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  Le choix de Kat pour des actualités toniques, positives, colorées, décalées, légères, pleines d'espoir, d'humour et d'amour de la vie. Clic sur le titre pour ouvrir l'article sur le média original.

Le vert, aux origines d’une couleur rebelle | Numérama
Sat 27 Nov - 13:24

Emblème du mal au Moyen Age, le vert est désormais symbole de nature et de liberté. Selon l'historien Michel Pastoureau, plus qu'un pigment, toute couleur est d'abord une idée.

vert

Historien médiéviste, Michel Pastoureau est directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études, spécialiste de la symbolique occidentale – couleurs, images, emblèmes, bestiaires. Après le bleu et le noir, il livre une fascinante histoire de la couleur verte.
Outre son histoire sociale et culturelle des couleurs, Michel Pastoureau est l'auteur d'une vingtaine de livres, parmi lesquels L'Etoffe du Diable. Une histoire des rayures et des tissus rayés (1991), L'Art héraldique au Moyen Age (2009) et Les Couleurs de nos souvenirs (2010) sont publiés au Seuil.

Propos recueillis par Juliette Cerf | Publié le 15/11/13 mis à jour le 08/12/20

Ambivalence du vert

« Le vert est une couleur très riche, ambiguë, une matière rêvée pour l'historien – et, à titre personnel, ma couleur préférée depuis l'enfance ! Ce qui n'est pas forcément partagé. Sa cote n'a cessé d'osciller d'une époque à l'autre. A la différence de celle du bleu, qui, dans les sociétés occidentales, enregistre une promotion continue ; les Grecs et les Romains n'aimaient pas le bleu, qui est maintenant la couleur préférée de 50 % de la population.

Dans le cas du vert, cela monte et descend tout le temps ; certaines époques l'adorent, d'autres le haïssent. Selon les enquêtes d'opinion, aujourd'hui, presque autant de personnes ont le vert pour couleur préférée (15 %) que pour couleur détestée, censée porter malheur. Les comédiens refusent toujours de la porter sur scène. Une vieille superstition : au Moyen Age, le vert-de-gris, pigment utilisé par les peintres, était aussi un poison…

Vert = bleu + jaune ?

Cette combinaison, apprise dès l'école maternelle, s'est révélée très tard. A longtemps persisté un tabou, venu de la Bible, sur les mélanges : on ne fusionne pas deux matières pour en faire une troisième. Il existait surtout un règlement professionnel très strict chez les teinturiers, qui n'avaient l'autorisation de fabriquer que certaines couleurs : les cuves de bleu et de jaune ne se situaient pas au même endroit dans la ville, et personne n'aurait donc eu l'idée de les mélanger.

Il faut attendre la découverte du cercle chromatique par Newton, au XVIIe siècle, pour qu'on situe le vert à mi-chemin entre bleu et jaune. C'est très récent à l'échelle de l'histoire. Le vert n'est donc en rien le mélange des symboles du bleu et du jaune, à la différence du roux, qui a longtemps associé les mauvais aspects du rouge et du jaune : colère, péché, luxure, d'un côté, mensonge, trahison, robe de Judas, de l'autre.
Satan, Hulk et les Martiens

Le vert, c'est la couleur de Satan, du diable, des ennemis de la chrétienté, des êtres étranges : fées, sorcières, lutins, génies des bois et des eaux. Les super-héros et les Martiens, grands et petits hommes verts de la science-fiction, s'inscrivent dans cet héritage culturel, où le vert joue le rôle de l'ailleurs, de l'étrangeté, du fantastique. Pourquoi ? Parce que c'est une couleur instable, rebelle, très difficile à fixer chimiquement. Avec le vert, le rapport entre chimique et symbolique se révèle passionnant.

Symbole du destin

Du point de vue philosophique et anthropologique, la chance et la malchance vont ensemble, la roue de la fortune tourne. Par excellence, le vert est la couleur de l'indécision, le visage du destin ; sa symbolique la plus forte, c'est une partie en train de se jouer : pelouses des terrains de sport, tapis des joueurs de cartes, tables de ping-pong, tapis verts des conseils d'administration où se décide l'avenir d'une entreprise. Le vert incarnait la chance, donc la fortune et l'argent, bien avant l'apparition du dollar.

De la nature à l’idéologie

Longtemps vu comme maléfique, le vert a été revalorisé par nos sociétés contemporaines, jusqu'à incarner la liberté. On lui a donné le feu vert, et même confié une mission de taille : sauver la planète ! C'est devenu une idéologie : l'écologie – après le rouge, symbole du communisme. Plusieurs étapes historiques ont inventé le vert comme couleur médicale, sanitaire, apaisante, couleur de la nature, de l'hygiène, du bio.

Avec le romantisme, d'abord, à la fin du XVIIIe siècle, la nature devient verte, exclusivement synonyme de végétation, alors qu'elle portait avant les couleurs des quatre éléments, l'eau, la terre, le feu et l'air. Au XIXe siècle, ensuite, avec les deux révolutions industrielles, on sent qu'on manque de verdure : la nature fait son entrée dans la ville. Le mouvement commence en Angleterre à l'époque victorienne : on construit des parcs et des jardins, espaces verts, allées vertes, coulées vertes, etc.

D'anglais, le phénomène devient européen, puis américain. On envoie les gens se mettre au vert à la campagne – voyez encore aujourd'hui, les classes vertes. Il y a un besoin de couleur verte pour les yeux et de chlorophylle pour les poumons. C'est devenu plus politique depuis que des partis, en France, en Allemagne et ailleurs, se sont nommés « les Verts ».

Sous le ciel de l’Islam

C'est d'abord la couleur du prophète et de ses descendants : Mahomet aimait cette couleur, portait au combat un turban et un étendard verts. On évitait de mettre du vert dans les beaux tapis pour ne pas fouler cette couleur sacrée. En terre d'Islam, le vert est très valorisé, toujours positif, jamais pris en mauvaise part ; c'est la couleur fédératrice sur le plan politique et religieux.

Des héros pas comme les autres : Néron, Tristan et Alceste

Néron adore le vert ; des témoignages vantent sa collection d'émeraudes ; il aime les modes orientales, barbares, donc s'habille de vert, ce qui est extravagant pour un empereur romain. Dans les jeux du cirque, courses de chars, il soutient les curies vertes, alors que les empereurs en général soutiennent les bleues. Ses biographes disent qu'il était un grand amateur de poireaux, la nourriture des plus pauvres…

Tristan, héros préféré du public médiéval, entretient un rapport très fort avec cette couleur : il a du vert dans ses armoiries, il se cache dans la forêt pour fuir la colère du roi Marc, se déguise en jongleur ou en fou, adore les arbres et les tilleuls.

