiffure (qu'ils teignaient parfois) et leur moustache, utilisaient du savon et même une sorte de dentifrice. Skincare version gauloise, on ne l'avait pas vu venir.

Côté banquets, c'est la même chose. On était loin des repas chaotiques de notre imaginaire, avec des sangliers en abondance, car les Gaulois n'en mangeaient en réalité quasiment jamais. Les festins gaulois, qui venaient célébrer des victoires militaires ou des rituels religieux, étaient ordonnés. Ils obéissaient à des règles précises et suivaient une hiérarchie stricte. Le plus brave et prestigieux des guerriers gaulois recevait les meilleurs morceaux. On n'imagine pas la taille de l'assiette de ceux qui ont sorti la punchline à Alexandre le Grand, une fois de retour chez eux!

histoire
https://www.slate.fr/societe/lexplication/gaulois-avaient-ils-vraiment-peur-ciel-leur-tombe-sur-tete-histoire-alexandre-grand-guerriers-croyances-cliches
Vous aimez la lecture ? Vous allez adorer ces huit villages en Europe | National Geographic
Thu 16 Apr - 13:09

Dans le village gallois de Hay-on-Wye, où les moutons sont plus nombreux que les humains, où les livres s’empilent dans les rues, une révolution silencieuse a commencé. En 1961, Richard Booth, antiquaire et académicien, a, sans le vouloir, lancé un mouvement international en commençant à remplir de livres d’occasion les bâtiments vides de son village.
Par Ashley Packard le 16 avril 2026

Cette initiative impromptue a transformé sa ville natale en un lieu saint, unissant les villages, bibliophiles et rêveurs sous l’égide de la littérature.

Des personnes venant de tout le Royaume-Uni ont convergé vers ce petit village et les libraires d’autres pays ont rapidement rempli les étagères des magasins voisins, les métamorphosant en librairies animées.

Hay-on-Wye abrite des bâtiments, auparavant vides et maintenant remplis de livres de seconde mainHay-on-Wye abrite des bâtiments, auparavant vides et maintenant remplis de livres de seconde main.

Hay-on-Wye est devenu le premier « village du livre », accueillant une foule de curieux qui arrivait en masse. Richard Booth, qui s’est autoproclamé « roi de Hay », a inspiré d’autres à se servir de la littérature pour donner un nouveau souffle à leur ville ou à leur village. Alors que la rumeur de ses prouesses se répandait, de plus en plus de villes à travers le monde ont embrassé le concept pour faire vivre leur communauté. Très vite, l’organisation internationale des villages du livre a été formée, en avril 2001, ce, même si elle existait sans désignation officielle depuis des décennies.

L’organisation vise à sensibiliser les foules à la littérature, par le biais d’informations publiées en ligne et d’un festival international biannuel des villages du livre. Elle cherche à soutenir les économies rurales en facilitant l’échange de connaissance entre les libraires et les commerces, en encourageant l’utilisation de la technologie et en aidant à préserver et promouvoir les héritages culturels des régions et des nations, à l’échelle internationale.

Par définition, un village du livre est « une petite ville ou un petit village de campagne, dans lequel on retrouve beaucoup de librairies d’occasions et d’antiquaires [rendant leurs produits] accessibles à tous ». Aujourd’hui, en Europe, il existe des dizaines de villages connus sous ce nom, de Panzin en Croatie à Torup au Danemark. Ces lieux triés sur le volet sont fiers de leur histoire, de leur beauté tout droit tirée d’un conte de fée et de leur contribution au monde littéraire.

Petit village niché dans la campagne vallonnée Belgique, Redu célèbre cette année son quarante-et-unième anniversaire depuis qu’il est devenu le deuxième village du livre en 1984. Dans ce village idyllique « flotte l’odeur familière des vieux livres » selon les descriptions qu’on en fait. Chaque année y est organisé un immense festival du livre. Les quelque trente librairies attirent des centaines de visiteurs qui viennent profiter de sa culture, de son histoire, de son architecture et de sa nature. Redu et deux autres de ses cousins, Lesse et Séchery, ont récemment figuré sur la liste des « plus beaux villages de Wallonie », en juillet 2024.

