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  Le choix de Kat pour des actualités toniques, positives, colorées, décalées, légères, pleines d'espoir, d'humour et d'amour de la vie. Clic sur le titre pour ouvrir l'article sur le média original.

Donald Trump bombarde le Groenland et capture un pingouin
Tue 6 Jan - 15:49

Après le Vénézuéla, Donald Trump a réitéré en kidnappant un pingouin après un assaut militaire sur le Groenland. Récit.

Pingouin

Dans la nuit du 5 au 6 janvier 2026, les Etats-Unis ont lancé une vaste opération militaire en plein cœur de Nuuk, capitale du Groenland, afin de capturer Youbi, un pingouin Torda de 13 ans. En parallèle d’un déploiement impressionnant de plus de 300 F-16 Fighting Falcon, un assaut de nuit mené par la “Delta Force” a permis d’arrêter le volatile in-extremis alors que ce dernier cherchait à fuir le centre-ville en glissant sur un tas de neige. “Nous avons rendu un fier service au Groenland et à ses habitants” a commenté Donald Trump lors d’une conférence de presse en dévoilant la photo d’un phoque visiblement heureux. “Youbi était à la tête d’un gigantesque cartel de cailloux polis, de harengs et de petits crustacés. Je crois qu’il était grand temps que quelqu’un se charge de cette crapule” a-t-il poursuivi sous les applaudissements enthousiastes de ses partisans.

Dans la journée, le président Donald Trump a également partagé sur son réseau social une première photo du pingouin après sa capture. Youbi, vêtu d’un ventre blanc cassé, d’une tête et d’un dos noir et d’un cou jaune clair, apparait les deux nageoires menottées à bord de l’USS Iwo Jima. Une bouteille d’eau posée entre ses pattes et un casque sur les “oreilles”, ses yeux semblent quant à eux occultés par des épaisses lunettes noires. Enfin, ses effets personnels composés d’un caillou poli de type galet, de 3 crevettes grises et d’une douzaine de mues de plumes apparaissent derrière lui sur une table gardée par 3 soldats armés de fusils d’assaut Barrett M82.

À peine atterri sur le sol américain, le pingouin a été immédiatement transféré dans une cellule du Metropolitan Detention Center de Brooklyn et enfermé à triple tour avec Koko, sa femme, une pingouin femelle de 14 ans. Une nouvelle victoire pour le président américain qui a annoncé réfléchir à lancer rapidement une nouvelle expédition visant à capturer plusieurs icebergs soupçonnés d’avoir aidé Youbi à “arriver là où il est”.

Gorafi!
https://www.legorafi.fr/2026/01/06/donald-trump-bombarde-le-groenland-et-capture-un-pingouin/
Le mémorial de La Pérouse à Maui, archipel d'Hawaï | Atlas Obscura
Sun 4 Jan - 11:33

Le mot de Kat - Maui n'est pas français parce que Monsieur de La Pérouse à prétendu vouloir ce jour de mai 1786 respecter le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Baie de La Pérouse à MauiBaie de La Pérouse à Maui

Bien que James Cook soit le premier Européen connu à avoir atteint Hawaï (alors appelé les îles Sandwich), il n'a pas débarqué sur toutes les îles. Par exemple, il est passé près de Maui, mais n'a pas pu y débarquer car les vagues étaient trop hautes et il n'a pas trouvé de port approprié. Le premier Européen à y mettre les pieds fut finalement Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse, qui débarqua dans la baie qui porte aujourd'hui son nom le 18 mai 1786.

Au nom de la couronne française, La Pérouse entreprit une expédition dans le Pacifique à des fins scientifiques et commerciales. Grand admirateur de Cook, La Pérouse souhaitait compléter ses découvertes dans la région. À son arrivée à Hawaï, il eut beaucoup plus de chance que le malheureux Cook, qui fut assassiné ici. La Pérouse put échanger des morceaux de fer contre de la nourriture et obtint également une pirogue à balancier et de petits meubles indigènes. Cependant, il fut déçu par le manque d'eau dans la baie de La Pérouse. Fait remarquable, il refusa de revendiquer les îles pour la France, écrivant que les indigènes devaient avoir le droit de disposer de leurs propres terres.