Molière écrit Le Misanthrope à une période où le vert, en vogue chez les princes et les seigneurs au début du XVIIe siècle, est passé de mode. Alceste, avec ses rubans verts, est donc grotesque !

Un fait social, économique, littéraire…

C'est la société qui fait la couleur. Historien des sociétés occidentales, je travaille sur des terrains documentaires variés : le vocabulaire, la littérature, la poésie, les traditions orales, les croyances, l'art et spécialement la peinture, mais aussi le vêtement, qui est le grand code de la couleur de la vie en société, les étoffes, les drapeaux, les emblèmes. Je dis souvent à mes étudiants que les teinturiers ont autant à nous apprendre que les peintres.

Les problèmes économiques sont importants aussi : les prix variant beaucoup, un peintre utilisera tel pigment, meilleur marché, plutôt que tel autre. J'ai aussi pris l'habitude de rencontrer chimistes et physiciens. La distinction entre couleur primaire et couleur secondaire émerge au XVIIIe siècle et s'impose comme vérité scientifique au XIXe, alors que, pour les sciences humaines, c'est une simple convention, une étape dans l'histoire des savoirs... Le scientisme a fait beaucoup de mal à la couleur.

Et continue d'en faire : ainsi Johannes Itten, théoricien du Bauhaus, toujours enseigné dans les écoles des beaux-arts, a répété jusqu'à sa mort, en 1967 : « Les lois de la couleur sont éternelles et universelles. » Cela me met en rage ! Il n'y a évidemment rien d'universel dans les problèmes de la couleur. En Asie, par exemple, on ne se demande pas si c'est bleu, vert ou jaune, mais si c'est sec ou humide, lisse ou rugueux, tendre ou dur, transparent ou mat.

Drôle d’idée

Avant d'être pigment, matière ou lumière, la couleur est une idée, un concept. De récentes études montrent d'ailleurs qu'un non-voyant de naissance, parvenu à l'âge adulte, a la même culture des couleurs qu'un voyant. C'est vertigineux. Voir les couleurs n'est donc pas nécessaire pour les évoquer. Elles se manipulent comme des catégories abstraites. Le drapeau français est bleu, blanc, rouge : il n'y a pas de texte constitutionnel qui définit ce qu'est le bleu, le blanc ou le rouge. Ce qui compte, c'est l'idée. Entre la couleur réelle et la couleur nommée, il y a d'ailleurs parfois des écarts énormes. Le vin blanc par exemple n'a rien de blanc, sinon ce serait du lait ! »

couleur vert
https://www.telerama.fr/idees/le-vert-aux-origines-d-une-couleur-rebelle,104955.php
Les Grecs de l’Antiquité ne connaissaient pas le bleu | El Confidencial
Fri 26 Nov - 08:15

Dans certaines civilisations anciennes, la couleur bleu n’existait pas. Un paradoxe étonnant. Les explications du site espagnol El Confidencial.

Le bleu de Santorin, Grèce. Photo de Francesco Riccardo Iacomino/ Getty ImagesLe bleu de Santorin, Grèce. Photo de Francesco Riccardo Iacomino/ Getty Images

Antiquité – Grèce. Les idées ont-elles précédé le langage ou est-ce l’inverse, se demandait René Magritte. Gabriel García Márquez, dans Cent Ans de solitude, prend parti : “Le monde était si récent que la plupart des objets n’avaient pas encore de nom et pour les désigner il fallait les montrer du doigt.” Vraiment, savons-nous ce que sont les choses parce que nous avons un nom pour en parler ? Les Grecs anciens peuvent peut-être nous éclairer.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la couleur bleue, celle qui qualifie notre planète, celle qui nous enchante dans toutes ses nuances face à un horizon où ciel et mer se confondent, cette couleur n’a pas toujours existé – en tout cas dans le regard, et dans les mots. C’est d’autant plus étonnant qu’il s’agit d’une couleur primaire, celle qui est perçue, pour être précis, dans une longueur d’onde comprise entre 460 et 482 nanomètres. Mais le plus surprenant est de constater que le peuple qui a inventé la démocratie et la philosophie n’a pas été capable de percevoir une couleur qui nous semble à nous si nécessaire. Tout petits, dans leurs premiers dessins, n’est-ce pas du crayon bleu que s’emparent d’abord les enfants ? C’est qu’il faut bien représenter ce ciel qu’ils ont au-dessus de la tête.

Et les Grecs n’étaient pas la seule civilisation de l’Antiquité à l’ignorer. La première personne à se rendre compte que quelque chose ne va pas est le Premier ministre britannique à quatre reprises, William Ewart Gladstone (1809-1898), qui était passionné par les œuvres d'Homère. Il a découvert que dans "L'Iliade" ou "L'Odyssée", des couleurs comme le rouge, le blanc et le noir étaient mentionnées, mais jamais le bleu. En fait, les descriptions de tout ce qui avait trait à cette couleur étaient incroyablement inexactes : "l'aube avec ses doigts roses", le ciel de la couleur du "bronze" ou la mer, comme du "vin sombre".

Ça veut dire qu'ils n'ont pas vu le bleu ?

Oui, c'est vrai. Pour en revenir à Magritte et à ses pensées, n'ayant pas le concept ou l'idée, les Grecs et d'autres civilisations anciennes (des Chinois aux Hébreux) ne voyaient pas le bleu. Pour eux, il est très probable que le ciel était véritablement de couleur bronze ou la mer de couleur vin sombre. Cela a été démontré lors d'une expérience avec une tribu de Namibie qui n'a pas non plus de mot pour le bleu dans sa langue (bien qu'elle ait différents types de vert).

Lors d'une expérience menée avec une tribu namibienne qui n'a pas de mot pour désigner le bleu, on leur a montré onze carrés verts et un carré bleu. Ils n'ont pas réussi à trouver celui qui était différent.
Lorsqu'on leur a montré onze carrés verts et un carré bleu, ils ont été étonnamment incapables de trouver celui qui était différent. Cependant, lorsqu'ils ont remplacé le carré bleu par un autre carré d'une nuance de vert légèrement différente (pour lequel nous n'avons pas de nom et que nous avons beaucoup de mal à distinguer), ils l'ont immédiatement signalé.

Au début, il y avait la parole. Et ce mot était "noir" et ensuite "blanc", ou peut-être "sombre" et "clair", parce qu'ils représentent le jour et la nuit et sont fondamentaux. Puis vint le rouge, pour le sang, et plus tard d'autres comme le jaune, mais le bleu, la couleur fondamentale pour nous, a en fait très peu d'histoire. C'est pourquoi il est anachronique de voir des films basés sur l'Antiquité dans lesquels les personnages portent des vêtements teintés en bleu.