Situé sur une falaise qui domine la mer le long d’une côte déchirée, entouré de bois et de forêts, Wigtown célèbre son vingtième anniversaire en tant que « village du livre d’Écosse ». Avec son choix de plus d’un quart de million de livres, neufs ou d’occasion, Wigtown fait partie des villages du livre qui ont participé au premier festival international des villages de livre, organisé en août 1998 par l’organisation internationale des villages du livre. Début mai, seize de ses librairies, dont beaucoup proposent des livres d’occasion, participent au Week-end du printemps qui a lieu tous les ans. Au mois de juillet, un festival communautaire a également lieu et tous les samedis, du mois d’avril au mois de septembre, un marché est organisé. Vient ensuite le festival annuel du livre de Wingtown, qui s’étale sur dix jours de fin septembre à début octobre. Cette tradition date de 1999 et, aujourd’hui, ce sont plus de 200 événements qui animent la ville, comme des spectacles de musique, de théâtre, des animations culinaires et d’arts visuels.

Torup se trouve à 60 kilomètres de Copenhague, la capitale du Danemark, prise entre la mer et un fjord et où vit un total de 374 personnes. Là-bas, les locaux donnent avec plaisir leurs livres de seconde main, de la meilleure qualité, aux dix librairies qui bordent la rue, afin qu’ils soient vendus. Ces librairies, si on peut les appeler ainsi, sont en réalité un garage, l’atelier d’un ouvrier, une écurie abandonnée, une étagère à l’entrée d’une ferme et même une gare récemment rénovée. Certains de ces espaces misent sur la bienveillance et l’honnêteté des clients, en ne laissant qu’une urne dans laquelle ils laissent ce qu’ils doivent pour un livre. L’association du village du livre de Torup organise chaque année un festival du livre nordique, auquel sont invités des auteurs qui lisent des extraits de leurs livres. Des courts-métrages sont également projetés et divers événements culturels ont lieu à cette occasion.

Le village de St-Pierre-de-Clages, avec ses étals de livres et ses festivals littéraires, est le seul village du livre de Suisse. Il abrite un grand marché de livres d’occasion, où viennent des auteurs, où ont lieu des expositions à thèmes, des activités pour enfant ainsi qu’un festival du livre de renom, qui a lieu chaque dernier week-end d’août depuis 1993. L’association des amis de Saint-Pierre a été fondée en 1990 et s’est réunie pour la première fois en 1991. Aujourd’hui, le festival dure trois jours et attire des visiteurs provenant de toute la Suisse francophone et des pays voisins. Elle offre des perspectives uniques sur les professions du livre, comme la calligraphie et les anciennes techniques d’impression, un espace accueillant pour que les écrivains et les maisons d’édition puissent se rencontrer et pour que les artistes puissent exposer leurs travaux.

L’ancienne ville de garnison Wünsdorf est connue sous le nom de « ville des livres et des bunkers ». Ce surnom s'explique par ses sites historiques, ses bâtiments, ses librairies, ses cafés et salons de thé, mais aussi par sa vie culturelle animée. À 20 kilomètres au sud de Berlin, le village organise des événements tout au long de l’année, des lectures, des expositions, des expositions de véhicules militaires et, actuellement, cinq visites guidées des bunkers. Wünsdorf est devenu un membre officiel de l’organisation internationale des villages du livre en 1998, grâce à ses trois grands antiquaires qui proposent un large choix de trésors littéraires sur des sujets tels que la poésie, la philosophie, la littérature classique et bien plus encore.

Livres
https://www.nationalgeographic.fr/voyage/culture-loisirs-librairie-bibliotheque-vous-aimez-la-lecture-vous-allez-adorer-ces-huit-villages-en-europe
Pourquoi n'existe-t-il pas de position parfaitement confortable pour lire des livres? | Slate.fr
Wed 15 Apr - 11:21

Pour la dixième année consécutive, ma bonne résolution du Nouvel An a été de lire davantage. Idéalement, me dis-je invariablement au cours de ces premières semaines protéiformes du mois de janvier, cette année qui s'annonce se distinguera par ses langoureuses soirées affalées sur le canapé à écumer la longue liste de romans qui alourdissent les modestes rayonnages de la bibliothèque de mon salon, avec peut-être un verre de scotch posé sur un guéridon. par Luke Winkie

Je me délecte de ce fantasme: je rêve de pouvoir enfin ouvrir La Conjuration des imbéciles, m'envoyer les deux derniers tomes de la trilogie Les Livres de la terre fracturée, prendre le temps de lire les mémoires de Patti Smith achetées il y a plus de dix ans… Quand je suis vraiment parti, je me vois viser encore plus haut. Et pourquoi pas Léon Tolstoï? Ou Thomas Pynchon? Et il y a aussi cet exemplaire du Roi pâle, de David Foster Wallace, qui jaunit sur ma table basse depuis un bon bout de temps.