Le mémorial de La Pérouse dressé au bord de la baie en 1994Le mémorial de La Pérouse dressé au bord de la baie en 1994

Après avoir quitté les îles, La Pérouse connut une fin tragique lorsqu'il disparut et fit vraisemblablement naufrage dans les îles Salomon. Aujourd'hui, on se souvient de lui pour ses idéaux humanistes et ses efforts pour mieux comprendre le Pacifique. Un monument lui rendant hommage, érigé par un groupe de Français en 1994, se dresse à La Pérouse Bay. Une plaque à proximité donne des explications plus détaillées sur La Pérouse et son expédition.

Ajouté par cdanesh qui a pris aussi ces photos

https://www.atlasobscura.com/places/la-perouse-memorial
Que deviennent les gares rurales quand les trains disparaissent ? - The Conversation
Tue 23 Dec - 11:06

En France, les fermetures de gares ou de lignes ferroviaires sont légion dans les espaces ruraux. Pourtant, ces dernières années, certaines petites gares retrouvent une nouvelle vie en se transformant en épicerie, en pôle santé ou encore en bureau. Pour quel bilan ?

L'ancienne gare d'Aumont-Aubrac est maintenant une épicerieL'ancienne gare d'Aumont-Aubrac est maintenant une épicerie

Le 31 août 2025, la fermeture de la ligne ferroviaire Guéret–Busseau–Felletin a suscité de vives émotions. Ce cas est loin d’être isolé. En février 2025, ce sont 200 personnes qui se sont ainsi réunies en gare d’Ussel (Corrèze) afin de manifester pour la réouverture de la ligne ferroviaire à l’appel de la CGT-Cheminots de Tulle-Ussel.
Bien que les années s’écoulent depuis les fermetures, les territoires gardent un attachement fort au train et continuent de se mobiliser pour son retour. L’une des raisons tient à la rareté des transports en commun. Huit actifs sur dix habitant les espaces peu denses déclarent ne pas disposer d’alternatives à la voiture. Cet attachement a permis la naissance de plusieurs projets de valorisation de petites gares, comme celles d’Aumont-Aubrac, Sèvremoine ou encore Hennebont.
Des projets de recherches sont aujourd’hui menés pour penser à l’avenir des petites lignes ferroviaires. C’est le cas du projet du train léger innovant (TELLi), qui vise à développer un matériel roulant adapté à ces lignes. Le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), partenaire de ce projet, mène des recherches en sciences sociales afin de déterminer les conditions de réussite des systèmes ferroviaires légers.
Ma thèse s’intéresse aux petites gares rurales, point d’entrée du réseau ferroviaire. L’une des hypothèses défendues : les expérimentations locales d’aménagement participent au renforcement du lien entre le territoire et le train.

Petites lignes, grandes difficultés

Cela fait plusieurs années que ces petites lignes ferroviaires sont sur la sellette, menacées par des limitations drastiques de vitesse ou par l’arrêt total des circulations. Mais comment ce réseau ferroviaire secondaire, qui maille finement le territoire, a peu à peu été délaissé ?
Cette situation s’explique par la forte concurrence de l’automobile qui a réduit de façon significative la fréquentation de certaines lignes. Faute d’alternatives crédibles, 80 % des déplacements dans ces territoires s’effectuent aujourd’hui en voiture. L’entretien de ce réseau ferroviaire secondaire étant devenu trop coûteux, la politique de l’opérateur SNCF a privilégié les investissements sur le réseau dit structurant, ainsi que sur les lignes à grandes vitesses.
Les petites lignes ferroviaires représentent 7 600 kilomètres du réseau ferroviaire national. Le rapport élaboré par le préfet François Philizot estime que 40 % de ce réseau de proximité est menacé faute d’entretien. Ce même rapport estime les investissements nécessaires au maintien de ces lignes ferroviaires à 7,6 milliards d’euros d’ici à 2028.
Le vieillissement de ces lignes, faute d’investissements, entraîne une dégradation du service plus ou moins importante. Dans les territoires ruraux, 70 % des petites lignes ferroviaires accueillent moins de 20 circulations par jour. Or comme le rappelle le maire de Felletin, dont la ligne a été fermée cette année en raison de la vétusté de l’infrastructure, « c’est le service qui fait la fréquentation, et non l’inverse ».