Les premiers mots pour décrire les couleurs étaient sûrement blanc, noir et rouge. En comparaison, le bleu a très peu d'histoire.

Il y a un "mais", bien sûr. Parmi toutes les civilisations qui sont entrées dans l'histoire et ont disparu depuis longtemps, une civilisation technologiquement avancée faisait exception : les Égyptiens. Les anciens Égyptiens avaient un pigment bleu, que l'on peut encore voir dans leurs reliques, et un mot pour le désigner. Les Sumériens l'avaient probablement aussi, si l'on en croit cette merveille de l'architecture babylonienne qu'est la porte d'Ishtar, au musée Pergamon de Berlin. L'époque est en fait moins importante que l'avancée technologique lorsqu'il s'agit de l'idée ou du concept.

Certains linguistes font remarquer que des mots comme "kajol", qui signifie "bleu" en hébreu, sont en fait une variante qui a évolué au fil des ans, et qu'ils viennent du noir, puisque la racine est la même que "kohol", le cosmétique noir utilisé pour peindre les yeux. De même, les Grecs (dont Homère) utilisaient le mot "kuanos", mais à leur époque, il ne signifiait pas bleu, mais noir ou quelque chose de sombre. Surprenant, bien sûr, dans une civilisation née en Méditerranée où la couleur qui n'existait pas est précisément celle qui est la plus présente dans sa nature caractéristique et belle. Ou, du moins, c'est ainsi que nous le voyons.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator

bleu couleur
https://www.elconfidencial.com/alma-corazon-vida/2021-10-09/motivo-antiguos-griegos-no-conocian-el-color-azul_3265990/
La meilleure façon d'aller se faire cuire un œuf (dur) | Slate.fr
Wed 24 Nov - 10:28

Commentaire de Kat : et pourquoi pas au micro-onde, hein ?

Après de (trop) nombreux tests pour tenter de découvrir la meilleure méthode, ma cuisine ne sentira plus jamais pareil...

Lorsqu'on lance aujourd'hui une recherche sur la meilleure façon de cuire un œuf dur, on doit faire le tri parmi plusieurs millions de résultats. | Lisa Williams via FlickrLorsqu'on lance aujourd'hui une recherche sur la meilleure façon de cuire un œuf dur, on doit faire le tri parmi plusieurs millions de résultats. | Lisa Williams via Flickr

Temps de lecture: 12 min

Les êtres humains mangent des œufs depuis la nuit des temps.

Selon certaines sources, la cuisson des œufs se faisait sur le feu il y a environ un million d'années, puis la technique évolua et fut ensuite remplacée par la cuisson à l'eau vers 5.000 av. J.-C., après l'invention de la poterie. Certains pensent également que les œufs cuits dans l'eau bouillante auraient fait leur apparition plus récemment, dans la Rome antique, où de riches patriciens en servaient à l'apéritif sous le nom de gustatio. (Apicius, un recueil de recettes romaines compilées entre le Ier et le Ve siècle, corrobore cette idée avec des recettes d'assaisonnements et d'accompagnements pour les œufs durs.)

Il n'y a donc rien de surprenant à ce que, lorsqu'on fait aujourd'hui une recherche Google sur la meilleure façon de cuire un œuf dur, on doive faire le tri parmi plusieurs millions de résultats.

Rien que sur la première page, certains vous conseillent de plonger vos œufs dans de l'eau frémissante et de les laisser cuire 8 minutes, tandis que d'autres recommandent de privilégier la vapeur, dans un panier à quelques centimètres au-dessus de l'eau. Certains sites vous font des promesses chimériques («toujours cuits à la perfection») et beaucoup d'autres vous emmènent directement dans des spécificités très techniques: le matériel, les cuillères à égoutter les œufs, le bain d'eau glacée...

La recommandation officielle de l'American Egg Board (instance américaine représentative des producteurs d'œufs) est de porter les œufs et l'eau à ébullition, puis de retirer la casserole du feu avant de la couvrir et de patienter entre 9 et 15 minutes, selon la taille des œufs.

Chez Food52, nous avons des recommandations diverses, allant des méthodes «cuisson dans l'eau bouillante puis hors feu, casserole couverte» et «eau bouillante 10 minutes puis bain dans l'eau glacée» à la technique «faites simple, utilisez le multicuiseur».

Ce qui nous ramène à ce vendredi, il y a quelques semaines, à 5h45, jour où je me suis retrouvée chez moi, devant huit boîtes d'œufs et toutes les cuillères à trous que j'avais. Dans le congélateur se trouvaient deux énormes sacs de glaçons. Sur le plan de travail se trouvaient un multicuiseur, l'un de ces cuiseurs sous vide à l'esthétique douteuse, tout un tas de casseroles et, sans aucun rapport avec l'article que je m'apprêtais à écrire, un délicieux cookie pour mon petit-déjeuner.

Je savais ce que j'avais à faire: passer d'interminables moments à cuire un œuf après l'autre, en fonction des méthodes les plus prisées d'internet, avec pour seul but la quête de la vérité suprême. Trouver la réponse à cette question existentielle: quel est LE meilleur moyen de faire cuire un œuf dur?

Les résultats sont loin d'avoir été tous parfaitement concluants, mais une chose est certaine: mon appartement n'a plus la même odeur depuis!

Mise en place

Dans ce monde où tant de choses échappent à mon contrôle, j'ai pris un véritable plaisir à m'imposer quelques règles simples, mais immuables, pour effectuer les essais:

Taille et marque: Dans le supermarché situé en bas de chez moi, j'ai acheté des dizaines et des dizaines d'œufs de gros calibre, d'une marque ordinaire (tous la même).

Date: J'ai utilisé des œufs qui avaient tous été pondus à peu près à la même date. Je les ai tous achetés le même jour (plusieurs semaines avant la date limite de consommation) et laissés dans le réfrigérateur une semaine.

Température: Pour chacun des essais, les œufs utilisés étaient à température ambiante. (Les œufs froids peuvent se fêler lorsqu'on les plonge dans l'eau chaude.)

Cuisson au plus simple: Suivant les essais préalables de Sarah Jampel, j'ai abandonné l'idée de mettre du bicarbonate de soude et du vinaigre dans l'eau.

Bain d'eau glacée avant d'écaler les œufs: À la fin de la cuisson, les œufs ont été immédiatement transférés dans un grand bain d'eau glacée, où je les ai laissés tremper 5 minutes entières avant des les écaler sous l'eau.