Et pourtant, je sais déjà comment cette saga va finir. L'année va se terminer et ma liste Goodreads n'aura été rallongée que d'un nombre dérisoire de titres, sans commune mesure avec la taille de mes ambitions bibliophiles. Demandez-moi pourquoi je ne lis pas autant que je le voudrais et je pourrais désigner les fléaux bien connus de la modernité: le temps d'écran qui prend de plus en plus de place, les algorithmes addictifs, l'attention qui se morcelle.
Mais un de mes problèmes les plus fondamentaux en matière de littérature est bien plus prosaïque. Je pense d'ailleurs qu'il est bien plus courant que n'osent l'avouer la plupart des lecteurs. Comment se fait-il que, quelle que soit la manière dont je m'y prends, je n'arrive jamais à trouver une position confortable pour lire?

Allongé, assis, mal installé...

Ne faites pas semblant de ne pas savoir de quoi je parle. Cette affliction est répandue dans toute l'espèce humaine. Il est communément admis que le tout premier roman publié de l'histoire est Le Dit du Genji, un drame de cour écrit au début du XIe siècle par Murasaki Shikibu, une aristocrate japonaise. Mille ans après son incroyable invention qui ouvrit les fenêtres de l'esprit, l'humanité n'a toujours pas trouvé de moyen ergonomique pour absorber le mot écrit.

J'ai essayé, comme vous, de lire allongé sur le dos en tenant mon roman au-dessus de ma tête jusqu'à ce que mes bras me fassent mal et se mettent à trembler, incapables de garder le livre en équilibre. J'ai aussi tenté assis dans un fauteuil, le livre ouvert sur les genoux, jusqu'à ce que mon cou à angle droit se raidisse et viennent confirmer l'épouvantable vérité: le mobilier n'a jamais été conçu pour pourvoir à la nécessité littéraire de regarder vers le bas.
Évidemment, il y a toujours la possibilité de vous allonger sur le ventre, les coudes enfoncés dans un matelas, un tapis ou les coussins d'un canapé. Ça fonctionne un moment jusqu'à ce qu'il devienne évident que vous êtes en train de faire la planche sans que les bénéfices n'en compensent l'inconfort pendant que, sous vos yeux, Raskolnikov trucide tout le monde à la hache.

D'autres ont développé un genre de syndrome de Stockholm et interprètent la douleur comme un signal de vertu.

J'alterne toutes ces positions en boucle, dans l'espoir fou de finir par trouver la panacée qui me permettra de déverrouiller le zen sublime du roman, les légendaires joies de la lecture. Lorsque j'en ai parlé à mes amis et à mes collègues pour savoir s'ils partageaient mon triste sort, je n'ai pas tardé à comprendre que nous étions tous dans le même bateau. Bryan Lowder, rédacteur en chef adjoint de Slate.com, se souvient qu'alors qu'il feuilletait un volume particulièrement peu maniable contenant la série des romans du Cycle de Terremer, il a été forcé d'empiler trois oreillers contre sa tête de lit et d'en placer un autre sur son ventre pour rester sain de corps en suivant les aventures de l'Épervier.
Mon amie costumière Laura Grasso, qui vient de terminer Les Frères Karamazov, a mis au point un dispositif anthropométrique sophistiqué par lequel elle cale tout son corps contre l'inclinaison rembourrée d'un bras de fauteuil, le livre maintenu en délicat équilibre dans son champ de vision «Je tente la totale diagonale, m'a-t-elle raconté. C'est de loin l'approche la plus optimale.»
D'autres ont développé un genre de syndrome de Stockholm et interprètent la douleur comme un signal de vertu. Tony Ho Tran, rédacteur en chef de Slate.com, affirme avoir besoin «d'être un petit peu mal installé» pour bien se concentrer sur ce qu'il lit. «Donnez-moi une chaise de cuisine en bois biscornue, proclame-t-il. Donnez-moi un siège en plastique dans le train qui me conduit au travail.»