Transformer une gare en épicerie, c’est possible

Les territoires refusent de voir disparaître leurs gares ; ils se les réapproprient et les transforment en réponse aux besoins locaux.
Depuis 2023, la gare d’Aumont-Aubrac en Lozère a été transformée en épicerie, nommée Le Re’peyre. Le bâtiment de la gare, fermé aux voyageurs depuis 2015, a retrouvé un second souffle. Des produits artisanaux et locaux y sont en vente, contribuant à un commerce éthique porté par les initiateurs du projet.
Cette transformation de la gare en épicerie est permise par le programme Place de la gare de SNCF Gares & Connexions (filiale de SNCF Réseau). Celui-ci favorise l’implantation de nouvelles activités et services par de la location au sein de plusieurs gares. L’objectif principal est de permettre l’occupation de locaux vides en gare, en leur donnant une nouvelle fonction et ainsi éviter leur dégradation.
D’autres projets ont vu le jour. La gare de La Roche-en-Brenil (Côte-d’Or) a été transformée en un pôle santé, ou celle de la ville de Briouze (Orne) en tiers-lieu.
Ces projets favorisent le développement d’activités économiques dans des lieux bénéficiant naturellement de visibilité. Ils participent à la redynamisation à l’échelle des quartiers de gare, en attirant une clientèle diversifiée au-delà des seuls voyageurs. La gare se retrouve davantage intégrée dans la vie communautaire grâce aux échanges et aux interactions qui se créent entre voyageurs et autres usagers.

Co-construction avec les habitants de projet en gare

Au-delà de la simple réaffectation des bâtiments, certains projets menés dans des gares rurales choisissent de donner une dimension participative en associant usagers du train et citoyens dans le processus.
Communication de la commune de Sèvremoine (Maine-et-Loire) pour l’appel à projet visant à occuper la gare. Wikimedia, CC BY-SA
C’est le cas de la gare de Sèvremoine (Maine-et-Loire), propriété de la commune qui a décidé de la moderniser en repensant les espaces publics environnants. Pour le bâtiment de gare, il a été souhaité d’y créer de nouveaux équipements favorisant l’animation sociale entre habitants et associations.
À lire aussi : Le train survivra-t-il au réchauffement climatique ?
Quatre concertations citoyennes ont permis le recueil des besoins des habitants avant le lancement d’un appel d’offres. Le projet Open Gare proposé par deux habitantes de la commune a été retenu. Ce tiers-lieu, axé sur la transition écologique et sociale, propose plusieurs services, tels qu’un service de restauration, un espace de travail partagé et une boutique d’artisans locaux.
Tout au long du projet, des réunions ont été organisées pour informer et recueillir les retours des citoyens. Gouverné par une coopérative d’intérêt collectif et l’association Open Gare, ce lieu co-construit ouvrira ses portes dès 2027, après une période de travaux.