Méthode n°1: Eau bouillante

Méthode: Porter une casserole d'eau à ébullition. Utiliser de préférence une cuillère en bois à trous pour y plonger doucement l'œuf. Laisser bouillir à découvert puis déposer immédiatement l'œuf dans un bain d'eau glacée pour le faire refroidir avant de l'écaler.

Variantes: Laisser cuire dans l'eau bouillante pendant 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 ou 13 minutes.

Pourquoi la science (bon, OK, internet) la recommande: Pour que les œufs soient plus faciles à écaler, la cuisson (que ce soit à l'eau bouillante, à la vapeur ou au multicuiseur) doit débuter à chaud. En effet, si l'on en croit Serious Eats, «les blancs cuits lentement s'accrochent plus fortement à la membrane située à l'intérieur de la coquille de l'œuf».

Facilité de la méthode: Simple à effectuer. Aucune complication et pas besoin de matériel particulier. À un moment, j'ai tout de même dû jouer avec la flamme pour maintenir l'ébullition.

Facilité de l'écalage: Je n'ai rencontré presque aucun problème pour écaler. «Faire ces essais va être un jeu d'enfant», me suis-je dit, crânement... Quelques heures plus tard, le bout des doigts à vif, brûlants et glacés à la fois, je me suis remémoré ce moment et j'ai ri jaune.

Résultat final: Dans tous les œufs, les blancs et les jaunes avaient une texture agréable: les blancs n'ont jamais été caoutchouteux. L'œuf cuit 6 minutes était particulièrement crémeux, si on fait cuire à petits bouillons. Pour un autre (celui qui a cuit 8 minutes), le jaune s'est bizarrement retrouvé en bas du blanc, mais cela n'a pas eu de conséquence, hormis sur son apparence. Dans l'ensemble, ça a été la méthode la plus simple avec les meilleurs résultats en termes de rapport effort/goût.

Méthode n°2: Eau frémissante

Méthode: Porter une casserole d'eau à ébullition. Baisser la flamme jusqu'à ce que l'eau soit frémissante. Utiliser une cuillère en bois à trous pour y plonger doucement l'œuf. Laisser mijoter sans couvercle, puis transférer immédiatement l'œuf dans un bain d'eau glacée pour le faire refroidir avant de l'écaler.

Variantes: Laisser cuire dans une eau frémissante pendant 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 ou 13 minutes.

Pourquoi la science (bon, OK, internet) la recommande: Il est nécessaire de maintenir la température des œufs plus basse que celle qu'entraîneraient les gros bouillons durant toute la durée de la cuisson (et qui donnerait des blancs caoutchouteux et des jaunes friables) –Serious Eats ne jure que par une recette mêlant la cuisson à l'eau frémissante et la cuisson ordinaire, à gros bouillons, pour laquelle il faut plonger les œufs dans de l'eau bouillante puis, 30 secondes plus tard, baisser la température et laisser cuire, à couvert, dans l'eau frémissante pendant 11 minutes.

Facilité de la méthode: Plus facile à dire qu'à faire. Réussir à ce que l'eau reste frémissante (du moins sans mettre de couvercle, comme j'avais décidé de le faire pour tous mes essais) n'est pas une tâche aisée. Cela dit, cette méthode ne nécessite aucun matériel particulier.

Facilité de l'écalage: Écaler les œufs a été facile, comme pour ceux cuits dans l'eau bouillante, à la seule exception de l'œuf qui a cuit 6 minutes, car, comme il était moins cuit que celui resté 6 minutes dans l'eau bouillante, il a fallu que je sois très prudente pour ne pas enfoncer mon pouce dans le blanc très tendre.

Résultat final: Aucune différence immédiatement perceptible dans la texture ou le goût par rapport aux œufs cuits à gros bouillons, hormis pour celui, mentionné plus haut, qui a cuit 6 minutes. Tous les œufs étaient, bien entendu, légèrement moins cuits que ceux de la méthode n°1. L'œuf ayant cuit 13 minutes avait un creux de forme bizarre à sa base due à une poche d'air.

Méthode n°3: Vapeur

Méthode: Verser quelques centimètres d'eau dans une grande casserole. Placer le panier vapeur à l'intérieur, bien au-dessus du niveau de l'eau. Couvrir. Porter l'eau à ébullition sur feu vif. Retirer le couvercle, poser l'œuf dans le panier, couvrir et laisser cuire à la vapeur. Transférer immédiatement l'œuf dans un bain d'eau glacée pour le faire refroidir avant de l'écaler.

Variantes: Laisser cuire pendant 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 ou 13 minutes.

Pourquoi la science (bon, OK, internet) la recommande: La vapeur permettrait de faire cuire les œufs plus doucement, leur conférant une texture plus crémeuse. Le risque de voir la coquille se fêler est moins grand, puisque les œufs froids n'entrent jamais en contact avec l'eau chaude, et il est apparemment plus facile de les écaler puisque l'on évite un trop grand écart de températures.

Facilité de la méthode: Facile à réaliser. Nécessite un panier vapeur (ou une passoire qui tient bien dans la casserole) et un couvercle à la bonne taille, mais à la différence de la méthode qui consiste à porter l'eau à ébullition puis de faire cuire hors du feu, ce mode de cuisson n'impose pas de déplacer une lourde casserole d'eau chaude.

Facilité de l'écalage: Globalement, les œufs les plus difficiles à écaler de toute ma journée de tests. J'ai dû me battre avec de nombreux petits bouts de coquille obstinément collés aux blancs moelleux, ce qui a donné une fournée d'œufs criblés de petites déchirures.

Résultat final: En dépit du drame de l'écalage, ces œufs pourraient être considérés comme l'idéal platonicien de l'œuf dur, avec des blancs aussi onctueux qu'un gâteau et des jaunes aussi doux et soyeux qu'une robe de soirée Laura Ashley.

Méthode n°4: Porter à ébullition, éteindre le feu et laisser cuire

Méthode: Mettre les œufs et de l'eau froide dans une casserole –le niveau de l'eau doit dépasser les œufs d'au moins 2 à 3 centimètres. Porter l'eau à ébullition et enlever le couvercle. Une fois que l'eau bout, éteindre le feu, couvrir la casserole et la retirer du brûleur. Laisser les œufs dans l'eau durant le temps préconisé puis les transférer immédiatement dans un bain d'eau glacée pour les faire refroidir avant de les écaler.

Variantes: Laisser cuire pendant 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 ou 13 minutes.