«Nous ne sommes pas faits pour rester longtemps dans la même position»

Mais ne devrait-on pas pouvoir faire autrement? L'évolution n'aurait-elle pas dû fournir à notre espèce une sorte de soutien lombaire naturel –ou, à défaut, des sortes de callosités de secours– pour nous aider à nous livrer à la tradition remontant du fond des âges qui consiste à lire des mots imprimés sur du papier? Est-ce que Moïse, en redescendant du mont Sinaï avec ses tablettes en pierre consacrées par Dieu en personne, a eu des douleurs cervicales après avoir déchiffré les Dix Commandements? Eh bien, selon Ryan Steiner, kinésithérapeute à la clinique de Cleveland (Ohio), oui.
Il se trouve que la lecture oblige le corps à adopter une posture parfaitement contre-nature. Et personne n'y peut rien. «En toute honnêteté, nous ne sommes pas faits pour rester longtemps dans la même position, aussi confortable soit-elle, précise Ryan Steiner. Quand on lit, il faut en changer souvent. Je préconise de se lever et de bouger un peu de temps en temps.»

«C'est facile de tenir quelque chose de relativement léger en ayant le bras le long du corps pendant plusieurs heures. Mais devant le visage? Vous pourriez avoir du mal à le faire ne serait-ce qu'une minute.» Ryan Steiner, kinésithérapeute à la clinique de Cleveland (Ohio)

Ryan Steiner m'a gentiment expliqué le côté scientifique de la chose. Notre système nerveux est tissé de capteurs électriques microscopiques appelés mécanorécepteurs. Ces neurones sensoriels informent notre corps de la manière dont nous nous étirons, dont nous nous recroquevillons ou mettons en tension nos tissus mous. C'est valable lorsque l'on fait de la musculation, mais également quand on tient un livre devant son visage.
«Au bout d'un certain temps, ces récepteurs envoient un message au cerveau du genre: “Hé, il se passe un truc de pas naturel par ici, il faut faire quelque chose”», décrit Ryan Steiner. C'est à ce moment-là que nous ajustons notre posture pour trouver une position plus confortable. Ce schéma se répète sans cesse pendant tout le temps de la lecture. Il peut vous sembler étrange qu'un roman exerce sur notre corps une pression comparable à celle d'un sac de béton, par exemple, mais Ryan Steiner s'est empressé de me rappeler qu'il y a toujours un moment où n'importe quel objet peut devenir une source d'inconfort.

«Une petite force peut faire une grande différence, poursuit le kinésithérapeute de la clinique de Cleveland. C'est facile de tenir quelque chose de relativement léger, un poids d'un kilo et demi par exemple, en ayant le bras le long du corps pendant plusieurs heures. Mais en tenant cette chose devant le visage? Vous pourriez avoir du mal à le faire ne serait-ce qu'une minute.»

Une liseuse à la rescousse, presque sans les mains

Cela dit, le pouvoir de la technologie a été convoqué pour résoudre ce problème de lecture. Nous avons tous entendu parler de ces pupitres qui peuvent être installés dans un lit ou sur une baignoire pour permettre de s'occuper les mains avec un verre de pinot noir frais tout en parcourant un roman d'amour bien sirupeux.
Mais celles et ceux qui préfèrent lire sur tablette sont allés encore plus loin. J'ai contacté Chelsea Stone, qui travaille pour CNN et a testé un appareil réellement révolutionnaire permettant de fixer sa liseuse à une monture en silicone modulable. Elle oriente le bras articulé au-dessus de son matelas de sorte que la tablette flotte gracieusement devant ses yeux lorsqu'elle est allongée sur le dos dans son lit. Pour tourner les pages, elle utilise une télécommande connectée par Bluetooth. Ses mains n'ont jamais besoin de sortir de la couette.
Ce cocon étanche de félicité littéraire rappelle les fauteuils volants utilisés par les réfugiés sédentaires du film d'animation Wall-E. Chelsea Stone a réussi une fois pour toutes à rendre obsolètes les limites humaines en neutralisant ces satanés mécanorécepteurs. «Je ne peux pas vous dire le nombre de fois où je me suis assoupie avec un livre entre les mains, avant d'être réveillée en sursaut en me le prenant sur le front, confie-t-elle. Avec ce dispositif, je suis libre de lire dans n'importe quelle position.»

Et pourtant, Chelsea Stone, véritable rat de bibliothèque, avoue qu'elle aime encore lire des livres à l'ancienne. Je peux la comprendre. Si une liseuse est physiquement une idée prudente, spirituellement c'est une expérience qui manque d'intensité. Au bout du compte, si j'aime la lecture, c'est aussi pour tous les éléments accessoires de la littérature; la manière dont ce rituel peut illuminer une journée ordinaire. Pensez au bonheur de la découverte fortuite du coin de lecture idéal –un café, un parc, une plage– qui semble attendre précisément le roman que vous trimballez dans votre sac à dos. Le temps s'arrête et votre imaginaire commence à se fissurer.
Les muscles de ma hanche protestent avec véhémence tandis que, allongé sur le côté, j'apaise mon esprit. Cela fait mille ans que nous lisons des livres. Le jeu en vaut forcément la chandelle.