Des acteurs associatifs qui prennent la casquette SNCF

Certaines initiatives vont encore plus loin en intégrant l’ensemble du quartier.
C’est ce que montre l’exemple de l’association Départ imminent pour l’Hôtel de la Gare à Hennebont (Morbihan), qui a réhabilité le bâtiment de l’Hôtel de la Gare, situé à quelques pas de la gare elle-même. L’objectif : revitaliser de la gare et de son quartier.
Cette association occupe également le bâtiment voyageur grâce au programme programme Place de la gare. Désormais, il est possible de retrouver divers services tels que des bureaux, des logements en location, un café et un atelier. L’association, désormais devenue la société coopérative d’intérêt collectif Tavarn Ty Gar assure l’accueil et les services aux voyageurs au rez-de-chaussée de la gare. Une expérimentation de plus qui souligne le dynamisme de ces territoires et de ses habitants.

gare
https://theconversation.com/que-deviennent-les-gares-rurales-quand-les-trains-disparaissent-255524
Parcs involontaires: quand la nature reprend ses droits | Slate.fr
Sun 30 Nov - 11:12

Au matin du 27 avril 1986, des chars de l’armée soviétique entrent dans la petite ville de Prypiat, en Ukraine. Ils sont suivis par 1.225 autocars. Les habitants doivent être évacués en urgence. Il est déjà trop tard: cela fait près de trente heures que le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl a explosé. Prypiat, qui se trouve à trois kilomètres au nord de Tchernobyl, abrite des milliers de travailleurs de la centrale nucléaire. La veille, leurs enfants sont allés à l’école comme si de rien n’était. Tous ont reçu, sans douleur ni conscience, des doses de radiation qui dépassent l’entendement. La population, tenue au courant grâce à la radio locale, se voit donner l’ordre de prendre le strict minimum et de quitter les lieux au plus vite. Les autorités promettent qu’ils pourront revenir d’ici deux ou trois jours. Ils ne reviendront jamais.

Prypiat fait aujourd’hui partie de «la Zone». Sur une trentaine de kilomètres, des villages fantômes peuplent ainsi la zone d’exclusion de Tchernobyl. De la plus grande catastrophe environnementale jamais connue à ce jour, il ne reste plus aucune activité humaine. L’Homo sapiens a disparu. Des pygargues à queue blanche, des cerfs, des chevaux sauvages et des loups gris se promènent désormais dans les rues et les forêts du coin. La Zone d’exclusion de Tchernobyl fait partie aujourd’hui de la liste des parcs involontaires.

Le terme de «parc involontaire» aurait été inventé par l’auteur écologiste et rétrofuturiste Bruce Sterling. Dans ses notes consignées sur le site viridiandesign.com (le viridien est un vert bleuté), Sterling explique que «les parcs involontaires sont très viridiens. Ils ne représentent pas la nature vierge mais la nature vengeresse et l’ensemble de ses procédés, qui réaffirment leur présence dans des lieux de perdition politique et technologique».

DMZ et ligne verte

23 mars 1953. Staline est mort voilà quinze jours. Sur la route du village de Panmunjeom, le général nord-coréen Nam II, le maréchal chinois Peng Dehuai et le lieutenant-général William K. Harrison des Nations unies se retrouvent pour signer l’armistice entre les deux Corées. Une zone démilitarisée de 246 kilomètres de long et 4 kilomètres de large est établie au milieu de la péninsule. Appelée communément DMZ, elle sert de zone tampon entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, et marque la frontière entre les deux pays. Aucun humain, qu’il soit coréen ou touriste, n’est habilité à y pénétrer.

Des grues du Japon, classées dans la liste des espèces en voie de disparition, tout comme des grues à cou blanc, sont aperçues volant au-dessus de la zone. Rapidement –dès les années 1950– des biologistes sont appelés pour observer les animaux se promenant le long du 38e parallèle. Ils découvrent que l’endroit abrite également des tigres de Sibérie, qui font partie des 100 espèces les plus menacées au monde selon l’UICN, ou encore des gorals à longue queue et des ours noirs.

L’histoire se répète à Chypre, sur la ligne verte scindant le territoire contrôlé par la Turquie d’une part, et la République de Chypre d’autre part. Les îles Monte Bello, au nord est du continent australien, seraient semble-t-il un autre exemple de parc involontaire suite aux essais nucléaires opérés dans la région entre 1953 et 1957.