Pourquoi la science (bon, OK, internet) la recommande: «Commencer la cuisson dans l'eau froide permet de faire chauffer l'œuf plus lentement et d'éviter aux blancs de devenir caoutchouteux», explique l'Exploratorium.

Facilité de la méthode: Très facile à effectuer. À peine plus embêtante que les méthodes n°1 et 2, car elle nécessite d'avoir un couvercle à la bonne taille et de déplacer une casserole potentiellement lourde en plein milieu de la cuisson.

Facilité de l'écalage: Écaler les œufs de cette série a été un vrai yoyo émotionnel. Certains n'ont posé aucun problème (mon commentaire sur l'œuf cuit 8 minutes est assez délirant: «un vrai plaisir à écaler, comme de retirer sa veste dans un parc, le premier jour de beau temps de la saison»), tandis que d'autres, en particulier celui qui a cuit 11 minutes, ont été cauchemardesques à éplucher.

Résultat final: Tous les blancs avaient une texture merveilleusement homogène. Les jaunes qui ont cuit le plus longtemps, notamment à partir de 10 minutes, étaient secs et friables. Les œufs ayant cuit 8 et 9 minutes avaient une forme bizarre, mais c'est une remarque purement esthétique.

Méthode n°5: Multicuiseur (type Instant Pot)

Méthode: Verser une tasse d'eau à température ambiante dans un multicuiseur. Poser l'œuf dans le panier vapeur. Fermer et faire cuire à haute ou basse pression pendant une durée déterminée, à un niveau de pression spécifique. Transférer immédiatement l'œuf dans un bain d'eau glacée pour le faire refroidir avant de l'écaler.

Variantes:

Basse pression pendant 4 minutes, évacuation instantanée de la vapeur
Basse pression pendant 7 minutes, évacuation instantanée de la vapeur
Haute pression pendant 8 minutes, évacuation instantanée de la vapeur
Basse pression pendant 10 minutes, évacuation instantanée de la vapeur
Basse pression pendant 5 minutes, évacuation naturelle de la vapeur durant 5 minutes
Haute pression pendant 5 minutes, évacuation naturelle de la vapeur durant 5 minutes
Basse pression pendant 12 minutes, évacuation instantanée de la vapeur
Haute pression pendant 2 minutes, évacuation naturelle de la vapeur durant 12 minutes

Pourquoi la science (bon, OK, internet) la recommande: Parce que se servir d'un multicuiseur offre l'avantage de cuire à la vapeur sans avoir à tâtonner pour le temps de cuisson.

Facilité de la méthode: En seconde position des moyens les moins simples, après la cuisson sous vide. Posséder un multicuiseur est une condition sine qua non pour choisir cette méthode. De plus, il faut un certain temps pour que le multicuiseur se mette sous pression. Ce n'est donc pas une bonne méthode si l'on est pressé.

Facilité de l'écalage: Les œufs de ce lot ont tous été un peu délicats à écaler, mais seuls quelques-uns (celui cuit à haute pression pendant 2 minutes puis 12 minutes durant l'évacuation naturelle de la vapeur et celui cuit à basse pression pendant 5 minutes puis 5 minutes durant l'évacuation naturelle de la vapeur) m'ont vraiment donné du fil à retordre. Les œufs pour lesquels j'ai utilisé la fonction «évacuation instantanée» de la vapeur ont été plus faciles à éplucher.

Résultat final: La texture des œufs ressemblait étonnamment plus à celle des œufs cuits dans l'eau bouillante qu'à ceux cuits à la vapeur. Aucun œuf ne présentait de forme bizarre, ni de jaune tombé vers le bas. Pour un résultat plus tendre, je recommanderais une cuisson à basse pression pendant 4 minutes avant une évacuation instantanée de la vapeur, alors que pour un œuf dur classique, je préconiserais la haute pression pendant 5 minutes avant d'évacuer la vapeur naturellement durant 5 minutes (ou, si l'écalage vous inquiète, essayez peut-être la basse pression pendant 8 minutes avant d'évacuer la vapeur instantanément).

Méthode n°6: Sous vide

Méthode: Utiliser un cuiseur sous vide Joule pour faire monter la température de l'eau à 90°C. Faire cuire l'œuf, puis le transférer immédiatement dans un bain d'eau glacée pour le faire refroidir avant de l'écaler.

Variantes: Laisser cuire pendant 9, 12, 16, 20 ou 24 minutes.

Note: Il existe de nombreuses sortes d'œufs cuits sous vide, notamment l'œuf poché/tendre cuit à 17°C et celui cuit à 24°C. En raison de la diminution de mon stock d'œufs, j'ai opté pour la méthode de cuisson à 90°C, recommandée par l'application Joule.

Pourquoi la science (bon, OK, internet) la recommande: Le contrôle précis de la température devrait, en théorie, permettre d'obtenir des jaunes et des blancs à la texture parfaite.

Facilité de la méthode: C'est simple si vous avez l'application qui correspond à votre cuiseur sous vide. Mais, comme avec le multicuiseur, il faut évidemment posséder l'appareil pour utiliser cette méthode, ce qui constitue un gros frein.

Facilité de l'écalage: Aucune difficulté notable.

Résultat final: Pour les œufs ayant cuit moins longtemps, les jaunes avaient une texture sensiblement plus riche que la plupart de ceux des autres séries, à l'exception des œufs vapeur. Cela dit, je ne suis pas sûre que cela valait la peine d'acheter et d'assembler le matériel et d'attendre que l'eau atteigne la bonne température.

Méthode n°7: Au four

Méthode: Humidifier un torchon et le déposer au centre d'une grille du four. Faire préchauffer son four à 160°C. Une fois le four chaud, déposer l'œuf sur le torchon de manière à ce qu'il soit coincé entre deux tiges, dans une sorte de hamac fait avec le torchon. Laisser cuire. Transférer immédiatement l'œuf dans un bain d'eau glacée pour le faire refroidir avant de l'écaler.

Variantes: Laisser cuire pendant 30 ou 35 minutes.

Pourquoi la science (bon, OK, internet) la recommande: Food52 a présenté la méthode dans un article intitulé «Comment faire cuire beaucoup d'œufs durs en même temps».

Facilité de la méthode: La mise en place semble facile, mais la cuisson est longue et douloureuse, en fin de processus (voir plus bas).

Facilité de l'écalage: J'ai failli réintituler cette partie «Débâcle de l'écalage», mais je suis une adepte de l'uniformité des titres. J'ai écalé une quantité colossale d'œufs avant d'arriver à un lot qui était suffisamment cuit pour que tous les côtés puissent être épluchés. La plupart des œufs de cette méthode présentaient de grandes parties de blanc encore glaireuses durant l'écalage (et ce même si les jaunes étaient déjà friables). Je suppose qu'en raison d'un four un peu détraqué, les fluctuations de température ont empêché les œufs de cuire uniformément.