Livres
https://www.slate.fr/culture/pourquoi-existe-pas-position-parfaitement-confortable-lire-livres-posture-lecture-allonge-assis-corps-douleur
Poisson papier - Le Gorafi
Wed 1 Apr - 12:38

La presse, papier ou pas, va mal.

Des journaux ferment. Des journalistes abandonnent le métier dont ils rêvaient parce qu’ils ne peuvent plus en vivre. Au même moment, de faux sites en IA sont créés par des puissances étrangères pour polluer le débat. De vrais sites d’infos délèguent à des robots la rédaction de leurs articles. Et ne parlons pas d’une titraille de presse aujourd’hui sacrifiée sur l’autel de Google. Quand ce ne sont pas des photos d’illustrations de presse qui sont générées en IA.

Disons le aussi tout net : derrière ce changement, c’est aussi la démocratie et l’expression démocratique qui est attaquée. Jamais la démocratie n’a été aussi menacée dans le monde. Jamais autant d’êtres humains n’ont vécu sous des régimes autocratiques.

Dans les « lumières noires » d’Arnaud Miranda, l’auteur explique ce projet : cette destruction de la cathédrale que sont les médias, la culture, l’éducation est dans le seul but d’affaiblir la démocratie et de la remplacer par un régime au croisement de la royauté et du grand patron d’entreprise.

Aujourd’hui, un seul moyen de résister et de contre attaquer : l’information et la satire.

Dans les derniers mois, on a vu aussi cette guerre contre l’information et les journalistes. Journalistes tués sur le front, emprisonnés, torturés. Caricaturistes virés parce qu’un dessin sur la soumission d’une rédaction à Trump déplaît. Rédaction purgée de la moitié de ses effectifs comme au Washington Post sous le contrôle de Bezos. Hier en France, c’était Prisma Média, contrôlé par des proches de Vincent Bolloré, qui perdait 40% de ses effectifs. Aux Etats-Unis, un journal a décidé de mettre en place un outil IA qui « réécrit » tous les articles de ses journalistes.

Les gens cherchent du regard un refuge, une catharsis à ces temps dramatiques où plus rien ne fait sens. Une respiration.

Proposer le Gorafi en version papier peut être ce refuge.

Et au delà de ça, c’est enfin s’affranchir des algorithmes qui décident ce que vous pouvez lire ou ne pas lire, de la censure des plateformes qui ne comprennent pas la satire. Défendre la liberté d’expression, s’attaquer aux puissants, quels qu’ils soient. Nous avons travaillé en commun avec nos confrères américains de The Onion, écouté leurs conseils sur la préparation et le lancement. Nous avons discuté aussi avec nos confrères allemands de Der Postillon qui ont lancé leur version papier. D’autres sites satiriques vont faire de même, opérer la bascule vers le papier. Dans chaque numéro, vous retrouverez aussi une sélection des meilleurs articles de la satire mondiale.

Nous arrivons dans une époque troublée et personne ne peut plus dire de ce que demain sera fait. Mais les gens ont besoin de ce refuge, de cette catharsis, d’oublier le quotidien, de rire et nous nous appliquerons à ce rôle, même depuis une imprimerie clandestine dans les tranchées du Groenland.

Par cette bascule au papier, à rebours de tout ce qui se fait aujourd’hui, nous invitons aussi les lecteurs à s’emparer des autres titres de presse. Que cette bascule vers le papier soit le signal d’une autre bascule, bénéfique, pour la presse généraliste.

Et au-delà de cela, un engagement de la rédaction, de tous les autrices et auteurs qui nous accompagnent parfois depuis le début. Ne pas transiger, ne pas briser le personnage que nous avons construit depuis presque 15 ans, ne pas se trahir et se travestir en un site de comédie ordinaire mais de respecter plus que tout l’image que nos lecteurs ont de nous, car si nous ne respectons pas cela, alors comment attendre que nos lecteurs nous respectent derrière ?

Gorafi!
https://www.legorafi.fr/2026/04/01/poisson-papier/
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