Post-apocalypse now

Gaël Barreau, écologue et naturaliste à l’association Terre & Océan, précise: «On parlera de renaturation spontanée. Sans aller aussi loin dans les exemples que Tchernobyl ou la DMZ, on trouve dans nos villes des exemples de ces parcs involontaires, dont sont d’ailleurs friands les fans d’Urbex (les carrières, les casernes militaires abandonnées etc.). Sur la Garonne, par exemple, il y a une ancienne île de l’Inra qui est devenue méconnaissable moins de dix ans après l’abandon de l’activité agricole. L’institut de recherche, pas manchot à l’heure de faire des vergers tirés au cordeau, a laissé place à d’épaisses frondaisons de frênes et de saules, et des loutres s’y baladent tranquillement au milieu des colonies de hérons et de cormorans. […]

Une simple route dans une forêt, dès lors qu’elle ne sera plus empruntée, disparaîtra au bout de quelques années (dans l’entre deux mers le village de Citon, abandonné dans les années 1970, n’a plus de route d’accès goudronnée reconnaissable car elle a été recouverte par la végétation en taillis). Les images que l’on peut voir dans les films hollywoodiens post-apocalyptiques ne sont pas loin du compte. L’histoire prouve que la nature peut engloutir des villes entières (les cités Aztèques ou encore Angkhor par exemple), mais un simple lotissement abandonné pendant quarante ans finit par disparaître de la même manière.»

La fascination de l'homme urbain

Une question reste en suspens. Comment les animaux pressentent leur destination? Comment savent-ils où aller? Si aucune étude n’a été trouvée, il semblerait que cela dépende d’un ensemble de facteurs, différents selon les espèces, à la manière des flux migratoires. Quant à l’aspect technique, il faut lorgner du côté des corridors biologiques qui peuvent permettre l’existence des parcs involontaires.

Ce serait une erreur, toutefois, de regarder les parcs involontaires avec des yeux candides. La qualification à elle seule soulève quelques problématiques. Car involontaire pour qui, sinon pour l’homme?

L’écologue bordelais Gaël Barreau admet que «[Le phénomène des parcs involontaires] dit également la fascination de l’homme, aujourd’hui essentiellement urbain, de ce retour spontané à la nature. Mais cela fascine parce que l’on n’est pas là pour le subir. On s’émerveille de voir ces loups dans une zone contaminée, mais on s’émeut d’un sanglier dans les rues de Toulouse, parce qu’il n’y est pas à sa place. La relation de l’homme à la nature est à ce prix: elle est belle quand on ne la subit pas malgré soi, d’où notre aversion pour les espèces liminaires, celles qui ont su profiter de nos largesses à l’image des pigeons, araignées des maisons ou des rats, complètement adaptées à vivre auprès de nous mais toujours farouchement sauvages.» Un point de vue partagé par Philippe Reigné, agrégé de droit, qui écrivait en décembre 2016 une tribune à ce sujet dans le journal Libération.

Un fait naturel

De la même façon, ces zones vertes ne sont peut-être pas non plus des «paradis pour animaux» comme elles sont parfois décrites. Les mines qui peuplent la DMZ, tout comme les radiations encore contenues dans les sols de la zone de Tchernobyl, ont potentiellement des incidences sur le bien-être et la reproduction des animaux. En 2008, plusieurs chercheurs ont dénoncé les croyances entourant la faune et la flore de Tchernobyl et ce alors même qu’aucune étude ni statistique n’avaient été dûment réalisées.

Nul doute que les parcs involontaires, aussi réels qu’ils soient, nourrissent notre désir de magie. Quoi de plus merveilleux que la nature sauvage, la beauté infinie des plaines et la liberté au grand air? En réalité, comme l’explique Gaël Barreau:

«Dès que [l’homme] relâche son emprise, les êtres vivants recolonisent rapidement le milieu. Le cas de ces zones sanctuarisées obéissent à un même phénomène: des espaces d'occupation jadis humaine laissés à la nature, et donc occupée de nouveau par les êtres vivants.»