Résultat final: La texture des œufs était inégale et désagréable. Méthode à oublier.
En résumé, si vous n'avez pas eu le courage de tout lire

De gauche à droite: eau bouillante, eau frémissante, vapeur, eau bouillante + feu éteint, multicuiseur, sous vide. | Ella QuittnerDe gauche à droite: eau bouillante, eau frémissante, vapeur, eau bouillante + feu éteint, multicuiseur, sous vide. | Ella Quittner

La méthode qui demande le moins de travail: La cuisson dans l'eau bouillante, qui donne des œufs délicieux, de qualité régulière et à l'aspect agréable.
La méthode qui donne la meilleure texture: La cuisson vapeur (facilité d'écalage i-dé-ale!).
Une méthode totalement sûre et sans surprise, et idéale si la seule chose au monde que vous ne possédez pas est un minuteur ou une montre avec l'aiguille des secondes: la cuisson au multicuiseur.
La pire méthode: La cuisson au four (mais vous vous en doutiez déjà, non?).

Un dernier conseil: il est fortement déconseillé de tenter de reproduire cette expérience chez vous (sauf, peut-être, si vous avez envie de manger de la sauce gribiche à tous les repas durant plusieurs semaines).

cuisine oeuf test
http://www.slate.fr/story/189564/cuisine-recette-meilleure-facon-faire-cuire-oeuf-dur
Regardez ce qui se passe quand Lyon reçoit un coup de pinceau - Atlas Obscura
Fri 12 Nov - 21:05

Murs des CanutsDes artistes ont transformé un mur plat et presque sans fenêtre du quartier de la Croix-Rousse à Lyon en "Le Mur des Canuts". Lorsqu'il a été dévoilé en 1987, il s'agissait de la plus grande illusion d'optique d'Europe. Chun Ju Wu/Alamy

Pendant la majeure partie du XXe siècle, Lyon, en France, était connue sous le nom de "la belle endormie". Le potentiel était là : la ville se trouve au confluent de deux fleuves et de deux collines qui se font face, l'une surmontée d'une basilique, l'autre abritant une industrie florissante de tissage de la soie. Mais la beauté de Lyon était masquée sous d'épaisses couches de brouillard et un réseau complexe de périphériques et de tunnels. La Belle au bois dormant de la France était plus réputée pour sa pollution et ses embouteillages que pour son attrait esthétique.

Mais la mauvaise réputation de la ville n'a pas su résister à une nouvelle couche de peinture.

La renaissance de la région a commencé par une peinture murale du même nom. En 1982, une nouvelle association d'artistes a peint "La Renaissance" sur le pignon d'un théâtre à Oullins, dans la banlieue de Lyon. Au milieu du XIXe siècle, Oullins abritait les plus grandes usines de locomotives du pays, mais lorsque ces usines ont commencé à fermer au milieu du XXe siècle, la ville a connu des temps difficiles et ses habitants se sont inquiétés de voir la ville perdre son âme. Ce nouveau théâtre était un banal édifice en béton gris aussi peu séduisant que la cohorte de vieilles usines du quartier. Cette peinture murale était une promesse vibrante : un train en flammes, brisé en deux, avec un nouveau-né hurlant émergeant des ruines. La banlieue d'Oullins, disaient les artistes, était en train de prendre un nouveau souffle.

Renaissance"La Renaissance" à Oullins, dans la banlieue de Lyon, a été peinte en 1982. Il s'agit de la première fresque d'un groupe d'artistes connu aujourd'hui sous le nom de CitéCréation. ©Michel Djaoui

Le collectif d'artistes connu aujourd'hui sous le nom de CitéCréation voulait que les habitants de la région soient à nouveau fiers de leur ville natale. Et comme ils pensaient que l'art devait être accessible à tous, et pas seulement à ceux qui en avaient les moyens, ils ont transformé Lyon et sa banlieue en une galerie à ciel ouvert. Quarante ans après la première fresque, il y en a maintenant plus de 150 dans la métropole, chacune reflétant l'histoire de son quartier.

La Croix-Rousse est l'ancien quartier des tisserands de Lyon. Souvent appelé "colline des ouvriers", il était le cœur vivant de la ville au début des années 1800, plein d'ateliers bruyants où les tisseurs de soie pédalaient sur leurs machines pour fabriquer des tissus. En 1986, CitéCréation a choisi ce quartier florissant pour y réaliser une nouvelle peinture murale, son premier trompe-l'œil, une technique artistique que l'on ne voit généralement que dans les galeries d'art.

Croix-RousseChacune des peintures murales en trompe-l'œil de CitéCréation contient des détails tirés du quartier qui l'entoure. Hemis/Alamy

"Le Mur des Canuts" était la plus grande illusion d'optique d'Europe à sa création. L'image en 3D transformait un mur pratiquement sans fenêtre en un miroir des rues de la Croix-Rousse, représentant un atelier de tisserand de soie, des balcons de la ville et même une succursale locale de la Banque Populaire. Les artistes ont utilisé une technique de superposition, peignant d'abord l'arrière-plan, puis le premier plan en utilisant la lumière et les ombres pour créer un effet réaliste.

Le style trompe-l'œil de l'art de la rue est rapidement devenu synonyme de Lyon, qui abrite désormais 10 illusions d'optique de la taille d'un immeuble et de nombreuses autres peintures murales qui reprennent cette technique. Dans le 1er arrondissement de Lyon, "La Fresque des Lyonnais" montre des habitants célèbres de la ville comme Antoine de Saint-Exupéry, auteur du Petit Prince, et les frères Lumière, pionniers du cinéma, sur les balcons au-dessus des "bouchons", ces restaurants traditionnels lyonnais. Dans le même arrondissement, "La Bibliothèque de la Cité" présente une vitrine remplie de livres peints d'auteurs de la région. Dans la commune de Villeurbanne, à l'est de la ville, "Le Théâtre des Charpennes" affiche une scène redorée, richement drapée de rideaux rouges, la troupe peinte jouant une scène de la vie urbaine lyonnaise du XVIIIe siècle.

Fresque des Lyonnais"La Fresque des Lyonnais", l'une des 150 peintures murales qui décorent désormais la ville, représente des habitants célèbres tels qu'Antoine de Saint-Exupéry, auteur du Petit Prince, et les frères Lumière, pionniers du cinématographe. imageBROKER/Alamy

Le processus de création d'une fresque de CitéCréation n'est pas rapide. Alors que de nombreux artistes de rue produisent une œuvre en quelques jours, voire en une nuit, l'ampleur des fresques de CitéCréation et le nombre de personnes impliquées, depuis les membres de la communauté jusqu'aux artistes, signifient que le délai moyen entre le choix d'un mur à peindre et la réalisation de l'œuvre est de deux ans - 18 mois pour obtenir les permis, travailler avec les résidents et créer une esquisse finale, et six mois pour réaliser la peinture proprement dite.

"Lorsque nous terminons une œuvre d'art, elle devient la propriété du public, et il est donc très important qu'il ait le dernier mot", explique Halim Bensaïd, directeur de CitéCréation. "Nous voulons que l'art soit leur reflet et celui de leur histoire".

Halim dit que le choix des artistes est comme le casting d'un film. À Lyon, CitéCréation dispose d'une équipe centrale de 15 personnes et d'un réseau de 80 autres artistes avec lesquels elle travaille, dont 80 % de femmes. "Nous choisissons cinq à dix artistes en fonction de leur spécialité", explique Mme Halim. "Sont-ils doués pour la peinture de visages ou pour l'architecture ? Il n'est pas possible de découper une fresque en plusieurs sections, car chaque artiste a un style distinct, ce qui donnerait une impression de décousu - une autre raison pour laquelle la peinture d'une fresque est un effort de collaboration aussi long."

peintres
Pour CitéCréation, le processus de création d'une peinture murale prend en moyenne deux ans, de la sélection d'un mur à la finition de la peinture. Cinq à dix artistes travaillent sur chaque fresque. PHILIPPE DESMAZES/AFP via Getty Images

Les efforts du groupe pour provoquer un changement social par le biais de l'art ont également progressé lentement ; le public lyonnais ne s'est pas toujours intéressé aux projets de CitéCréation.

Au tournant du millénaire, tout le monde était obsédé par la "nouveauté", explique Halim. "Les nouvelles technologies, l'art moderne. Les fresques qui montraient des scènes de l'histoire ne les intéressaient pas. Ces dix dernières années, nous avons constaté un regain d'intérêt. Les gens veulent redécouvrir leur patrimoine."

Plus récemment, lorsque CitéCréation a interrogé des responsables locaux sur l'impact des fresques sur la ville, le maire adjoint Gilles Bruna a déclaré qu'elles "renforcent la fierté des habitants et leur sentiment d'appartenance à cette ville." Gérard Collomb, qui a été maire de Lyon pendant 19 des 20 dernières années, a noté que les œuvres d'art avaient également commencé à attirer les touristes. "Les murs peints sont devenus l'une des principales attractions pour nos visiteurs", a-t-il déclaré.

CitéCréation est maintenant devenue une entreprise sociale. Au fur et à mesure que le projet s'est développé, il a porté ce travail qui a revitalisé les quartiers de Lyon aux quatre coins du monde, avec des trompe-l'œil et d'autres styles de peintures murales apparaissant aussi loin que Shanghai, Moscou et Québec. À Berlin, l'organisation a réalisé une peinture murale sur un projet de logements sociaux.

Steve RolleCitéCréation a porté son travail dans des villes du monde entier. Ici, le peintre Steve Rolle met la touche finale à une peinture murale dans les immeubles de la coopérative Wohngenossenschaft Soldaritaet à Berlin. Sean Gallup/Getty Images

"Le propriétaire avait besoin d'isoler le bâtiment", explique Halim. "L'isolation est laide, elle donne à tous les bâtiments un aspect uniforme. Nous nous sommes donc inspirés de la fresque de Michel-Ange sur le plafond de la chapelle Sixtine, et de ce que d'innombrables artistes muraux ont fait par le passé. Quand il n'y a pas assez d'argent pour utiliser un matériau plus joli, on le peint."

Les résidents de l'immeuble étaient âgés, mais autonomes. Lorsqu'ils ont été consultés, ils ont dit à Halim et à l'équipe qu'ils voulaient voir de la couleur et entendre des enfants. CitéCréation a créé "La Volière", une volée de 150 oiseaux peints de couleurs vives. Désormais, les enfants des écoles voisines viennent en excursion pour étudier l'avifaune locale, et les habitants peuvent entendre leurs rires. Le succès a été tel qu'ils ont continué à peindre des logements sociaux à Lyon, ailleurs à Berlin et dans d'autres villes.

Château d'eauL'une des plus récentes œuvres d'art de CitéCréation se trouve dans le quartier de Vaulx-en-Velin dans la banlieue de Lyon. Un ancien château d'eau est peint pour ressembler à une bobine de soie décorée des noms des anciennes usines de soie de la ville. ©Michel Djaoui

À mesure que Lyon se développe, CitéCréation continue de transformer les anciennes usines, les ateliers et les immeubles d'habitation en œuvres d'art. "Ma fresque préférée est toujours celle sur laquelle nous allons travailler", dit Halim en décrivant les projets à venir de l'organisation.

Vaulx-en-Velin est le dernier quartier de Lyon à bénéficier d'un lifting. Ce qui n'était qu'un terrain vague d'usines de soie désaffectées commence à s'animer de couleurs. Un vieux château d'eau a été repeint en rouge et blanc pour représenter une bobine de soie et décoré des noms des anciennes usines de la ville. "La Bobine de Soie est devenue le point de repère le plus emblématique d'un quartier largement monochrome, à la fois un rappel de l'époque industrielle et un phare audacieux du progrès.

Traduit par Deepl et un peu Kat

fresque Lyon
https://www.atlasobscura.com/articles/lyon-trompe-l-oeil-murals
Que faut-il pour construire le plus grand labyrinthe de pierres sèches du monde ? - Atlas Obscura
Fri 12 Nov - 19:51

Plus de 4 000 tonnes de grès et beaucoup de patience.

Au cœur des épicéas Sitka et des pins sylvestres de la forêt de Dalby, sur le versant sud du parc national des North York Moors, en Angleterre, se trouve une énorme clairière carrée. Boueuse sous les pieds, avec une poignée de véhicules et des tas de pierres éparpillés sur le périmètre, c'est incontestablement un chantier, mais les quatre murs concentriques qui prennent forme en son centre montrent clairement qu'il ne s'agit pas d'une entreprise ordinaire. Pour commencer, les structures courbes mesurent plus d'un mètre de haut et ne contiennent pas de mortier. Lorsque le projet sera achevé, plus de 4 000 tonnes de grès local seront assemblées comme un puzzle pour former le plus grand labyrinthe de murs en pierre sèche du monde.