Pas de sortilège, ni d’enchantement. Rien qu’un fait naturel.

«Abandonnez la tondeuse de temps en temps, et malgré les plaintes des voisins, c’est la garantie de voir apparaître au bout de quelques années des orchidées sauvages. Et un abandon définitif sonnera l’arrivée à terme d’une forêt. Les enjeux écologiques d’aujourd’hui sont certes sur des grands ensembles à conserver, comme les forêts tropicales et autres zones de toundra, mais la reconquête par les petites surfaces contigües, en plus de demander peu d’efforts, est un facteur qui peut amener cette notion de parcs involontaires au cœur de chaque jardin.»

Alors, voilà le plus merveilleux de l’histoire des parcs involontaires: d’une certaine manière, il ne s’agit pas d’un miracle qui nous dépasserait. Nous pouvons nous-mêmes insuffler cette magie dans notre quotidien.

nature
https://www.slate.fr/story/151256/les-parcs-involontaires
Au fait, ça commence (et ça finit) où exactement le « Sud de la France » ? - 20 minutes
Sun 30 Nov - 11:09

«Tu fais quoi cet été ? » « Je vais au camping dans le Sud. » Voilà une conversation qui se comprend mais qui ne dit, finalement, rien de la destination. Autre exemple : « Tu habites où ? » « Dans le Sud. »

Pour l’essentiel, nous aurons compris par « Sud » le « sud de la France », soit un vaste espace géographique qui pourrait aller de Nice à Perpignan. Le pourtour méditerranéen, en gros. Mais d’autres acceptent une définition plus restrictive du sud de la France, à commencer par les Provençaux : « A partir de Montpellier - Nîmes c’est déjà le Sud-Ouest. Après Montélimar, on est déjà plus dans le Sud », résume Fabien, bientôt 40 ans et une vie passée entre Arles et Marseille.

« La guerre des Suds » n’aura pas lieu

Géographiquement pourtant, le Sud n’est pas autre chose qu’une « manière de s’orienter dans le monde, une valeur cardinale, l’inverse du Nord », explique à 20 Minutes la géographe Marie-Alix Molinié-Andlauer, pour qui la notion « d’espace sud en France est une acceptation sociale qui n’est pas une entité administrative reconnue ».

Ce n’est pas faute pour certains d’avoir essayé : voilà près d’une dizaine d’années que Renaud Muselier, le président de la région PACA, utilise dans ses communiqués et prise de parole le terme de « Région Sud », sans que cela n’ait d’existence administrative. Et ce alors que le terme « Sud de France » a été déposé à l’INPI depuis 2006 par la région Languedoc - puis Occitanie - pour commercialiser des produits du terroir.

Mais « la guerre des Suds » n’aura pas lieu. « D’abord parce que la notion de Sud en France connaît plusieurs acceptations, reprend la géographe Marie-Alix Molinié-Andlauer. Ça peut être ce qui est au sud de la Loire, ou bien un plus bas sur une ligne Limoges-Lyon ». Il arrive aussi que l’on cite le 45e parallèle, marquant l’équidistance entre l’équateur et le pôle Nord. Il passe par la Drôme selon une ligne Lacanau - Briançon.

Nous voilà guère plus avancés sur cette définition du « Sud de la France », d’abord affaire « d’espace vécu et de ses échelles de déplacements. Demandez à un Parisien ce qu’est le “Sud”, à un Limougeaud, à un Lyonnais : vous allez avoir des réponses relativement différentes », poursuit Marie-Alix Molinié-Andlauer.