LabyrintheLa première pierre du labyrinthe a été posée dans la forêt de Dalby en 2014. Les fabricants de labyrinthes prévoient actuellement de terminer le projet en 2024. Avec l'aimable autorisation de Sand in Your Eye

Les murs en pierre sèche ne sont pas rares dans la campagne anglaise. Ils ont été utilisés dès 2000 avant J.-C., lorsque le besoin de délimiter les terres pour l'agriculture s'est fait sentir pendant la transition entre la vie nomade et les communautés sédentaires. Les murs ont connu un nouvel essor à l'époque romano-britannique (vers 43-410) et au début du Moyen Âge (vers 476-1000) et ont été largement utilisés du 14e au 18e siècle, lorsque les lois sur les enclosures ont légalisé la propriété privée de terres auparavant détenues en commun. En 1820, la plupart des champs ouverts avaient été divisés par des limites en pierres sèches en parcelles rectangulaires plus petites, si caractéristiques du paysage actuel.

Cette technique est également répandue dans le monde entier. Cette méthode de construction sans mortier a été utilisée partout, de la cité médiévale du Grand Zimbabwe à la citadelle inca du XVe siècle, le Machu Picchu, en passant par le village néolithique de Skara Brae en Écosse et l'acropole de Mycènes en Grèce, l'un des huit pays européens où la pierre sèche a été reconnue comme faisant partie du patrimoine culturel par l'UNESCO.

MuraillerUn murailler empile soigneusement du grès pour monter des murs solides sans utiliser de mortier. Avec l'aimable autorisation de Forestry England

Le labyrinthe de Dalby Forest, cependant, vise à faire quelque chose de nouveau : transformer l'art ancien de la construction de murs en pierres sèches en une attraction moderne, en réutilisant les innovations agricoles pratiques des millénaires précédents pour divertir les visiteurs curieux du 21e siècle.

Conçu par le murailler local Mark Ellis, le design a été inspiré par le mandala, une composition géométrique qui représente le voyage spirituel dans plusieurs religions orientales. Quatre murs intérieurs circulaires, presque achevés, seront entourés de cinq murs extérieurs carrés (heureusement beaucoup plus faciles à construire).

NiveauLe concepteur du labyrinthe, Mark Ellis, mesure les murs intérieurs pour s'assurer qu'ils sont tous de la même hauteur. Avec l'aimable autorisation de Forestry England

Au sein de la création, des éléments traditionnellement incorporés dans les murs en pierre sèche pour aider les agriculteurs aideront et gêneront les visiteurs. Les passages, suffisamment grands pour permettre aux moutons mais pas au bétail de se déplacer entre les champs, feront des cachettes idéales pour les enfants ; les troncs d'abeilles, généralement utilisés pour protéger les ruches du froid, deviendront des sièges pour les visiteurs fatigués ; et les portes fantômes, une méthode de dissimulation des passages non utilisés, permettront aux murailles de changer périodiquement la disposition et de confondre les visiteurs qui reviennent.
Ceux qui parcourent le labyrinthe de 860 pieds carrés (80 ??? mètres carrés) peuvent découvrir un chêne central, un jardin secret et, espérons-le, le sentiment de réflexion tranquille que le designer Ellis veut cultiver. "J'espère que les gens viennent ici et trouvent un peu de paix", dit-il.
Les éléments "méditatifs" du projet conviennent à Ellis, qui a fui la vie trépidante de Londres pour retourner dans son Yorkshire natal il y a près de 30 ans. À l'exception d'une courte période de traite des chèvres, il n'a jamais cessé de construire des murs. Avec Mark Simpson et John Wharton, qui l'aident à construire le labyrinthe, il affirme que "nous avons dû construire des murs d'ici à Scarborough et inversement", soit une distance de près de 40 miles (64km).

raccourciDans un terrain agricole, un passage permet aux petits animaux de traverser tout en confinant les plus gros, comme le bétail. Dans le labyrinthe, ce passage sera un raccourci secret pour les enfants. Avec l'aimable autorisation de Forestry England

L'assemblage d'un mur de pierres sèches exige lenteur et précision, explique John Pridmore, vice-président de la Yorkshire Dry Stone Walling Guild, qui propose des cours très appréciés sur le métier. Ces cours enseignent des techniques telles que le creusement de tranchées de fondation, la construction de contreforts pour la solidité et la disposition minutieuse des pierres par taille et par style afin de s'assurer qu'elles se resserrent une fois posées.

Cette pratique méticuleuse a manifestement appris aux ouvriers du labyrinthe l'art de la patience. Lorsque la première pierre a été posée en 2014, ils s'attendaient à ce que le projet prenne trois ans. Cependant, la nature cyclique des financements gouvernementaux les a contraints à ne consacrer que trois mois intensifs sur douze à la construction et ils prévoient désormais de poser la dernière pierre en 2024. "J'espère juste que je serai encore là quand ce sera terminé", plaisante Ellis.

ScupteurL'artisan Charles Smith sculpte un poème sur un gros rocher. Des œuvres d'artistes régionaux seront incorporées dans le labyrinthe. Avec l'aimable autorisation de Forestry England

À ce jour, le projet a coûté plus de 400 000 dollars (environ 350 000 €) en fournitures et en main-d'œuvre, indique Petra Young, responsable du financement et du développement chez Forestry England Yorkshire, qui gère la forêt de Dalby et contribue à soutenir le développement du labyrinthe aux côtés du groupe de bénévoles de la forêt. C'est un défi financier : construit selon une procédure qui prend du temps, le monument intègre également la nature, l'art et même des éléments du folklore, puisqu'une pierre de sorcière émerge d'un mur pour se défendre contre les mauvais esprits. "Il ne rentre dans aucune case", dit Young. "C'est tellement de choses".

La participation de la communauté a donc joué un rôle important dans la collecte de fonds. S'inspirant d'une coutume séculaire de dénomination des pierres britanniques, de la pierre du roi Arthur à Long Meg et ses filles, une initiative populaire invitait les gens à parrainer une pierre, avec la possibilité de l'inscrire eux-mêmes lors d'un atelier. Ellis dit que les participants ressentaient souvent un attachement viscéral aux inscriptions, et il peut imaginer les enfants qui y ont participé amener un jour leurs propres familles pour trouver leur pierre de parrainage parmi les murs. À l'instar de l'artisanat ancien qui l'a inspiré, Ellis espère que le labyrinthe de Dalby Forest pourrait laisser un héritage durable pour les générations à venir.

Traduit avec www.DeepL... et un peu Kat

labyrinthe pierres-sèches
https://www.atlasobscura.com/articles/worlds-largest-dry-stone-maze
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