L’influence du Mistral

Au titre « des échelles de déplacements », comment ne pas songer aux vacances et à la bien nommée « Autoroutes du sud de la France (ASF) », du nom de la société en charge d’exploiter ce réseau. Avec ces mots, Vinci mobilise tout un imaginaire : l’autoroute est une entrée vers le sud, le soleil, la mer et un style de vie. Il existe même une œuvre d’art à cet effet : sur l’aire d’autoroute de Savasse, juste au nord de Montélimar, se trouve une sculpture figurant la « Porte du soleil ».

Cette localisation, le météorologue Paul Marquis ne la trouve pas inconsidérée : « Techniquement, à partir de Valence-Montélimar, le climat change sous l’effet du Mistral, qui protège le Sud-Est des nuages et des intempéries. C’est pour ça qu’en situation classique, on peut avoir des nuages et de la pluie du côté des Lyonnais et du nord de la France, et que dès qu’on passe Montélimar, ils sont dissipés par le vent ».

Dans le Sud-Ouest, « la Tramontane peut jouer un peu le même rôle », explique le météorologue. Pour qui il « existe vraiment deux régions dans le Sud et beaucoup de climats différents : un climat méditerranéen du sud-est, un autre du sud-ouest, un climat océanique comme à Biarritz et un climat plus montagnard, alpin, dans les Hautes-Alpes ».

Langue d’Oc, langue d’Oï

Pour le linguiste et marseillologue Médéric Gasquet-Cyrus, la notion de « Sud de la France » se rapporte d’abord à une « une identité sudiste » qui défend (avec humour et chauvinisme) son près carré géographique. Et comme toute identité, elle se construit d’abord sur l’exclusion, la définition d’abord de ce qui n’est pas : « Cela fait un siècle qu’il existe des blagues sur des gens qui se revendiquent du Sud, genre les Lyonnais, que Marseille regarde en mode : “juste non”. Car indépendamment de la position géographique, le « Sud » renvoie à un imaginaire, un mode de vie : soleil, calanques, plages et pastis », résume le linguiste.

Mais il n’en a pas toujours été ainsi. « On a longtemps parlé du “Midi de la France”, et cela a été négativement connoté. Les gens du Midi étaient perçus comme feignants, violents, le sang bouillant sous l’effet du soleil. Il y a toute une littérature du XIXᵉ siècle à ce sujet. Ensuite, il y a l’apparition de la Côte d’Azur. Et ce “Côte d’Azur” permet de bien baliser, de définir, pour nous Provençaux, un côté qui n’est pas “notre Sud à nous”. Il y aurait donc le Midi à l’ouest de la Camargue, la Côte d’Azur à l’est, et entre les deux, nous, le Sud », tranche Médéric Gasquet-Cyrus. Toujours dans cette quête du Sud, il peut aussi accepter une définition linguistique basée sur la langue d’Oc et la langue d’Oï, qui ont longtemps divisé la France selon une ligne Limoges-Lyon.

La France ne fait pas exception

Où est le Nord ? Le Sud ? La distinction reste donc subjective et traverse d’autres pays : « En Italie, il y a une distinction Nord/Sud très forte. En Espagne aussi. Mais il est très compliqué de les comparer avec la France, car ce sont des pays très régionalisés », observe la géographe Marie-Alix Molinié-Andlauer.

« En Italie, le Sud est connoté très négativement. Ce sont les pouilleux (de la région des Pouilles), quasiment pas des Italiens », complète Médéric Gasquet-Cyrus. Une stigmatisation géographique et une forme de ségrégation économique qui traverse aussi Marseille, mais à l’envers : les quartiers Nord, pauvres, s’opposent aux plus aisés du sud de la ville. « Tout reste une histoire de point de vue », conclut le linguiste avec cette expression tirée du groupe « Fracas », formé à Montpellier : « Le fracas vient du sud de France, mais là-bas on dit nord de Méditerranée ». Car même tout au Sud, on reste au nord de quelqu’un d’autre.

sud
https://www.20minutes.fr/societe/4186605-20251130-fait-ca-commence-ca-finit-exactement-sud-france
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